Femme hors du commun :portrait d’hildegarde de Bingen féministe avant l’heure

 

Hildegarde est la dixième enfant d’une grande famille. Née le 16 septembre 1098 à Bermersheim vor der Höhe près d’Alzey.

Ses parents très croyants la consacrèrent au Seigneur dès son plus jeune âge, en application de la règle de l’Ancien Testament : tu donneras à l’Eternel un dixième de tout ce qui t’appartiens. C’est donc dès l’âge de 8 ans que la petite Hildegarde entra au couvent des Bénédictines de Disi Bodenberg, d’abord pour son instruction puis pour y prendre le voile dès l’âge de quatorze ans sous la tutelle de la Mère supérieure Jutta De Sponheim.

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Ses visions

Hildegarde de BINGEN y prononça ses voeux définitifs et à la mort Jutta De Sponheim elle devint la Mère supérieure du couvent à l’âge de 38 ans. C’est à l’âge de 43 ans que commencèrent  » ses visions  » qu’elle décrivit dans un grand livre qui comporte l’intégralité de son oeuvre qui reste soigneusement conservé dans la bibliothèque régionale de Hesse à Wiesbaden. Cette oeuvre exceptionnelle écrite sur des parchemins de 50 cm de hauteur est scellé par des ferrures d’acier et pèse plus de 50 kg.

Hildegarde de BINGEN recevait des visions prophétiques ainsi que des visions concernant les grands personnages de son temps. Elle diffusa  » ces messages de l’au-delà non seulement dans son entourage mais les expédia à Bernard de Clairvaux pour lui demander son avis. Bernard lui répondit que ses visions étaient une grâce du ciel, donc une manifestation de l’Esprit Saint et qu’il fallait continuer à les publier.

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Son féminisme

Hildegarde de BINGEN soutenait en particulier que l’esprit de la femme est en tous points comparable et égal à celui de l’homme. Ces déclarations lui avaient attiré les bonnes grâces du peuple, mais n’avaient pas manqué de choquer des hauts membres du clergé de Mayence et même la noblesse masculine allemande de l’époque.

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Soutien du Pape

Le 13 janvier 1148 lors du grand synode allemand de Trèves, (Trier) présidé par le pape Eugène III en personne, on demanda au Saint Père ce qu’il pensait des visions de la mère supérieure Hildegarde…Or devant toute l’assemblée réunie le pape prit entre ses mains un extrait des écrits d’Hildegarde, le lut à haute voix et souhaita une continuité des oeuvres littéraires de l’abbesse. Quelques mois plus tard Hildegarde de BINGEN reçut une lettre du pape qui lui écrivait notamment :

Dieu nous accorde des grâces qui sont notre joie et notre bonheur, mais à quoi serviraient-elles si ne nous savons pas nous en servir ? Ecrivez donc ce que l’Esprit de Dieu vous inspire.
Sa réputation dépassa désormais les frontières de l’Europe.

hildegarde statue

Hildegarde de BINGEN rêvait de fonder sa propre abbaye, mais la popularité du couvent féminin était plus haute que celle du couvent voisin masculin, car les soeurs obtenaient plus de dons que le couvent auquel elles étaient dépendantes. Un jour, elle se hasarda à demander à son Père supérieur l’autorisation de quitter le couvent de son enfance avec une trentaine de ses soeurs pour fonder un nouveau monastère féminin dans la même région Le Père abbé ayant refusé, elle tomba gravement malade, alors ce Père supérieur révisa sa décision, Hildegarde de BINGEN guérit et put fonder sa nouvelle abbaye.: à Ruperstberg (1147) et même une deuxième à Elbingen (1165).

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Compositrice reconnue

Des années passèrent et Hildegarde composa plus de 77 symphonies répertoriées qu’interprètent encore de nombreuses bénédictines aujourd’hui. en femme accomplie Hildegarde était également Maître dans la médecine psychosomatique et l’art de guérir par les plantes, elle soignait à la fois les corps et les âmes en initiant ses nonnes à la gravure, à l’écriture, à la reliure, aux chants et à la science domaine généralement réservé aux hommes !.

 

Scientifique

Trois siècles avant Léonard de Vinci, Hildegarde de BINGEN avait déjà dessiné une de ses visions : l’homme aux six mains au coeur du Cosmos. Elle affirmait que toutes les créatures de Dieu sont parties intégrantes du Cosmos et que tout péché fait du mal non seulement à Dieu  mais également à tout le Cosmos.

