Ecologie/santé : pollution en ville, respirer équivaut à fumer

Triste constat d’une étude.

 

Séjourner quatre jours à Paris début août représentait l’équivalent de deux cigarettes fumées, selon une étude l’ONG Transport et environnement.

 

Dans les grandes villes, la pollution de l’air atteint un niveau tel qu’elle équivaut à fumer plusieurs cigarettes, rapporte une étude de l’ONG Transport et environnement, publiée vendredi 10 août et relayée par Le Parisien. Ainsi respirer l’air de Paris pendant quatre jours aurait le même impact que de fumer deux cigarettes. Il en est de même pour Amsterdam (Pays-Bas), Rome (Italie) et Vienne (Autriche), soulignent Les Echos.

Cette étude a été réalisée avec le niveau médian de particules observé du 1er au 8 août dernier, en plein épisode caniculaire. Le résultat a ensuite été converti en « équivalent cigarette ». Les chercheurs estiment que respirer 22 microgrammes/m3 de particules fines produit les mêmes effets sur les poumons que le tabagisme. Lorsqu’on extrapole ces données sur une année, un Parisien respirerait (en cas de pollution de l’air élevée) l’équivalent de 183 cigarettes.

« C’est comme si on obligeait les touristes à fumer, y compris les enfants »

Quatre jours passés à Barcelone (Espagne) ou Dublin (Irlande) représentent l’équivalent d’une cigarette fumée. Parmi les mauvais élèves figurent Londres (Royaume-Uni), où l’on « fume » 2,75 cigarettes en quatre jours ou Milan, avec trois cigarettes pour la même durée de séjour. Pire, à Istanbul (Turquie) et Prague (République Tchèque), un séjour de quatre jours y représente quatre cigarettes fumées.

L’ONG Transport et Environnement rappelle qu’en cas de pic de pollution, il est recommandé d’éviter les activités en extérieur. Toutefois, « passer ses vacances dans une ville consiste essentiellement à marcher et à déjeuner en terrasse. Au regard des impacts de la pollution de l’air sur la santé, c’est comme si on obligeait les touristes à fumer, y compris les enfants », souligne auprès du Parisien Jens Muller, coordinateur des dossiers qualité de l’air au sein de Transport et environnement.

Décryptage : PokémonGo. « Le jeu rend visible des comportements, des pratiques »

Avant de rire en voyant des joueurs de Pokémongo à l’oeuvre, lisez cette analyse….lesjeu n’a pas tout bon mais présente surtout au contraire des point positifs incontestables.

Olivier Mauco, concepteur de jeux vidéos et professeur à Sciences Po, décrypte l’arrivée du phénomène PokémonGo sur les smartphones, et ce qu’il en dit de la société.

Propos recueillis par Paul LORGERIE.

Comment analysez-vous ce phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur ?

Google se trouve derrière cette application. Cela aide énormément en terme de visibilité. La marque Pokémon fait également partie de la culture populaire et est pratiquée par toute une génération depuis vingt ans maintenant. Il y a également l’aspect découverte des fonctionnalités du smartphone.

Tout le monde en a un, mais personne n’utilise vraiment la réalité augmentée, qui est assez drôle. C’est un jeu qui regroupe une multiplicité de critères. La partie exploration, collection, découverte, rencontre. Cela répond au moins à trois des quatre piliers du jeu vidéo.

Et d’un point de vue sociologique ?

Ce qui est intéressant c’est la partie réexploration de la mobilité. Notamment, la réappropriation de l’espace urbain. Une fois sorti des grandes villes, il n’y a plus grand-chose à exploiter pour le jeu.

Ensuite, pour ceux qui ont un déplacement fonctionnel, qui utilisent les transports par exemple, ça permet aussi de passer le temps. Il y a une manière de donner un petit sens à ses déplacements.

Pensez-vous qu’il puisse y avoir un renouvellement dans la façon de percevoir la ville ?

