Humeur : Fou ! le monde est Fou

Je relaye ce texte de Mi Ranah, je n’ai pas pu joindre l’auteur mais je partage car ce qui est écrit est très bien vu !

ON TE PREND POUR UN FOU SI…

On te prend pour un fou SI tu fais un câlin aux arbres MAIS c’est normal si tu le coupes…

On te prend pour un fou SI tu jeûnes MAIS c’est normal si tu vas au Mac Do…

On te prend pour un fou SI tu médites MAIS c’est normal si tu regardes la TV…

On te prend pour un fou SI tu sauves un escargot MAIS c’est normal si tu fais agoniser un taureau pendant des heures…

On te prend pour un fou SI tu troques MAIS c’est normal si tu as plein d’argent en ayant écrasé tout le monde…

On te prend pour un fou SI tu essaies de moins consommer MAIS c’est normal si tu te bats pour des articles en soldes…

On te prend pour un fou SI tu fais des recherches pour savoir ce que l’on veut injecter dans ton propre corps MAIS c’est normal si tu continues à faire aveuglément confiance à des gens qui se sont trompés maintes fois

On te prend pour un fou SI tes chiens dorment sur le canapé MAIS c’est normal si des humains dorment par terre…

On te prend pour un fou SI tu te soignes avec les plantes MAIS c’est normal si tu t’empoisonnes avec du MEDIATOR…

On te prend pour un fou SI tu travailles moins pour vivre mieux MAIS c’est normal si tu consommes des antidépresseurs pendant des années pour tenir le coup professionnellement

On te prend pour un fou SI tu fais des cures de jus de légumes MAIS c’est normal si tu bois du Coca…

On te prend pour un fou SI tu ne désherbes pas ton chemin MAIS c’est normal si tu te rends malade avec un pesticide…

On te prend pour un fou SI tu n’as pas de micro-ondes MAIS c’est normal si tu prends de la 5G en pleine tête…

On te prend pour un fou SI tu fais l’école à la maison MAIS c’est normal si ton enfant vomit le matin de phobie scolaire…

Et ben très franchement je suis vraiment hyper, hyper heureuse de faire partie des fous… Continuez à me considérer comme telle, c’est très très bien

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Amis fous (et les autres aussi d’ailleurs), je vous souhaite une merveilleuse et immensément folle nuit ou journée!!Et continuons à inonder le monde de notre douce et joyeuse folie!!!

Mi Ranah

Bio/Organic : pétition pour la baisse des taxes

Amis lecteurs bonjour,

En moyenne, les produits BIO coûtent 30 % plus cher que le NON BIO.

Et c’est une des plus grandes INJUSTICES de notre époque.

Car ce surcoût empêche des millions de familles de consommer BIO.

Résultat : ces millions de familles ont 25 % de risques EN PLUS d’attraper le CANCER !
 
C’est prouvé scientifiquement : les personnes qui ont les moyens de manger BIO ont 25 % de cancers en moins  [1]!

Source : étude de l’INRA, Institut National français de la Recherche Agronomique dans une étude publiée en 2018.
http://presse.inra.fr/Communiques-de-presse/Moins-de-cancers-chez-les-consommateurs-d-aliments-bio

Ces cancers frappent les plus fragiles, les plus modestes…alors qu’ils pourraient être évités, si seulement le BIO était plus accessible !!!

Et il n’y a pas que le cancer, hélas.

Les pesticides du NON BIO causent aussi la maladie de PARKINSON.

Depuis 2013, l’État français reconnaît officiellement que Parkinson est une « maladie professionnelle » des agriculteurs, à cause des pesticides.

Récemment, un rapport de l’agence Santé Publique France a montré que les pesticides donnent aussi Parkinson à ceux qui ont le malheur d’habiter à proximité de champs agricoles NON BIO.
https://blograinbowdreamer.wordpress.com/2016/04/21/nature-lair-nest-pas-respirable-la-carte-de-france-des-victimes-des-pesticides/

C’est désormais totalement reconnu par les scientifiques : de nombreuses maladies GRAVES sont provoquées par les pesticides !!!

Au total, selon une grande expertise de l’INSERM publiée en 2012 [4], les pesticides sont soupçonnés d’être en cause dans :La maladie d’Alzheimer, qui touche de plus en plus de seniors ;
La non-fertilité de milliers de jeunes adultes ;
Et même les malformations congénitales !« Malformation congénitale », cela signifie qu’un bébé peut naître sans jambes et sans bras !!
Lien vers cette pétition :

https://www.petition-tva-zero-bio.com/signature
Et ce n’est pas tout : les pesticides sont probablement co-responsables de l’épidémie d’enfants AUTISTES !

C’est une étude publiée le 20 mars 2019 dans le British Medical Journal qui vient de le prouver :
https://reporterre.net/L-exposition-prenatale-aux-pesticides-favorise-l-autisme-selon-une-etude

Les femmes enceintes exposées aux pesticides ont plus de risques d’avoir un bébé autiste que les autres !

Et pourtant, on continue à FAVORISER LES PESTICIDES et à PUNIR l’agriculture BIO par une taxe injuste !

De nos jours, même les enfants des cours d’écoles sont désormais en danger.

En Gironde, pas moins de 160 écoles sont directement exposées aux pesticides, selon le quotidien Sud-Ouest.
Alors qu’il existe une solution évidente, efficace et juste !

Je rappelle que les agriculteurs BIO n’utilisent pas de pesticides chimiques.

Il y a donc ZERO pesticide chimique dans l’agriculture BIO.