Hildegarde de BINGEN approchait les 79 ans, lorsqu’en 1177 un conflit l’opposa à l’archevêché de Mayence au sujet d’un noble excommunié mais qui avant de mourir aurait fait pénitence et se serait confessé en demandant le pardon de ses péchés. Les soeurs enterrèrent le repenti dans un coin secret de leur propriété, mais conformément aux règles frappant tous les excommuniés, le haut clergé s’éleva en exigeant son déterrement . Hildegarde refusa et le couvent tout entier fut frappé d’excommunication et d’Interdit religieux. Donc : plus de sacrements, ni de pèlerins, avec interdiction même d’interpréter des chants liturgiques… Heureusement au bout d’un an de privations,
Hildegarde de BINGEN obtint de l’archevêque de Mayence Christian-I von Buch (1165 à 1183) la levée de l’Interdit.

La vieille Abbesse Hildegarde de BINGEN pouvait désormais s’endormir dans la paix du Seigneur, même si de nombreux dictionnaires la déclare avec le préfixe sainte, compte tenu des très nombreux miracles qu’elle a prodigué depuis des siècles, elle ne sera jamais canonisée par Rome mais restera comme une véritable sainte dans l’esprit du peuple reconnaissant.

 

source : http://membres.lycos.fr/historel/moyenage/12e/hildegarde.html

hildegarde vitrail

 

 
Hildegarde de BINGEN : sa Bibliographie

– Les causes et les remèdes (1 novembre 1998)
– La Symphonie des harmonies célestes, suivi de « L’Ordre des vertus » (édition bilingue) (26 novembre 2003)
– Les Pierres qui guérissent selon Hildegarde de Bingen : Manuel de lapidothérapie, nouvelles découvertes sur d’anciennes sagesses (27 mai 1998)
– Le livre des subtilités des créatures divines XIIe siècle, tome 2. Arbres, poissons, animaux, oiseaux (1 juillet 1993)
– Le Livre des œuvres divines : Visions (1 septembre 1989)
– Scivias : Sache les voies ou Livre des visions (3 juin 1996)
– Le livre des subtilités des créatures divines XIIe siècle, tome 1. Plantes, pierres, metaux, éléments (1 juillet 1993)

 

Manifeste pour les femmes et la sciences : signez le

Car les femmes de sciences ont le pouvoir de changer le monde

Crise Energétique, maladies et épidémies, Réchauffement climatique…..

Le MONDE a besoin de la SCIENCE

La SCIENCE a besoin des FEMMES

Aujourd’hui seulement 30 % des chercheurs sont des femmes

IL EN FAUT PLUS

Parce que les femmes de sciences ont le pouvoir de changer le monde

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manifeste pour la place des femmes dans la Science

Santé. Des gènes humains transformés par CRISPR pour résister au sida

Un an après une première mondiale, réalisée en Chine en 2015, des scientifiques chinois ont à nouveau génétiquement modifié des embryons humains. Malgré la controverse et les inquiétudes d’ordre éthique suscitées par la première étude, l’équipe de chercheurs mettent en avant les bénéfices que peut apporter la technique CRISPR.

Crispr – prononcez « crispeur » –, acronyme anglais pour Clustered regularly interspaced short palindromic repeats (« Courtes répétitions palindromiques groupées et régulièrement espacées », si tant est que ce soit plus clair en français), ce n’est vraiment pas terrible. Mais les scientifiques ne sont pas des romanciers, il est vrai.

Un groupe de scientifiques d’une Université de Canton a annoncé avoir réussi à introduire une modification dans des gènes d’embryons (on parle de mutation). Quatre embryons sur 26 testés ont été modifiés avec succès. Leurs cellules sont devenues plus résistantes au Virus de l’immunodéficience humaine (VIH), responsable du Sida.

VIH et SIDA sont responsables de moins en moins de morts dans la monde chaque année mais restent un problème de santé publique majeur.
VIH et SIDA sont responsables de moins en moins de morts dans la monde chaque année mais restent un problème de santé publique majeur. | VISACTU

« Un peu comme un traitement de texte » La technique utilisée s’appelle CRISPR-Cas9. Depuis 2012, elle permet de corriger les ADN défectueuses.

Emmanuelle Charpentier est l’une des biologistes auteurs de cette technique. Elle en vulgarise le fonctionnement : CRISPR est « un peu comme un logiciel de traitement de texte peut permettre d’éditer ou de corriger la typographie d’un document ». 