Absolument pas. Dans la mesure où les infrastructures sont présentes. Le jeu rend visible des comportements, des pratiques. Les gens se déplacent beaucoup, reviennent à la marche.

La chose intéressante est que les gens se rencontrent grâce au jeu, ils échangent. Car malgré tout, lorsque l’on joue, on a un intérêt commun. Cela donne du sens, aussi futile qu’il soit, au déplacement, à la rencontre.

C’est un nouveau moyen de rencontre ?

Ce qui est chouette, c’est que c’est un moyen de discussion. Comme le beau temps, la pluie. Les gens essaient pour voir et échangent car il y a un sentiment d’appartenance. C’est toujours la grosse question du vivre ensemble. Cela montre qu’il y a une appétence derrière. Comme dans les fêtes, où les gens ont envie d’être ensemble.

Ce sont généralement des moments extraordinaires qui font ça, comme la Coupe du monde. Mais dans le quotidien c’est plus compliqué. On a moins l’habitude de parler à son voisin de tram de bus…

 Est-ce une bonne chose ?

Bien sûr. C’est mieux que le vide, dirons-nous. Mais le fait est qu’un succès comme celui-ci pointe qu’il y a une carence ailleurs. Du politique, de la capacité à rassembler, par exemple.

Ce phénomène de masse pointe donc une déficience politique ?

Oui, et nous sommes aussi dans une période lourde et complexe. Les gens ont besoin de se rassembler. Les jeux vidéos ont généralement le mauvais rôle. Ils font passer le temps au sens classique du terme. Mais on reste des animaux sociaux malgré tout.

Le djihadisme, PokémonGo, deux sujets d’actualité bien distincts qui font pourtant la Une des journaux.

C’est une représentation des extrêmes de la société contemporaine. La violence d’un côté, le divertissement de l’autre. C’est ce qui est fascinant.

Avec PokémonGo, les gens retournent dans un espace qui leur avait été interdit par la peur. Comme on l’a vu après le 13 novembre. Je ne peux pas trop en parler avec les autres pays. Mais il y a définitivement une volonté de sortir de ces antagonismes rampants.

Comment percevez-vous cette récupération du jeu par la politique, l’humanitaire ?

Cela montre les fractures de public et de réalité du monde. On a des ados et adultes qui chassent le Pokémon d’un côté et de l’autre des gamins qui souffrent. Les mettre en face à face, ça interpelle.

Après, concernant la classe politique française… C’est logique. C’est un phénomène global, mondialement médiatisé. Dans le milieu dont on parle, il faut se greffer à l’actualité. Suffisamment pour faire parler de vous et faire un retour sur la réalité. Mais ils sont toujours un peu déconnectés et ne comprennent de toute façon pas le phénomène numérique.

Mais, dans un sens, la ministre de la famille, Laurence Rossignol, lorsqu’elle moquait les joueurs, avait raison. En disant ironiquement « c’est chouette que les gens se rassemblent ». Oui, les gens se rassemblent, et malheureusement, ce n’est pas pour ce que vous faites.

Pensez-vous qu’il y aura un impact sur la société et le quotidien ?

Je pense que cela restera dans la sphère économico-digitale. On est sur un terrain de jeu global, Google Earth remaniée. Mais le jeu donne un regard différent sur la réalité. Et fondamentalement PokémonGo, c’est cool, mais ça ne sert à rien. Ce n’est pas un outil de mobilisation, même si les technologies pourraient le permettre. Il n’y aura pas d‘impact profond parce que les joueurs de Pokémon existaient déjà, et ils continuent à faire leur petite vie.

Pensez-vous qu’il pourrait y avoir un entrecroisement du numérique et de la réalité ?

Il n’y a pas d’opposition entre numérique et vie réelle. On le voit dans le monde du travail, dans la régulation des transports, partout. L’insertion est là. Après, on aborde plus la capacité de l’individu à interagir avec son environnement. Il y a ce fantasme global de l’individu capable de tout réguler.