Les agriculteurs NON BIO, eux, consomment 70 000 tonnes (70 000 000 kilos) de pesticides chaque année !!!

Ces 70 millions de kilos de pesticides sont déversés sur les fruits et légumes, puis dans nos terres, nos rivières et nos nappes souterraines !
lien vers cette pétition :

https://www.petition-tva-zero-bio.com/signature


Et pourtant, ce ne sont pas les produits « non bio », bourrés de pesticides qui sont surtaxés…

…ce sont les produits « propres », BIO qui sont punis… et c’est un véritable scandale !!POURQUOI LE BIO COÛTE PLUS CHER… ET DOIT D’URGENCE ETRE DÉTAXÉJe rappelle que le BIO est excellent pour la santé et la planète.

Pour obtenir le label BIO, il faut respecter toutes ces conditions :Pas de pesticides chimiques ;
Pas d’engrais de synthèse ;
Pas d’OGM ;
Moins de médicaments et d’antibiotiques ;
Pas d’additifs alimentaires douteux.C’est excellent pour TOUT LE MONDE… Mais cela coûte PLUS CHER à l’agriculteur !!

Et pourtant, les TAXES sont les mêmes sur le BIO et sur le NON BIO !

Résultat : non seulement le BIO n’est pas accessible aux familles modestes…

…mais ceux qui font l’effort de consommer BIO sont PUNIS pour le faire !!!

Dans notre système actuel, c’est celui qui pollue le moins qui paie le plus !

Si, comme moi, vous vous efforcez de consommer « bio » régulièrement :Vous faites faire des économies à la Sécurité sociale (moins de cancers, Parkinson, bébés malformés, etc.)
Vous faites faire des économies à l’État, qui dépense moins pour dépolluer……mais c’est VOUS qui payez plus cher !!!

C’est un peu comme si vous payiez DEUX FOIS pour le BIO !

Et ce n’est pas tout :DETAXER LE BIO POUR SAUVER LA PLANÈTE !Le BIO permet aussi de faire des économies pour favoriser le réchauffement climatique !

La raison est que les agriculteurs BIO n’utilisent pas d’engrais de synthèse.

Or les engrais chimiques émettent du protoxyde d’azote (N2O), un gaz à effet de serre 300 fois plus polluant que le CO2 ! 

Au total, ce gaz « N2O » contribue à 5 à 10 % du total des gaz à effet de serre total en France !

C’est considérable !

Donc favoriser l’agriculture BIO, c’est lutter contre le changement climatique !

Voilà pourquoi je vous demande de signer notre grande pétition pour supprimer la TVA sur le BIO.

Il est urgent de supprimer cette taxe pour :Récompenser ceux qui achètent BIO plutôt que de les punir ;
Et rendre le BIO accessible à tous pour éviter 25 % de cancers et autres maladies graves !Vraiment, je vous invite à signer immédiatement une grande pétition, plus vous signerez, plus elle aura du poids :
STOP A LA TAXE INSUPPORTABLE SUR LES PRODUITS « BIO » !
Je vous demande d’agir maintenant, car c’est LE MOMENT OU JAMAIS !GRAND DÉBAT : UNE MESURE SIMPLE ET PLEBISCITÉE PAR LES FRANÇAIS !Cette proposition de la TVA ZERO SUR LE BIO ne sort pas de nulle part.

Cela fait des années que le réseau BIOCOOP, les « pionniers du bio », réclament cette mesure.

Écoutez aussi ce que dit la grande association France Nature Environnement :
« Aujourd’hui, tout le monde paye la même part de TVA sur les produits bio donc c’est plutôt injuste. 

Alors qu’il pourrait être intéressant de favoriser ces produits pour donner un accès à tous. 

C’est bon pour l’environnement et pour la santé donc une double raison de faire ça. »
Ce ne sont pas seulement les « écolos » qui demandent cette mesure.

Le GRAND DÉBAT a prouvé que cette mesure est plébiscitée par la majorité des Français !

Sur RMC, c’est LA proposition citoyenne qui est revenue le plus souvent :
 
Aujourd’hui, vous avez même des CHEFS D’ENTREPRISE qui s’engagent pour cette mesure !
 
De fait, la TVA ZÉRO sur le BIO est une mesure de bon sens :C’est une mesure de JUSTICE SOCIALE en permettant à tous d’accéder au bio à prix correct ;
Et c’est une mesure de SANTÉ PUBLIQUE, avec des milliers de cancers et autres maladies évitées !Voilà pourquoi je vous demande solennellement de signer et faire signer autour de vous notre grande pétition.

Il est urgent de CHANGER LES CHOSES, pour notre planète, pour notre portefeuille et pour notre santé !

Aujourd’hui en 2019, la France est le plus gros consommateur de pesticides d’Europe, avec l’Espagne !!

Le cancer est devenu la cause numéro 1 de mortalité en France et dans le monde !

En 2018, les émissions de CO2 ont encore augmenté en France !

Mais si nous sommes des milliers à signer la pétition, nous pouvons RÉUSSIR à inverser ce désastre !MÊME LE MINISTRE DE L’ÉCOLOGIE EST FAVORABLE À CETTE MESURE !!Il faut agir d’urgence, car nous n’avons jamais été aussi près du but !

Écoutez le ministre François de Rugy, interviewé sur CNEWS le 22 mars dernier.
 
Voici ce qu’il a déclaré, en direct :
« Je souhaite que tout ce qui est bon pour l’écologie, bon pour le climat et bon pour l’environnement soit moins taxé que ce qui est mauvais.