Des inquiétudes éthiquesEn février, le Royaume-Uni autorisait pour la première fois les chercheurs britanniques à utiliser cette technique, mais seulement pour la recherche. D’une manière générale, le pays interdit les manipulations génétiquement à des fins thérapeutiques depuis 2009.

L’utilisation de CRISPR par des équipes chinoises sur des embryons humains, avant même que soit établît un consensus éthique international sur ce procédé, suscite aujourd’hui la controverse.

Le site genethique.org relève deux niveaux de problèmes éthiques posés par l’utilisation de la technique du « copier/coller génétique » chez l’humain. En résumé, une partie des modifications génétiques comme celles-ci sont transmissibles d’une génération à l’autre : si une erreur est commise sur un embryon, elle risque de perdurer. Le deuxième point touche « la modification elle-même : va-t-on chercher seulement à corriger pour redonner une fonction normale, ou va-t-on chercher à augmenter certaines capacités ? »

De multiples usagesMais cette technique d’édition du génome serait une « révolution » dans la recherche car ses usages sont très variés.  Han Bin, le directeur du Centre chinois pour la recherche génétique, estime que les bénéfices thérapeutiques potentiels de la technique pour lutter contre les maladies liées à l’hérédité, dont le cancer, « doivent l’emporter sur les scrupules ».

Emmanuelle Charpentier abonde : les enjeux de l’utilisation de cette technique « sont énormes car c’est une technologie révolutionnaire qui a beaucoup de développements possibles ». En janvier, CRISPR avait par exemple permis de dynamiser la recherche sur la myopathie et d’espérer la découverte de nouveaux traitements.

Nature : « Tara » le voilier écolo prend le cap du Pacifique sur la trace des coraux

Après être partie à la pêche au plancton entre 2009 et 2013, la célèbre goélette reprend le chemin des océans. Le 28 mai, le voilier Tara quittera son port d’attache de Lorient pour une nouvelle expédition en Asie Pacifique. Durant deux ans, la goélette, avec à son bord 70 scientifiques, devrait parcourir près de 100 000 km, visiter 30 pays,  analyser 40 archipels et recueillir plus de 40 000 échantillons. Le but,  comprendre l’une des plus grandes  biodiversités marines : le corail, menacé par les changements climatiques, l’acidification des océans et la présence humaine.

image: http://s1.lemde.fr/image/2016/04/15/534×0/4902855_3_6e3c_la-goelette-de-tara-sillonnera-l-ocean_ab8af138f20065235222a31b06ef53dd.jpgLa goélette de "Tara" sillonnera l’océan Pacifique sur près de 100 000 km pendant plus de deux ans.

Avec leurs couleurs éclatantes et leurs formes étranges, les coraux sont de véritables trésors sous-marins. S’ils ne couvrent que moins de 0,2 % de la superficie des océans, ils abritent près de 30 % de la biodiversité marine. « Grâce à eux, on peut comprendre l’évolution du vivant, ce sont des marqueurs de santé. Ils protègent les pays insulaires des tempêtes et sont aussi une source importante de tourisme », rappelle Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions, une organisation à but non lucratif.

20 % des récifs déjà détruits

Régulièrement confrontés à des menaces naturelles, comme la « maladie de la bande blanche », les coraux disparaissent depuis plusieurs années. Mais l’empreinte humaine y est aussi pour quelque chose. « On sait que le réchauffement climatique contribue au blanchissement les coraux. Mais l’urbanisation est aussi une menace importance, avec la surpêche ainsi que la pollution », détaille Romain Troublé. Vingt pour cent des récifs sont déjà détruits, 15 % sont très endommagés et risquent de disparaître d’ici à dix ans et 20 % supplémentaires d’ici à quarante ans. Leur santé et celle des millions de bactéries qui les entourent est pourtant cruciale. Comme la forêt tropicale, les récifs alimentent de nombreux autres animaux : poissons, éponges, serpents marins.

Pendant deux ans, avec seize personnes à son bord, Tara Pacific va donc sillonner les océans à la recherche de coraux à étudier. Du canal de Panama à l’archipel du Japon (2016-2017), puis de la Nouvelle-Zélande jusqu’en Chine (2017-2018), la goélette croisera 11 fuseaux horaires à travers l’océan le plus vaste de la planète, joignant notamment les terres insulaires et les récifs les plus isolés de la planète. « C’est la première fois que l’on aura une vision aussi globale des récifs, puisque nous allons aller chercher ceux les plus éloignés et encore inconnus », explique Serge Planes, chercheur CNRS et directeur scientifique de l’expédition.