Sauf que dans la vraie vie, il y a plusieurs rapports de forces et plateformes. Cela redessine les cartes de pouvoir par contre et pas seulement pour les citoyens.

Dans quel sens ?

Les géants du net sont des entreprises privées dont le seul but est de faire de l’argent. Ils ont une réelle puissance de collecte de données et d’analyse des comportements cognitifs. Cela introduit des pratiques et manières de faire qui ne sont pas forcément en adéquation avec les découpages territoriaux et politiques.

On le voit sur les questions de fiscalité d’un Google ou d’Amazon. Ou sur les questions du droit à l’image, sur la socialisation via Facebook. On fait le grand dam des jeunes qui se font embrigader en trois semaines sur ce réseau social par les djihadistes. La question n’est pas là, derrière il y a des sujets plus profonds avec des mises en relation différentes par rapport à avant.

PokémonGo contribuerait alors à cette analyse des comportements ?

Oui, ça traque tout. Je pense que c’est très bien pour ces entreprises. Pour voir les déplacements, cartographier le territoire. Il ne faut pas oublier que le mec qui a fait PokémonGo est celui qui a créé Google Earth. C’est pour cela que c’est puissant. C’est un jeu qui a mis dix, voire vingt ans à se faire.

Un constat paradoxal, donc. Un bienfait social d’un côté, et l’augmentation de la surveillance des personnes par des entreprises privées de l’autre.

Oui, cela permet de notamment faire du placement de produit. Et peut-être qu’un jour les gens feront du placement politique. C’est pour cela que les pouvoirs publics réagissent de manière épidermique. Inconsciemment, ils se font doubler. Ils n’ont plus le monopole du déplacement des gens, du vivre ensemble. Et ça, ça les rend dingue.

Jouez-vous à PokémonGo ?

J’ai commencé à jouer avant que l’application ne soit disponible. Étant chef de produit d’une boîte de jeu vidéo, The Good Drive, fatalement, tous mes collègues sont dessus. Il y a un côté assez fascinant. Le rythme est bon, il y a énormément de choses à faire, surtout dans les grandes villes et le jeu est assez bien dosé pour que l’on ne s’ennuie pas. Et le gameplay et intuitif. Marcher, appuyer sur un bouton pour lancer une pokéball, tout le monde peut le faire ! Après, cela reste un jeu de collection. La partie de combat est ratée et je pense que la prochaine étape à développer est que les joueurs puissent faire des combats entre eux.

Santé : marcher dans la nature fait fuir les idées parasites

Selon une étude menée par des chercheurs de l’Université de Stanford, le contact avec la nature aurait tendance à favoriser notre bien-être, contrairement aux environnements fabriqués par l’humain.

 

 

marche
Faire « brouter ses pieds » un bien être immense

Selon une étude publiée par l’Université de Stanford, le contact avec la nature serait à même d’influer positivement sur notre cerveau (en modifiant le flux sanguin dans le cortex pré-frontal), et notamment comme prévention contre la dépression. Comment expliquez un tel phénomène ?

 

Hervé Platel : La région du gyrus cingulaire antérieur est la partie du cerveau ciblée dans l’étude.
Elle montre une suractivité chez les personnes qui ont tendance à la « rumination mentale », terme qui désigne l’état des personnes qui n’arrêtent pas de penser, qui ont du mal à lâcher prise, à se déconnecter. C’est pour cela qu’aller dans un parc, un espace vert, peut-être un moment de calme. Un moment de repos pour notre pensée, notre psychisme et bien sûr notre cerveau.

Parmi les contextes qui a priori moduleraient la dépression et les états anxieux, on sait par exemple qu’il y a l’activité physique. Des études montrent que la marche à pied est source de régulation positive. Les gens qui vont faire de la marche à pied, qu’elle soit effectuée en ville ou dans la nature, vont bénéficier d’une neuro-régulation, et avoir tendance à être moins stressés et moins dépressifs.