« Sur les produits bio, la TVA peut être modulée – les produits alimentaires BIO pourraient avoir une TVA plus faible que les produits non bio ».
 C’est historique !

Malheureusement, il n’est pas le seul à décider, au gouvernement !

Le ministre des comptes publics Gerald Darmanin s’est prononcé contre cette mesure.

Le gouvernement va devoir bientôt trancher entre les deux ministres…

Et c’est pourquoi il faut agir vite !

Nous devons être des MILLIONS à signer la pétition pour SOUTENIR le ministre François de Rugy et exiger la TVA ZERO SUR LE BIO !

Si nous sommes suffisamment nombreux, nous pouvons OBTENIR la TVA ZÉRO sur les produits bio !

Il est clair que l’écologie « punitive » ne marche pas : pensez à la taxe carbone, qui a mis des centaines de milliers de gilets jaunes dans la rue.

La vraie solution, c’est de RÉCOMPENSER ceux qui favorisent l’environnement !

Et pour cela, il n’y a pas meilleure mesure que de DÉTAXER LE BIO, immédiatement !

Signez avec moi pour OBTENIR cette mesure, maintenant.

La situation n’a jamais été aussi favorable :le gouvernement a organisé un « grand débat » et a promis d’écouter les Français ;
à la fin de ce grand débat, le gouvernement sera obligé de faire une proposition ECOLOGIQUE, pour compenser l’abandon de la taxe carburant ;La victoire est à portée de main, si vous agissez maintenant.

S’il vous plaît, signez d’urgence la pétition et faites-la signer à votre famille, vos proches et tous vos contacts !

Encore une fois, la TVA ZERO sur le BIO permettrait :De rendre le BIO accessible à toutes les bourses ;
D’éviter des milliers de maladies graves (cancers, etc…) ;
De dépolluer en profondeur nos terres, nos points d’eau et l’air que nous respirons !Je compte sur vous, c’est notre santé et notre planète qui est en jeu.

Transmettez-vite ce message partout autour de vous, nous devons créer une énorme « boule de neige pour le BIO » !
 

Nature : « L’air n’est pas respirable » : la carte de France des victimes des pesticides

L’association Générations Futures publie une carte interactive où l’on peut lire les témoignages de 400 personnes exposées aux pesticides sur tout le territoire français.

« Je vis au milieu des vignes et je vous confirme que l’air n’est pas respirable les jours de traitement. » « J’ai un potager et des abeilles en bordure de champ et je constate chaque année une mortalité anormale et alarmante. » « A l’école, il y avait une grosse machine et la maîtresse nous disait de mettre la main devant la bouche ou de rentrer. » Ces témoignages sont livrés par des Français vivant aux abords de cultures utilisant des pesticides.

« Je vis au milieu des vignes et je vous confirme que l’air n’est pas respirable les jours de traitement. » « J’ai un potager et des abeilles en bordure de champ et je constate chaque année une mortalité anormale et alarmante. » « A l’école, il y avait une grosse machine et la maîtresse nous disait de mettre la main devant la bouche ou de rentrer. » Ces témoignages sont livrés par des Français vivant aux abords de cultures utilisant des pesticides.

Générations Futures, association nationale de défense de l’environnement agréée depuis 2008 par le ministère de l’Ecologie, publie ce jeudi 21 avril une carte interactive qui livre 200 témoignages de professionnels ou de riverains victimes des pesticides. 200 témoignages supplémentaires, en cours de validation, devraient compléter la carte. A terme, l’association souhaite mettre en place une coordination nationale d’aide regroupant des organisations d’aide aux victimes.

pesticides carte.jpg

Lien vers la carte interactive :

Carte interactive des victimes des pesticides

Maux de tête, allergies, asthmes…

L’ambition de cette carte est de prouver que l’ensemble du territoire est exposé à des produits nocifs pour l’homme qui peuvent provoquer maux de tête, allergies, asthmes et irritations. Voire favoriser le développement de cancers du poumon, de l’intestin ou de la prostate, de leucémies ou de maladies de Parkinson.

Patrick, agriculteur alsacien qui utilisait des pesticides, a développé un Parkinson précoce à l’âge de 35 ans. Laurent, ancien salarié d’une entreprise agroalimentaire dans les Côtes d’Armor a, quant à lui, été licencié pour inaptitude à cause d’une hypersensibilité aux produits chimiques multiples développée au contact de céréales traitées avec des pesticides.

100.000 tonnes de pesticides dangereux

Le 20 mars 2016, l’agence internationale de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (IARC) a désigné cinq pesticides aux effets cancérogènes. L’herbicide glyphosate, présent dans le produit Roundup, et les insecticides malathion et diazinon ont été classés « cancérogènes probables chez l’homme » par l’association. Les insecticides tetrachlorvinphos et parathion sont, quant à eux, considérés comme des « cancérogènes possibles ».

Mais les preuves concernant le lien entre le développement de ces maladies et l’exposition aux pesticides ne sont pas suffisamment solides pour que ces produits fassent l’objet d’une interdiction en France. La plupart des agriculteurs peinent à faire reconnaître leur maladie de Parkinson ou leur cancer comme maladie professionnelle due à l’exposition aux pesticides.

D’après une enquête menée par « Cash Investigation », diffusée sur France 2 le 2 février dernier, 100.000 tonnes de pesticides classés dangereux ou potentiellement dangereux pour l’homme sont utilisés chaque année en France.