Quelle résilience pour les coraux

Un des objectifs majeurs de l’expédition est de comprendre l’adaptation, « la résilience », des coraux face au stress climatique ou humain. « Nous allons en extraire des morceaux grâce à des sondes, des techniques de carottage, et analyser dans le détail cet écosystème », précise Romain Troublé. Car le corail n’est pas simple à appréhender : plusieurs milliers d’espèces existent, parfois âgées de 4 000 ans.

L’idée de l’étude de cet écosystème est venue lors de la précédente expédition, Tara Oceans. « Pendant quatre ans, nous avons travaillé sur le plancton, nous avons trouvé différents récifs de coraux entre 2009 et 2012, et ils se portaient plutôt bien. Tara Pacific est née de ce projet, car nous voulions voir comment allaient les autres barrières de coraux », raconte Romain Troublé. Tara Pacific est la 11e expédition scientifique menée par l’organisation.

  • Aurélie Sipos
    Journaliste au Monde

Lire plus sur le corail :

 

Première mondiale : Des coraux de laboratoire se sont reproduits à l’état sauvage – Lab-bred corals reproduce in the wild, a first

 

Science : Origine de la vie : un chaînon manquant détecté dans une comète recréée

Des équipes du CNRS ont synthétisé du ribose, un composant essentiel de l’ARN et donc de la vie, en recréant artificiellement une comète.

C’était l’un des chaînons manquants de l’apparition de la vie sur Terre. Un composé organique, le ribose, a été synthétisé par une équipe de chercheurs du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Si cette découverte est si importante, c’est à la fois parce que ce « sucre » est apparu alors que les scientifiques tentaient de reproduire la formation d’une comète, et parce qu’il est l’un des composés de base de la vie.

L’équipe du CNRS, qui publie ses résultats dans la revue Science, a recréé les conditions environnementales d’une nébuleuse, là où ces objets célestes naissent. Un mélange d’eau, de méthanol et d’ammoniac sous vide et à -200 °C a donné forme autour de poussières à des sortes de comètes artificielles, qui ont été exposées à des rayonnements ultraviolets.

Après les avoir ramenées à température ambiante, comme si les comètes se rapprochaient du soleil et atteignaient la Terre, leur composition a été analysée. Plusieurs molécules organiques avaient ainsi été synthétisées, dont le ribose.

L’une des bases de la vie

Comment une simple molécule peut-elle être aussi importante ? Le ribose, c’est le R dans l’ARN, l’acide ribonucléique. Cette molécule biologique, présente chez presque tous les êtres vivants, est l’une des bases du matériel génétique. Elle pourrait être, pour autant que l’on sache aujourd’hui, la ou l’une des premières molécules caractéristiques de la vie sur Terre.

 

Jusqu’à présent, aucun indice n’avait laissé penser que le ribose pouvait provenir des comètes. Des acides aminés y avaient déjà été retrouvés, mais quelques chaînons manquaient pour pouvoir confirmer la théorie selon laquelle les éléments essentiels à l’apparition de la vie pouvaient en provenir. Cette découverte pourrait bien venir apporter l’un d’entre eux.

Et maintenant ?

Quelques éléments viennent néanmoins tempérer les chercheurs qui ne crient pas encore victoire. Rien ne prouve encore que les riboses recueillis sont compatibles avec celui de l’ARN. Et même si c’était le cas, encore faut-il trouver la manière dont le ribose s’assemble avec les autres composés de l’ARN.

Cela dit, ces nouvelles informations ouvrent des portes lorsqu’on considère la quantité potentiellement énorme de résidus de comètes et d’autres minéraux présents sur Terre dans une « soupe » originelle. Dans les conditions de température régnant à la surface de notre planète, des réactions chimiques particulières auraient pu avoir lieu, menant vers des formes très primitives de vie.