En effet, l’activité physique peut entraîner une réduction de l’activité cérébrale dans certaines régions du cerveau. Mais cela ne signifie pas que l’état de rumination mentale soit lié à une activité cérébrale trop intense. Ce n’est pas aussi simple car dans le cerveau, il y a des effets d’équilibrage.

Il y a des endroits dans le cerveau qui peuvent montrer une suractivité qui est corrélée avec des comportements négatifs. Mais à l’inverse, on va avoir des régions du cerveau qui montrent une sous-activité, voire une activité anormalement basse, et qui est là aussi corrélée avec une manière de pensée qui est négative.

cascade mousse

Comment le fait de marcher dans la nature modifie le cerveau: de tels effets sont-ils durables ? Une exposition prolongée est-elle nécessaire pour produire des effets observables ?

On peut penser que c’est la préservation de l’activité, le fait de la faire perdurer, l’entrainement, qui est quand même le plus efficace. C’est-à-dire que lorsqu’on arrête les balades, les exercices physiques, la méditation, on peut avoir une résurgence des pensées négatives. Il y a donc un entretien à produire.

C’est comme lorsqu’on veut entretenir son corps pour être en forme. Il est bien évident que pour notre état mental, le cerveau, c’est la même chose. Si on ne continue pas à entretenir cet état, à travailler dessus, potentiellement les effets ne vont pas durer.

C’est une question de régulation. On casse le mécanisme de rumination en mettant le cerveau dans un mode de fonctionnement qui va en limiter l’effet négatif. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas penser à ses soucis, seulement, il faut un moment donné pouvoir casser cette boucle d’anxiété qui peut nous amener à ne penser qu’au négatif.

Inversement, de quelle manière la vie citadine produit-elle un stress sur notre cerveau?

De nombreuses manières. Le fait d’être dans un environnement où l’on est très sollicité, notamment perceptivement, le fait qu’il y ait du bruit autour de soi. Il ne faut pas caricaturer la vie citadine mais il est certain que dans les villes, on va avoir un mode de vie, un rythme, qui nous oblige à tout réaliser de manière peut-être plus précipitée. On prend moins le temps.

Evidemment la vie citadine est sensoriellement très agressive donc très stimulante. L’absence de moment de calme a tendance à augmenter le niveau de stress. On est toujours pris par quelque chose qui peut monopoliser notre pensée. C’est un environnement dans lequel il est peut-être moins facile d’arriver à se poser, se vider la tête et être dans la perception des sensations de manière calme.

D’autres environnements sont-ils susceptibles d’influer positivement sur notre cerveau ?

Tous ceux qui permettent de focaliser sa pensée sur autre chose et empêcher les pensées d’être dans un cercle de rumination.

Pour prendre l’exemple des vacances, c’est un moment qui permet de se déconnecter des contingences matérielles du quotidien. Cela permet d’avoir d’autres types de pensées et d’être plus réceptif à notre environnement sensoriel, mais de manière plus contemplative. On est plus dans le moment présent et moins à ruminer des pensées.

Un moment donné, avoir une pensée vagabonde qui n’est jamais posée dans les sensations corporelles favorise l’obsession, la frustration ou l’angoisse. On sait très bien que l’on peut avoir le même résultat avec la pratique d’une activité physique, l’écoute de la musique relaxante ou encore la méditation.

Bien évidemment, ces recommandations peuvent paraître simplistes et tomber sous le coup du bon sens, mais s’il était si facile par soi-même d’arriver à décrocher de nos tracas quotidiens, certainement que la France ne serait pas un des pays européens où l’on consomme le plus d’antidépresseurs ! Ainsi, il est parfois utile de se faire aider transitoirement afin de trouver la bonne technique et accéder de nouveau à un bon équilibre mental et cérébral.

Source : Atlantico.fr

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