M. H.

Liens vers des articles antérieurs sur les pesticides :

Cash Investigation : “20% des pesticides concentrés sur 3% de la surface agricole”

Pesticides, un vigneron témoigne : « Viticulteur, je contamine mes voisins, mes ouvriers et moi »

Les pesticides qu’est ce que c’est ?

 

300 fois plus de résidus de pesticides dans le vin que dans l’eau potable

Il y a 300 fois plus de résidus de pesticides dans le vin que dans l’eau potable. Ce rapport frappant est l’un des enseignements que l’on peut tirer des résultats de l’enquête que vient de publier Que choisir (abonnés) dans son dernier numéro.

En passant 92 vins issus de différentes régions viticoles françaises au crible, le magazine a en effet détecté des résidus de pesticides (ou des traces) dans 100% des échantillons.

Dans le détail, on constate un grand écart entre les vins bio, à un bout du spectre, et certains vins industriels ou conventionnels, à l’autre bout. Mais pas un seul vin parmi la centaine analysée n’échappe totalement aux pesticides.

Bordeaux, le mauvais élève

Aperçu des résultats de l'analyse de Que choisir (le total des résidus détectés étant indiqué dans la dernière colonne)

Aperçu des résultats de l’analyse de Que choisir (le total des résidus détectés étant indiqué dans la dernière colonne)

C’est la région bordelaise qui compte le plus important taux de contamination aux résidus de pesticides, selon le test de Que choisir :

« Cinq bordeaux remportent la palme avec des quantités totales de résidus allant de 441 μg/kg [l’unité est ici lemicrogramme, soit un millionième de gramme, ndlr] pour le rosé Baron de Lestac 2012, à 1 682 μg/kg pour le graves blanc château Roquetaillade Le Bernet 2011. »

Pour ce dernier vin, la teneur en résidus de pesticides est ainsi « 3 364 fois plus élevée que la norme appliquée à l’eau potable (0,5 μg/kg) ».

A noter également la performance du bordeaux Mouton Cadet 2010, dans sa version rouge, qui réunit à lui tout seul les résidus et traces de 14 pesticides différents (dont du carbendazime, molécule interdite en France). Une information à mettre en parallèle avec la diffusion de ce vin : produit au total à 12 millions de bouteilles par an, Mouton Cadet est « la marque la plus diffusée dans le monde ».

Pour contrebalancer ce palmarès sévère, rappelons qu’il existe de très bons domaines en bio à Bordeaux : Planquette, Les Trois Petiotes, Gombaude-Guillot ou Lamery, pour n’en citer qu’une poignée.

Les vins blancs sont les plus chargés

Pesticides : la combinaison qui va bien

Pesticides : la combinaison qui va bien – MDRGF

Si on fait le tri par couleur, ce sont les vins blancs qui embarquent le plus de résidus de pesticides, selon l’analyse de Que Choisir : 242 μg/kg en moyenne (contre 114 μg/kg pour les rouges et 95 μg/kg pour les rosés).

Ce qui nous donne une moyenne globale de plus de 150 microgrammes de résidus de pesticides par « kilo » de vin, soit plus de 300 fois le seuil admis pour l’eau potable…

Certes, concède Que Choisir, on boit a priori plus d’eau que de vin.

Les vins bio pas totalement épargnés

Aucun des dix vins bio analysés dans l’étude de Que Choisir n’est épargné : on y retrouve des traces, et même parfois des résidus avérés de pesticides.

L’explication tiendrait a priori au fait que l’épandage de pesticides peut parfois contaminer les vignes des voisins.

Néanmoins, une autre étude [PDF] précédemment publiée par un collectif d’associations est quant à elle arrivée à la conclusion que les vins bio ne contiennent pas (sauf accident) de résidus de pesticides.

Dans les deux cas, il n’y a pas photo : les quantités de résidus détectées dans les vins bio sont très nettement inférieures à celles identifiées dans la plupart des autres vins, voire inexistantes.

Les consommateurs doivent-ils s’inquiéter ?

Le journal Sud-Ouest a immédiatement réagi à l’enquête de Que Choisir, notamment par la voix de son spécialiste, César Compadre, qui entend balayer en quatre points tout éventuel résidu d’inquiétude :

  • primo, pour avoir un bon raisin il faut traiter aux pesticides. C’est pas la fête de traiter, hein, mais c’est comme ça : « Prendre trop de risques serait suicidaire », tranche carrément le spécialiste. Et les bio alors ?
  • On y vient, les bio traitent aussi (au soufre et au cuivre, et c’est méchant le cuivre, brrr). Non, parce qu’il ne faudrait pas dire trop de bien des bio. C’est vrai quoi, ils ne représentent que 6% du vignoble. Alors, hop, dans le même sac que les autres, c’est plus pratique ;
  • ensuite, troisième point, il y a une « prise de conscience des professionnels ». Dans le vignoble ça bouge, assure notre spécialiste (oh oui, ça bouge… mais dans le mauvais sens : l’utilisation de pesticides a encore augmenté de 2,7% en France – déjà premier utilisateur d’Europe – entre 2010 et 2012, rappelle Que Choisir) ;
  • enfin, l’argument-massue : « Les quantités de résidus sont bien inférieures aux seuils de dangerosité définis par les experts. » Sachant qu’il n’y a aucune limite maximale de résidus définie pour le vin, et qu’on s’en tient à celles – élevées – appliquées pour le raisin, on est dans un joli flou artistique.
« Omerta »

A la lecture de cette enquête, la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) tire trois observations :

  • les seuls vins exempts de résidus sont des vins bio ;
  • il n’y a aucune limite maximale de résidus (LMR) pour le vin, ce qui est dérogatoire et malhonnête. C’est l’omerta, y compris au niveau de l’Etat. La Fnab réclame donc la mise en place d’une LMR pour le vin ;
  • y aura-t-il une enquête sur la présence de produits interdits dans Mouton Cadet notamment, et sur la filière d’approvisionnement ?

