Santé : la Norvège reconnait la nocivité de son saumon !

La télévision avait filmé des saumons d’élevage en NOrvège, ils nageaient dans leurs déjections et les aliments non consommés dégradés, lisez ceci et ensuite vous acheterez ce que vous voulez…. mais vous saurez !

Femmes enceintes et jeunes, ne mangez pas de saumon plus de deux fois par semaine. Telle est la nouvelle recommandation du gouvernement norvégien, forcé de reconnaître – tardivement – que ce poisson gras est aussi bourré de produits toxiques.

Le gouvernement aimerait surtout que la nouvelle ne traverse pas la frontière. Pensez : la Norvège a été en 2012 à l’origine de 60% de la production mondiale de saumon atlantique, le pays a produit près d’1,2 million de tonne de ce poisson. Et les 29 milliards de dollars annuels générés par les exportations de ce secteur-clé de l’économie pourraient s’en trouver affectés.France

Un Français consomme environ 2,3 kilos de saumon norvégien en moyenne par an. La France a importé, en 2012, quelque 161 175 tonnes de saumon norvégien, soit environ 15% de la production du pays nordique. C’est le premier marché d’export, devant la Russie.

En 2011, Rue89 vous avait alerté sur ce sujet, et trouvé étonnant que le ministère de la Santé recommande de manger du poisson gras deux à trois fois par semaine au nom de ses nombreuses vertus supposées pour la santé (ils sont bons pour le cœur, la circulation et la lutte contre certaines maladies inflammatoires, voire contre certains cancers).

Est-il bien raisonnable de manger autant de poissons nourris aux farines animales, aux antibiotiques et même aux pesticides ? La pharmacologue Claudette Béthune, qui a travaillé pour l’organisme norvégien de sécurité alimentaire (le Nifes), avait clairement tranché :

« La présence de polluants tels que les dioxines et le PCB dans le saumon génère un risque de cancer, qui, pour les personnes jeunes, dépasse les bénéfices attendus du saumon sur la santé. »

Des polluants organiques persistants dans le saumon

Ce n’est qu’à la suite d’une grosse pression médiatique que les autorités sanitaires ont fini par reconnaître qu’elles avaient trop poussé à la consommation. L’alerte lancée par le journal VG est très claire :

« Les médecins appellent à ne pas manger de saumon d’élevage. »

Le journal fait parler une équipe indépendante du laboratoire de biochimie de Bergen, qui estime que ce poisson est tout simplement dangereux pour les jeunes enfants, adolescents et femmes enceintes en raison des polluants organiques persistants qu’il contient.

En vertu du principe de précaution, ces groupes de populations ne devraient pas en consommer.

Le Dr Anne-Lise Bjorke Monsen, membre de ce labo, précise :

« Les polluants retrouvés dans le saumon d’élevage ont une mauvaise influence sur le développement du cerveau, et sont associé à l’autisme, à l’hyperactivité et à la baisse de QI. On sait aussi qu’ils peuvent avoir un effet négatif sur les défenses immunitaires, le système hormonal et le métabolisme. Ils se transmettent aussi par allaitement. Si l’on a besoin d’oméga-3 provenant du poisson, le maquereau et le hareng sont très bien. »

De surcroît, le toxicologue Jérôme Ruzzin avait établi un lien, chez les souris entre une nourriture exclusive au saumon d’élevage pendant huit semaines et le développement de l’obésité et du diabète de type 2.

Des avis pas écoutés

La recommandation« Il est recommandé que les jeunes femmes et les femmes enceintes consomment deux à trois repas à base de poisson par semaine, dont la moitié de poissons gras. Nous précisons que la consommation de poissons gras, tels le saumon, la truite, le maquereau, le hareng, devrait rester inférieure à deux repas par semaine », dit le gouvernement norvégien.

Face à ces révélations en série, les autorités ont été obligées de revoir leur discours en urgence. Quatre jours après les articles de VG, largement relayés par le reste de la presse, le ministre de la Santé a ordonné que soient revus les conseils de santé concernant le saumon d’élevage.

Il était temps. La Russie avait stoppé toute importation de saumon norvégien en 2006 et des chercheurs américains avaient déjà prévenu qu’il ne fallait pas manger de saumon norvégien d’élevage plus de trois fois par an.

En Norvège, déplore le journal Dagbladet, le Comité scientifique pour la sécurité alimentaire avait recommandé en 2006 de ne pas dépasser plus de deux repas par semaine contenant du poisson gras. Mais l’agence norvégienne de la Santé n’avait jamais suivi ces recommandations.

Les Norvégiens auraient pu éviter d’être abreuvés pendant toutes ces années d’un message erroné diffusé à tous : « Il faut manger au moins deux repas par semaine contenant du poisson gras ».

Et les exportations ?

Si ces nouvelles pouvaient ne pas traverser les frontières, cela ferait les affaires des autorités. L’organisme de promotion des produits de la mer de Norvège n’a toujours pas communiqué sur le changement de recommandation.