Sciences : superbe La Nasa dévoile des millions d’images enrichies de la terre qui révèlent bien des bouleversements

Éruptions volcaniques, feux de forêt, sécheresse nord-coréenne… c’est ce type de bouleversements que révèlent les 2,95 millions d’images satellites dévoilées par la NASA. Poursuivre la lecture de « Sciences : superbe La Nasa dévoile des millions d’images enrichies de la terre qui révèlent bien des bouleversements »

Emmanuelle Charpentier : une chercheuse française sur le chemin du Nobel

Leur histoire fera date dans le monde des sciences. La Française, Emmanuelle Charpentier, et l’Américaine Jennifer Doudna sont en train d’imprimer leur marque dans des centaines de laboratoires du monde entier. Leur découverte, publiée il y a moins de 4 ans, a déjà révolutionné la génétique. Pour la mise au point de la méthode Crispr-Cas9, elles ont déjà reçu plus d’une trentaine de prix. Ce jeudi, c’est la fondation L’Oréal-Unesco « Pour les femmes et la science » qui les honorera, l’occasion pour les médias de revenir sur cette technique de manipulation génétique au nom imprononçable, qui nourrit à la fois de nombreux espoirs thérapeutiques, mais tout autant de craintes éthiques.

 

C’est une découverte majeure pour les scientifiques mais qui est arrivée, si ce n’est par hasard, au détour de recherches qui n’étaient pas centrées sur l’édition de gènes. Comme le raconte Emmanuelle Charpentier à Pauline Fréour dans le Figaro, elle travaillait sur les mécanismes de défenses des bactéries contre les virus quand elle a découvert ce mécanisme de modification du génome. La technique qui met en émoi la communauté scientifique depuis 4 ans n’est pas une « invention », mais bel et bien l’adaptation d’une méthode utilisée par des organismes aussi simples que les bactéries, pour simplement se protéger.

 

Emmanuelle Charpentier, aujourd’hui directrice de l’Institut Max Planck à Berlin, travaillait encore en Suède, en 2009 quand l’aventure a commencé. Car si elle est française, la chercheuse a réalisé la quasi totalité de sa brillante carrière loin de l’Hexagone. A l’époque, elle entame une collaboration avec Jennifer Doudna, de l’université californienne de Berkeley. A peine quatre ans plus tard, il se murmure déjà que les deux scientifiques seraient en bonne voie pour décrocher un prix Nobel. Du jamais vu en un temps aussi court. « Pour nous c’est époustouflant, confie Jennifer Doudna au Monde. Le système que nous avons décrit est utilisé par tous les laboratoires de génétique. C’est assez inhabituel qu’une technologie perce à cette vitesse. »

L’édition de gènes mise au point à partir de ce qu’elles avaient observé chez les bactéries a déjà des applications concrètes, plantes modifiées génétiquement, ou modèles animaux de maladies humaines. Car l’objectif de beaucoup de laboratoires est aujourd’hui la thérapie génique. La technique est simple, peu coûteuse et aujourd’hui le séquençage de l’ADN ne pose plus de problème : tout semble réuni pour enfin concrétiser les rêves que nourrissent de nombreux généticiens depuis des décennies.

 

Mais Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna, si elles se réjouissent de leurs avancées, appellent aussi à raison garder. Tout est allé très vite, mais les deux scientifiques le savent, le temps de la recherche est long, et elles estiment qu’elles ont encore un long chemin à parcourir avant que des applications cliniques soient crédibles.

 

La modification d’embryons humains est une aussi application possible dans le futur pour Crispr-Cas9. Déjà en 2015, des travaux chinois avaient ému la communauté scientifique. L’essai mené sur des embryons non viables avait été un échec, mais il confirmait que, déjà, des scientifiques avaient passé la ligne rouge. Jennifer Doudna est formelle, « Il est trop tôt pour éditer génétiquement des humains ». Mais les deux chercheuses sont conscientes qu’elles n’ont aucun pouvoir pour empêcher de possibles dérives ; elles comptent sur l’éthique de leurs collègues, et espèrent que les recherches menées grâce à Crispr-Cas 9 se feront en toute transparence.

Super : Hubble identifie la plus lointaine des galaxies

Elle s’est formée lorsque l’Univers était seulement âgé de 400 millions d’années. GN-z11 appartient peut-être à la première génération de galaxies.

La galaxie GN-z11 existait déjà 400 millions d'années après le big-bang. NASA, ESA, and P. Oesch (Yale University)La galaxie GN-z11 existait déjà 400 millions d’années après le big-bang. NASA, ESA, and P. Oesch (Yale University)

RECORD. Pour mesurer la distance de GN-z11, les astronomes ont poussé le télescope spatial Hubble à ses limites et il sera difficile d’en savoir plus sur cette dernière avant que le James Webb Telescope soit opérationnel. Avec une sensibilité cent fois supérieure, il pourra livrer de nouveaux détails sur cette galaxie qui s’est formée alors que l’Univers avait à peine 3% de son âge actuel. Un record. Auparavant la plus ancienne galaxie identifiée était EGS-zs8-7, de 200 millions d’années son ainée.