Même si on peut à la rigueur se contenter de ce dernier argument pour ce qui est des consommateurs, les nombreuses études relatives aux travailleurs de la vigne (ou même à leurs simples riverains) sont, elles, accablantes : de cinq à onze fois plus de pesticidesdétectés dans leurs cheveux, surmortalité due à la maladie de Parkinson, augmentation avérée des cancers

Et tout de même, un détail peut chiffonner : si ces résidus de pesticides dans le vin sont tellement inoffensifs, pourquoi la norme admise pour l’eau potable est-elle 300 fois inférieure à ce qu’on détecte en moyenne dans le vin… Est-ce qu’on boit 300 fois plus d’eau que de vin ?

Lire plus :

Santé : Pesticides : les vins de Bordeaux dans la ligne de mire

Santé : Pesticides : les vins de Bordeaux dans la ligne de mire

La viticulture bordelaise est désormais sous la pression grandissante d’associations et de riverains, qui dénoncent les effets toxiques d’herbicides et fongicides de synthèse, piliers de l’agriculture intensive, sur la santé et l’environnement.

 

D’un point de vue scientifique, l’Institut national de la Santé et de la Recherche médicale (INSERM), dans une étude menée en 2013, a conclu « qu’il semble exister une association positive entre exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies chez l’adulte » et que « les expositions aux pesticides intervenant au cours de la période prénatale et périnatale ainsi que la petite enfance semblent être particulièrement à risque pour le développement de l’enfant« .

La filière viticole bordelaise dit vouloire réduire l’empreinte environnementale de ses activités et s’est fixée pour 2020 des objectifs de 20% de réduction de ses gaz à effet de serre, d’économie d’énergie, de création d’énergies renouvelables et d’économie d’eau. Mais, en ce qui concerne la diminution des pesticides, c’est à la science qu’elle s’en remet avec l’espoir que les études de l’Institut national de Recherche agronomique (INRA) débouchent rapidement sur de nouveaux ceps (pieds de vigne) résistants aux maladies de la vigne qui nécessiteraient des fréquences de traitement drastiquement moindres.

Des associations s’élèvent contre l’omerta viticole

Des collectifs se sont créés pour réclamer que les lieux accueillant des personnes sensibles, notamment les écoles, ne soient plus bordés que par de la vigne bio, qui n’utilise que des molécules naturelles, pas de synthèse. Une pétition de 84.000 signatures en ce sens a été remise au préfet de Gironde début mars.

« Entourer de vignes en bio les 132 écoles recensées par la préfecture est un principe de précaution, il faut protéger les enfants qui sont les plus vulnérables« , a estimé la porteuse de la pétition, Marie-Lys Bibeyran, dont le frère, ouvrier viticole, est décédé en 2009 d’un cancer rare pour lequel la justice doit se prononcer pour déterminer si la maladie contractée est ou non assimilable à une des pathologies reconnues comme professionnelles, comme cela a déjà été le cas pour d’autres agriculteurs.

Les auteurs de l’étude « Pesticides et santé, un dossier accablant » publiée en mars par le mensuel La Recherche rappellent que « si les agriculteurs sont en première ligne ils ne sont pas les seuls à développer des pathologies liées aux pesticides ». Selon eux, « des études montrent une présomption forte de lien avec les pesticides » pour la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate, le lymphome non Hodgkinien chez l’adulte et les tumeurs cérébrales, les malformations congénitales et les leucémies chez les enfants.

Du bio partout ?

Mais, pour les responsables de l’interprofession, « faire du vin sans traiter la vigne on ne sait pas faire« , affirme le directeur communication du CIVB, Christophe Château. « Notre but c’est que les viticulteurs utilisent le moins de produits possibles pour réduire l’impact que les traitements pourraient avoir sur l’environnement et la santé. Nous ne sommes pas en charge de l’homologation des produits, on ne peut qu’influer sur le respect des bonnes pratiques et si les conditions d’utilisation sont respectées il n’y a pas de danger sur la santé« , se défend-il. Et d’affirmer que « le tout bio n’est pas la solution« .

Marie-Lys Bibeyran estime quant à elle qu' »il faut aider les viticulteurs à changer de pratique et je ne vois pas qui ne pourrait pas passer en bio. Cela demande certes plus d’attention, de temps, de main-d’œuvre car il faut plus observer, plus regarder la météo, être plus réactif. Mais plutôt que mettre de l’argent sur des produits phyto autant créer des emplois et rendre les gens moins malades ».

En attendant, la période de traitement de la vigne reprendra en avril, la majeure partie se tenant durant la floraison de mi-mai à juin.

Et le gouvernement dans tout cela? Il a dans son plan Ecophyto-II de réduction de 50% des pesticides dans l’agriculture repoussé ses objectifs à 2025 au lieu de 2018 initialement prévu. Et ce alors que le ministère de l’Agriculture a annoncé début mars que l’achat de produits phytosanitaires a bondi de 9,4% entre 2013 et 2014…

Les pesticides, du champ jusqu’aux maisons

Des échantillons de poussière collectés des maisons situées à proximité de cultures contiennent des résidus de pesticides affirme mardi Générations futures.