Dans un article intitulé « Vendeur de saumon norvégien comme si rien ne s’était passé », Dagbladet révèle que le Centre des produits de la mer de Norvège, et la ministre de la Pêche ne comptaient pas informer les consommateurs à l’étranger. « Ce sont les recommandations de chaque pays qui comptent », précise Christian Chramer, directeur de la communication de cet organisme.

Le site français des Produits de la mer de Norvège vient d’intégrer la nouvelle recommandation de consommation. Mais, jointe par Rue89, la directrice du Centre des produits de la mer de Norvège en France minimise totalement le changement de recommandation :

« La recommandation précédente est in fine la même qu’aujourd’hui, la version actualisée est seulement plus précise sur les jeunes femmes et les femmes enceintes. La Direction norvégienne de la santé précise dans la même publication que le challenge le plus important reste le fait que la population, y compris les jeunes femmes et les femmes enceintes, ne consomme pas assez de poisson. Il est aussi clairement expliqué que pour les femmes enceintes, la vitamine D, la vitamine B12, les oméga-3, l’iode et le sélénium contenus dans les poissons gras sont particulièrement bénéfiques. »

L’industrie du saumon et les pouvoirs publics ont décidément du mal à se remettre en question et feront tout pour protéger leur business aussi longtemps que possible.

L’Obs avec Rue 89

Plouf : Norvège : une ministre se jette à l’eau pour faire « comme les migrants »

Sylvi Listhaug milite contre l’immigration. Mais elle a à coeur de montrer qu’elle veut comprendre le drame des migrants. Une initiative qui a fait plouf…

La ministre de l’Immigration norvégienne, Sylvi Listhaug, défraie une nouvelle fois la chronique dans son pays. La membre du Parti du progrès, un parti anti-immigration, s’est jetée à l’eau mardi au large de l’île grecque de Lesbos pour « se mettre dans la condition des migrants » qui tentent d’échapper à la guerre en ralliant l’Europe, bien souvent par la mer. « Vous ne pouvez pas vous mettre dans la même situation que les réfugiés, mais vous pouvez la voir depuis leur point de vue, ce que c’est d’être ainsi dans l’eau », s’est justifiée Sylvi Listhaug auprès de l’agence de presse norvégienne NTB Scanpix. À un détail près : si la ministre était équipée d’une combinaison de survie (qui empêche la noyade), les réfugiés, eux, ne le sont pas, ce qu’elle a d’ailleurs reconnu.

La ministre était accompagnée de sauveteurs norvégiens qui viennent en aide aux réfugiés tentant depuis des mois de rallier l’Europe par la mer Méditerranée. « J’ai parlé avec l’équipage, qui m’a raconté d’horribles histoires. Ce sont des héros qui ont sauvé plus de 3 000 personnes. Quand on m’a proposé de voir comment ils faisaient, j’ai bien sûr dit oui », a déclaré Sylvi Listhaug à la chaîne TV 2. Pour démontrer quoi ? Le mystère demeure. En novembre, la ministre avait déclaré vouloir « réagir à la tyrannie de la bonté qui traverse la société norvégienne comme un cauchemar ». En janvier, la ministre de l’Immigration avait pris la décision de renvoyer des migrants de la Norvège vers la Russie alors que la température y avoisinait les – 30 °C. « Quand des personnes n’ayant pas le droit de séjour en Norvège sont renvoyées vers d’autres pays, cela implique dans la plupart des cas qu’elles repartent vers des conditions moins bonnes qu’en Norvège, tout simplement parce que la Norvège est un des pays où il fait le mieux vivre, avait-elle affirmé. Cela ne veut néanmoins pas dire qu’on ne peut ni ne doit effectuer de tels retours. »

Norwegian Migration and Integration Minister Sylvi Listhaug in T © Kerem Kocalar AFP
La ministre norvégienne de l’immigration est issue du parti du Progrès, très à droite sur l’échiquier politique. © Kerem Kocalar AFP

A-t-elle testé le plongeon dans les eaux frisquettes de la Méditerranée pour parvenir à la même conclusion ?

Une démarche qui choque

Quoi qu’il en soit, l’initiative de l’intrépide ministre a rapidement été commentée, notamment par la classe politique de son pays. La socialiste Karin Andersen lui a suggéré une autre expérience : ouvrir sa fenêtre pour se rendre compte de la situation des sans-abri. Des twittos se sont moqués de Sylvi Listhaug en réalisant des montages, repérés par Paris Match. Sur l’un d’entre eux, on peut la voir flotter dans un verre d’eau.

ministre dans verre

La Méditerranée, un cimetière à ciel ouvert

L’étrange initiative de Sylvi Listhaug intervient alors que, le 16 avril, près de 500 personnes ont perdu la vie dans le naufrage d’une embarcation au large des côtes libyennes. Les réfugiés seraient originaires de Somalie, du Soudan et d’Éthiopie. Ce nouveau drame porte à plus de 1 250 le nombre de morts ou de disparus depuis le début de l’année en Méditerranée, d’après le Haut Commissariat de l’ONU. Le 18 avril 2015 déjà, un bateau transportant plus de 700 réfugiés avait chaviré au large de l’île italienne de Lampedusa. Il s’agit encore aujourd’hui de la pire catastrophe de ces dernières années en Méditerranée.