Une découverte surprenante

GN-z11 était déjà connue des astronomes mais grâce à de nouvelles mesures spectrales, réalisées avec la caméra grand-champ WFC3 d’Hubble, ils ont pu réévaluer son âge. « Nous avons fait un grand pas en arrière dans le temps, au-delà de ce que nous pensions être en mesure de faire avec Hubble » se réjouit Pascal Oesch de l’Université Yale et principal auteur d’une étude à paraître dans l’Astrophysical Journal. Cette très jeune galaxie a pu être observée par Hubble parce qu’elle est particulièrement lumineuse : elle transforme environ 24 masses solaires de gaz et de poussières en nouvelles étoiles chaque année, soit un taux de formation stellaire 20 fois supérieur à celui de la Voie lactée actuellement. Ci-dessous l’arbre chronologique de l’Univers avec la position de cette nouvelle galaxie.

Crédit : NASA, ESA, and A. Feild (STScI)

MYSTERE. Si on la compare à d’autres galaxies, GN-z11 n’est pas vraiment impressionnante. Elle est 25 fois plus petite que la Voie lactée et pèse à peine 1 milliard de masses solaires contre plusieurs centaines de milliers pour la notre. C’est toutefois un « monstre » cosmique compte tenu de sa période de formation. En fait, sa présence est une véritable surprise pour les astronomes : « La découverte de GN-z11 a été une grande surprise pour nous, nos travaux antérieurs suggèrent que ces galaxies brillantes ne devraient pas exister si tôt dans l’Univers », explique Marijn Franx de l’université de Leiden aux Pays-Bas. Un de ses collègues, Ivo Labbe, précise que « La formation de Gn-ze11 reste un peu mystérieuse et prouve que nos connaissances sur l’univers sont encore très limitées ».

Vidéo :

Vidéo très courte qui montre la galaxie

Santé : Séquencer le génome en 10 minutes est maintenant possible

Un jeune chercheur a reçu le prix de la Société française de chimie pour sa nouvelle technique de séquençage de l’ADN : elle permet de réduire considérablement coûts et délais.

Séquencer le génome en 10 minutes est maintenant possibleSUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Leurs travaux ont révolutionné aussi bien la médecine légale que le travail de la police scientifique et les diagnostics médicaux. A la fin des années 70, deux équipes de scientifiques, l’une aux Etats-Unis sous la direction de Walter Gilbert, l’autre au Royaume-Uni sous la direction de Frédérick Sanger, ont mis au point deux techniques différentes de séquençage de l’ADN. L’idée du séquençage est de déterminer l’ordre des nucléotides pour un brin d’ADN particulier.

Les deux équipes ont été récompensées par un prix Nobel de Chimie, en 1980. Mais aujourd’hui, même si des machines existent pour séquencer rapidement l’ADN, le séquençage de Sanger reste utilisé dans plusieurs laboratoires. Et il faut quelques heures pour obtenir les résultats.

La découverte d’un chercheur toulousain, Aurélien Bancaud, primée par la Société Française de Chimie, pourrait bien changer la donne. Celui-ci a mis au point une méthode baptisée MicroLAS. Le principe de base du séquençage de Sanger est l’électrophorèse. La méthode consiste à déposer le fragment d’ADN sur une matrice de gel, puis à y faire passer un courant électrique afin de séparer les brins, ceux ci se déplaçant en fonction de leur taille.

 

Fini les électrophorèses

Aurélien Bancaud lui, se passe de la matrice de gel. Il dépose l’ADN sur une petite puce, sur laquelle il fait passer le courant électrique. L’intérêt est d’obtenir une séparation des brins beaucoup plus rapide. Par ailleurs, la puce est beaucoup plus sensible que le gel, ce qui évite d’avoir à utiliser des échantillons d’ADN trop importants pour parvenir à un bon résultat.

Les chercheurs gagnent du temps puisqu’ils n’ont pas à préparer le gel ni à concentrer l’échantillon d’ADN, comme dans un séquençage « traditionnel ». En tout, la méthode pourrait faire passer la durée du séquençage de quelques heures à une dizaine de minutes, avec une baisse des coûts à la clé. En criminologie ou dans le dépistage de maladie, où la vitesse d’obtention des résultats est cruciale, la méthode présente un intérêt certain.

L’invention d’Aurélien Bancaud a fait l’objet d’un dépôt de brevet, et pourrait être développé par la société Picométrics, près de Toulouse.

 

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