Les pesticides des champs passent bien dans les maisons. Et ce, tout au long de l’année. Des poussières collectées dans des maisons situées à proximité de cultures (vignes, vergers, céréales) contiennent des résidus de pesticides, dont une majorité de perturbateurs endocriniens qui provoquent des dérèglements hormonaux, d’après une étude commandée par Générations futures et rendue publique mardi. L’ONG a fait analyser une vingtaine d’échantillons et rechercher 61 pesticides différents. Les maisons étaient à une distance comprise entre 0 et 200 mètres des cultures.

La Gironde durcit ses dispositifs de protection

Mardi,  la préfecture de Gironde a annoncé qu’elle allait encadrer l’épandage de produits phytosanitaires dans les vignes. Cet arrêté va étendre les mesures de précaution « au-delà des écoles, à d’autres établissements accueillant des enfants […] ainsi que tout autre bâtiment pouvant accueillir des personnes vulnérables ».

La préfecture prévoit également d’aider à l’implantation de « dispositifs de protection » comme des haies. Dès 2014, elle avait pris des mesures pour encadrer le traitement des vignes aux abords des écoles. Une distance minimale de 50 mètres avait été introduite. Peu auparavant, en mai 2014, un épandage de produits fongicides sur une parcelle située en bordure d’une école à Villeneuve-de-Blaye avait provoqué des malaises et des irritations chez 23 enfants et leur institutrice, qui se trouvaient dans l’école au moment du traitement.

Une «  fausse bonne idée  » pour la FDSEA

Le syndicat agricole FDSEA de Gironde a rappelé mardi que cet incident avait été précisément provoqué par un épandage de soufre, un fongicide biologique, sur une exploitation vouée à l’agriculture biologique. Preuve, selon le syndicat, que la pétition visant à exclure tout traitement phytosanitaire autre que biologique à proximité des lieux sensibles est « une fausse bonne idée ».

La FDSEA tient « à rappeler que la profession agricole est, depuis de nombreuses années, dans une démarche de progrès constants de ses techniques de production » et « agit année après année pour améliorer l’impact de ses pratiques sur la santé de ceux qui la font et sur l’environnement ».

à suivre

Mi-février, dix députés de gauche de Gironde ont demandé la mise en place d’une mission d’information parlementaire pour « faire la transparence » sur les effets des pesticides, après notamment la diffusion de l’émission « Cash Investigation » (France 2).

Mardi 1er mars, la députée PS de Gironde, Michèle Delaunay a adressé une question écrite au gouvernement pour « connaître les actions prévues par le gouvernement pour aider les agriculteurs à produire plus sainement et ses intentions concernant l’avenir des produits phytosanitaires avérés dangereux ».

Le 10 octobre 2012, les sénatrices Nicole Bonnefoy (PS) et Sophie Primas (LR) ont rendu un rapport d’information sur les pesticides. Parmi les recommandations figuraient le retrait du marché des substances chimiques à risque, la mise en place stricte des principes de précautions ou la réduction des délais de classement en maladie professionnelle « sans attendre la preuve d’un lien de causalité avéré ».

à chaud

Le collectif « Sauvons les fruits et légumes », rassemblant quelques dizaines de producteurs, a critiqué mardi la démarche de Générations futures qu’elle accuse de « chercher à faire peur » et dénonce la multiplication de ce type d’étude par l’ONG sans qu’aucune conclusion scientifique puisse en être tirée.

Pesticides, un vigneron témoigne : « Viticulteur, je contamine mes voisins, mes ouvriers et moi »

Mardi soir après avoir regardé Cash Investigation France 2, Philippe, viticulteur de l’Entre-deux-Mers, a eu une nuit agitée, et en a fait part sur Facebook. Rue89 Bordeaux a recueilli son témoignage, qu’il a souhaité garder anonyme.

Je suis vigneron depuis 14 ans et mon père l’a été 30 ans de plus avant moi. Je sais que les produits utilisés polluent, malgré la réduction de dose que je m’impose, malgré le recours le plus possible aux produits homologués bio. Je me contamine, je contamine mes ouvriers et mes voisins.

Je suis en colère et victime car, en 2006, j’ai perdu ma mère à 51 ans d’une leucémie. Elle était en permanence dans les vignes et hier soir (mardi, NDLR) il a été démontré que la leucémie était une maladie courante pour notre population. Victime, car étant dans une AOC (appellation d’origine contrôlée) avec une concurrence tellement forte, je n’arrive pas à augmenter mon prix de vente susceptible de me garantir une rentabilité autrement que par ce mode de production. Et là je parle de la masse !

Il faut qu’on aille plus loin. Notre population agricole est vieillissante (plus de 50% de nos agriculteurs ont plus de 50 ans) et elle aimerait arriver à la retraite sans qu’on les emmerde encore une fois ! Alors on fait quoi ?

Nos chers élus doivent imposer des conditionnalités d’aide et de vrais coups de pouce pour une culture plus raisonnable. A mon sens, 90 % des viticulteurs font de la lutte raisonnée. On doit aider à hauteur de 80% l’achat de pulvérisateur anti-dérive qui permet de réduire de 60 % les résidus dans l’atmosphère. Comment se fait-il qu’un pulvérisateur classique coûtant 12 à 15000 euros revient à 30000 euros une fois que le constructeur a mis des panneaux en plastique autour du rang ? On aide ce type d’achat, mais comme pour les panneaux photovoltaïque, les constructeurs se gavent de l’autre côté et empêchent la vulgarisation de ces machines.

Ces députés qui participent à l’omerta

Les vignerons sont prêts, mais pas à être des bêtes de somme. Je veux bien travailler 70 h par semaine pour un Smic alors que les autres sont à 35h et partent le week-end en me faisant coucou depuis leur voiture. Mon père, né en 1955, a vu son père se tuer à la tâche. J’ai failli ne pas faire ce métier car j’ai vu mon père se tuer à la tâche. Les vignerons seront prêt à y aller si leur qualité de vie ne diminue pas.

Est-ce qu’on est prêt à payer le vin plus cher car une année a été plus compliquée et qu’il nous faut de la trésorerie pour tenir ? Pour que je puisse faire du bio, il me faudrait 400000 euros en banque, en protection, en placement, pour assurer mes arrières.

Le plus gênant, ce sont les députés et sénateurs à table avec le gars de Syngenta et qui sont les plus virulents pour virer Madame Lucet de la pièce. Ils participent à l’omerta.

Comment se fait-il que des préparateur de purin et autre produits dit de substitution n’arrivent pas à avoir d’homologation dans des temps corrects pour que nous puissions arrêter le Folpel (un pesticide cancérigène, NDLR) ? Comment se fait-il que l’on favorise aujourd’hui l’agrandissement de propriétés (…) et que nos petites structures souffrent alors que nous, petit agriculteurs,  sommes les plus à même de maintenir haies, petites parcelles et biodiversité ?

Plus de formation à la bio

Pour ne plus impacter l’environnement, on a investi dans une station d’épuration pour mes produits œnologiques, 12000 à 20000 euros pour mettre aux normes les produits phytosanitaires, et 30000 euros pour un pulvérisateur. Avec les aides, j’aurai encore 25000 euros à débourser.

Les aides existent pour les pulvérisateurs mais les prix sont exorbitants, aussi chers que les atomiseurs classiques mais en plus contraignants. Il faudrait au moins 80% d’aide sur ces appareils là. Mais il faut surtout obliger les industries de produits phytosanitaires à nous offrir des produits plus sains car sinon ce sera encore le contribuable qui paiera par le biais des aides !

Toute la formation pour les actuels ou futurs ouvriers n’intègre rien ou presque sur l’agriculture biologique. ça commence par là. Moi, si j’utilise peu de produits biologiques, c’est parce que je ne les connais pas tous et je ne suis pas sûr de savoir bien les utiliser.

Bouc émissaire, on est aussi coupable

Pendant 30 ou 40 ans, on nous a formé pour vinifier et travailler avec nos produits actuels. Pour faire marche arrière, il va falloir 30 ans. Un sol qui ne vit pas, qui n’a pas son écosystème en place – la vigne n’étant pas autosuffisante – perd la moitié de son rendement. Ça doit repartir du sol. Alors petit à petit, on refait des semis, on met de l’engrais vert. C’est un travail avec un objectif sur dix ans. Une reconversion d’une parcelle sur trois ans, je n’y crois pas forcément.

Aujourd’hui, je pense que beaucoup d’entre-nous sont prêts à changer, mais pas contre notre qualité de vie. Nous ne sommes pas prêts à payer à la place de ces grands groupes. Toujours est-il que l’on s’empoisonne et que l’on empoisonne nos voisins et nos enfants et que les vignerons susceptibles de changer ça ne sont pas incités, contrairement aux années 1970 où on les a poussés vers le tout chimique !

On est en première ligne. Boucs émissaires, on est aussi coupables. On fait l’autruche mine de rien. J’ai appelé un ou deux copains pour savoir s’ils ont regardé l’émission mais ils ont préféré ne pas regarder en disant : « On sait qu’on va encore dire que nous sommes les vilains. » Il faut mettre tout le monde autour de la table sans accuser personne sauf le vrai responsable : les producteurs des produits phytosanitaires.

Article de rue89 : les vignerons réagissent cash

Cash Investigation : « 20% des pesticides concentrés sur 3% de la surface agricole »

L’affaire fait grand bruit. Au cours de l’émission « Cash Investigation » diffusée mardi 2 février sur France 2, une carte de France représentant, dans le détail et par département, les ventes de pesticides classés dangereux ou potentiellement dangereux pour l’homme a été dévoilée. Le porte-parole de l’association Générations Futures François Veillerette, qui a conseillé les journalistes auteurs de l’enquête, revient pour « l’Obs » sur ce véritable « travail de titans ».

 

 

carte 1

 

Pourquoi les départements de la Marne, de la Gironde et de la Loire-Atlantique sont-ils les plus touchés par les pesticides ?

– La raison est simple. Elle s’explique par la nature des cultures dominantes de ces territoires. La Gironde possède une importante surface viticole. Il en va de même pour la Marne et plus largement de la Champagne ainsi que la Loire-Atlantique, d’où provient notamment le Muscadet.

En France, les cultures de vignes représentent 20% des pesticides utilisés alors qu’elles n’occupent que 3 % de la surface agricole française. Si les grandes cultures [exploitation des céréales, des plantes oléagineuses ou protéagineuses, NDLR] utilisent 70% des pesticides répandus sur le territoire national, elles sont beaucoup plus nombreuses et surtout beaucoup plus grandes. La densité de pesticides relevée y est donc moins importante que sur les exploitations de vignobles. Il faut bien avoir à l’esprit que les deux secteurs « demandeurs » de pesticides sont la viticulture et les grandes cultures. Enfin, il ne faut pas non plus sous-estimer l’arboriculture fruitière.

La France semble coupée en deux. Pourquoi y a-t-il moins de phytosanitaires dans l’est du pays ?

– Les régions claires recensées sur cette carte n’utilisent pas beaucoup de pesticides car elles ont peu de cultures favorisant le recours à ces produits. L’exemple le plus simple est celui du sud de la France. Cette région se concentre majoritairement sur l’élevage et bénéficie de nombreuses forêts. Mécaniquement ces territoires ont moins de place pour des exploitations de grandes cultures. L’existence de reliefs montagneux comme les Alpes explique également en partie que l’est de la France soit moins foncé. Enfin, statistiquement, l’élevage fait baisser de manière générale l’utilisation de pesticides dans une région.

Pour quelles raisons l’ouest de la France fait-il partie des zones les plus consommatrices en pesticides ?

– Ces régions profitent d’un climat océanique. Elles sont donc plus humides. Ce critère joue peut-être un rôle important dans l’utilisation de certains pesticides. Avec davantage d’humidité, il y a automatiquement un développement plus important d’indésirables comme les champignons, les limaces ou les pucerons. L’ouest abrite également un relief de plaine idéal pour les grandes cultures. Par conséquent, les pesticides sont plus utilisés. La Somme répond par exemple à ces critères.

Quelles filières agricoles sont les plus gourmandes en pesticides ?

– Les chiffres peuvent varier selon les produits cultivés. Selon le ministère de l’Agriculture, la pomme peut subir en moyenne 36 traitements de pesticides en un an. Dans le Limousin, la culture des pommes Golden, plus sensible aux maladies, peut faire l’objet de 40 traitements sur la même période. Plus basse mais toute de même considérée comme importante, la consommation de pesticides pour les betteraves et les pommes de terre est en moyenne de 16 à 18 applications de produits chimiques en France.

Le blé nécessite quant à lui peu de pesticides. Entre 5 et 6 traitements sont nécessaires, soit plus de trois fois moins que les variétés précédemment citées. Le nombre d’épandages de ces insecticides et autres fongicides dépend beaucoup des régions. Ainsi, on traite artificiellement plus souvent une pomme sensible à l’humidité en Normandie qu’en Ardèche où le climat est plus sec.

Quelles sont les solutions permettant de limiter l’utilisation des pesticides ?

– Le bon choix des variétés cultivées par les agriculteurs serait une bonne piste. Il est nécessaire de faire plus attention aux saisons et de ne plus produire certains produits toute l’année. La répartition des cultures doit également être moins serrée. En agissant ainsi, on réduit la prolifération des maladies et de facto l’utilisation de pesticides.

De nouvelles techniques agronomiques sont également mises en place qui permettent de produire avec un rendement profitable. Ce dernier serait légèrement inférieur, mais les agriculteurs gagneraient plus grâce à la diminution de leurs frais en phytosanitaires.

Enfin, il faut entretenir les abords des champs. Ne pas raser les haies et forêts afin de perpétuer la faune et la flore nécessaires à une production plus naturelle. L’espace cultivé ne doit pas être entouré d’un désert végétal et animal.

Propos recueillis le 3 février 2016 par Edouard Lamord pour le Nouvel Observateur

Article de Sud ouest

la gironde très exposée

Pesticides, une enquête de cash investigation sur France 2, elle fait vraiment peur

Ce soir j’ai regardé avec beaucoup d’attention une émission sur France 2 : cash investigation, elle abordait un sujet qui nous concerne tous : les pesticides.

L’émission peut être regardée en replay si vous ne l’avez vue, elle va loin dans ses investigation et ce que l’on apprend fait froid dans le dos.

 

Les équipes de « Cash Investigation » et de francetv info ont dressé la carte de France des départements qui utilisent le plus de pesticides dangereux.

Chaque année, près de 100 000 tonnes de pesticides classés dangereux ou potentiellement dangereux sont utilisés en France. Les équipes de « Cash Investigation » et de francetv info ont analysé le détail des ventes de ces pesticides qui mettent en danger la santé de nos enfants.

Les données avec lesquelles nous avons travaillé proviennent du ministère de l’Écologie. Le ministère de l’Agriculture exerce également un droit de regard sur leur publication. Elles sont confidentielles et couvrent une période qui s’étend de 2008 à 2013 (et de 2009 à 2013 pour l’outre-mer).

Plusieurs milliers de pesticides différents ont été vendus sur le marché français pendant cette période. Si certains ne présentent pas de risques, d’autres contiennent des substances actives qui ont d’ores et déjà été identifiées comme présentant un risque probable ou avéré pour l’être humain. Certaines ont même été interdites au cours de la période observée, mais la plupart d’entre elles sont encore autorisées.

La Gironde, la Marne et la Loire-Atlantique en tête

Nous avons identifié 71 substances qui sont jugées dangereuses ou potentiellement dangereuses par des organismes américain (Environmental Protection Agency) et européen (base de données gérée par la Commission européenne) ou le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’OMS.

Puis nous avons dessiné la carte des départements qui consomment ces substances en plus grandes quantités : les départements de la Gironde, de la Marne et de la Loire-Atlantique arrivent largement en tête de notre classement, avec des ventes de pesticides dangereux trois fois et demie supérieures à la moyenne de l’ensemble des départements français.

voici le lien vers le site de l’émission, Cliquez sur chaque département pour connaître le détail des cinq pesticides dangereux les plus vendus près de chez vous, leur mode d’utilisation et les risques qu’ils comportent. 

Cash investigation, la carte des pesticides en France

Cash investigation la carte des pesticides en France

Article de Sud Ouest sur l’émission

Trop de pesticides en Gironde article Sud Ouest