Brexit : Croissants, fromage, baguette: La France, star des slogans anti-Brexit

Des milliers de Britanniques ont défilé à Londres pour manifester leur opposition à la sortie du Royaume-Uni de l’UE…

« Fromage not Farage ! » ou « Baguette, not regret ». Voilà ce qu’on pouvait lire, entre autres slogans, ce samedi après-midi sur les pancartes des milliers de Britanniques rassemblés à Londres pour protester contre le Brexit. Neuf jours après le résultat du référendum actant la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, les partisans du maintien du pays dans l’UE ont défilé, avec humour dans les rues de la capitale.

Terminées les traditionnelles rivalités avec l’Hexagone, les Anglais ont dégainé croissants et baguettes pour crier leur amour de l’Europe. Une bouffée d’amitié tempérée par le compte parodique de la police londonienne sur Twitter qui a précisé : « Nous tenons à rappeler aux citoyens londoniens qu’un usage agressif de la baguette est un délit criminel. #marchforeurope ».

manifestation anti brexit 2.jpg

De l’humour, les pro-Brexit n’en ont pas manqué non plus. Si la « Marche pour l’Europe » a rassemblé des milliers de personnes, l’initiative a été raillée, certains observateurs jugeant qu’il était trop tard pour contester le vote et qu’il fallait respecter le choix du peuple Britannique. Contrairement aux sondages et aux prédictions des marchés financiers, la sortie du Royaume-Uni a été votée à 51,9 %, les résultats faisant toutefois émerger de fortes disparités sociales et territoriales.

Malgré le ton volontairement léger des manifestants, l’ambiance depuis une semaine est délétère outre-Manche et les interrogations persistent. Après l’annonce de la démission de David Cameron, les deux principaux prétendants à sa succession, les ministres Theresa May (Intérieur) et Michael Gove (Justice), ont annoncé qu’ils ne déclencheraient pas la procédure du Brexit avant fin 2016, voire en 2017, suscitant l’agacement du président français François Hollande vendredi. Le nom du successeur de Cameron doit être annoncé le 9 septembre.

manifestation anti brexit

Ecologie : Roundup : les députés favorables à son renouvellement

Toutefois, face aux inquiétudes quant à son caractère cancérogène, les députés européens veulent limiter la durée de renouvellement de 7 ans au lieu des 15 prévus.

Les députés européens ont demandé mercredi 13 avril 2016 à la Commission de ne renouveler l’autorisation du glyphosate, une substance utilisée dans les pesticides comme le Roundup, que pour 7 ans au lieu des 15 prévus, en raison des inquiétudes quant à son caractère cancérogène. Les eurodéputés ont adopté une résolution, sans valeur juridique, demandant à la Commission européenne de renouveler cette autorisation de commercialisation du glyphosate seulement « pour une période de sept ans », alors que cette autorisation va expirer au mois de juin.

Utilisé depuis les années 1970

La résolution rappelle en outre la possibilité de« retirer l’approbation d’une substance active pendant la période durant laquelle elle est autorisée si elle ne remplit plus les critères d’approbation ». Le texte initial de la résolution demandait à la Commission de ne pas renouveler du tout l’approbation du glyphosate, mais les députés ont adopté un amendement présenté par le Parti populaire européen (PPE, droite) proposant une autorisation pour 7 ans, qui représente un compromis avec la position de la Commission.

Utilisée depuis les années 1970, cette substance active est notamment présente dans le Roundup du groupe Monsanto, pesticide le plus utilisé dans le monde. Le texte de la résolution pointe que « son utilisation sur la planète a augmenté d’une manière spectaculaire, puisqu’elle a été multipliée par un facteur de 260 au cours des 40 dernières années », malgré des inquiétudes quant à son risque cancérogène et à ses effets perturbateurs sur le système endocrinien. Favorable à un renouvellement pour 15 ans de son autorisation, la Commission appuie son choix sur l’avis donné en novembre par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui a jugé « improbable » le risque cancérogène du glyphosate. Une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a à l’inverse déclaré la substance cancérogène « probable ».

Une décision attendue le 19 mai

Le 8 mars, un comité d’experts représentant les Etats membres devait se prononcer sur le renouvellement de l’autorisation du glyphosate mais le vote n’a finalement pas eu lieu, alors que plusieurs pays européens avaient annoncé leur intention de voter « non ». Le comité doit à nouveau se réunir les 18 et 19 mai. Pour l’eurodéputée libérale belge Frédérique Ries, l’un des rapporteurs de la résolution initiale, il s’agissait surtout d’« envoyer un signal fort » à la Commission. « On sait bien que le glyphosate ne sera pas interdit dans l’UE dès le mois de juillet et qu’on ne va pas transformer tout un modèle agricole en quelques mois », a-t-elle souligné.

L’eurodéputée française du PPE Angélique Delahaye, à l’origine de l’amendement demandant une autorisation de 7 ans, souligne pour sa part qu’« il y a une attente des citoyens mais à ce jour, il n’y a pas d’alternative économiquement viable et garantissant la santé humaine à proposer aux agriculteurs en terme de désherbage ».

Roundup: quels sont les autres produits dangereux que veut autoriser l’Europe?

Pétition contre Monsanto et le Round Up

 

 

Monsanto sommé de dévoiler ses études toxicologiques sur le Roundup

Le commissaire européen à la santé et la sécurité alimentaire a envoyé une lettre au géant américain Monsanto pour lui demander de rendre publique ses études sur le glyphosate, le principe actif de son best-seller le Roundup. Poursuivre la lecture de « Monsanto sommé de dévoiler ses études toxicologiques sur le Roundup »

Explosions à Bruxelles : attentats suicides à l’aéroport

La Belgique est en état d’alerte maximale, mardi 22 mars, après que des explosions sont survenues à l’aéroport et dans une station de métro de Bruxelles, faisant au moins 13 morts et 35 blessés. Que sait-on de la situation sur place ?

  • Une double explosion à l’aéroport

Deux explosions ont secoué l’aéroport Zaventem de Bruxelles vers 8 heures dans le hall des départs. Les façades ont été brisées et les plafonds éventrés. L’origine des explosions demeure pour l’instant inconnue. Au moins 13 personnes ont été tuées et 35 blessés, selon un premier bilan du parquet fédéral communiqué à la chaîne publique RTBF.

  • Une explosion dans le métro

Une explosion est survenue peu après 9 heures dans la station de métro Maelbeek, non loin des institutions européennes, dans l’est de Bruxelles. Aucun bilan n’a pour l’instant été établi.

  • La ville bouclée

L’aéroport a été évacué et fermé et n’est plus desservi ni par les trains ni par les bus. L’ensemble du réseau de métro a été fermé. Le Parlement européen, qui se situe à cinq minutes de la station de métro Maelbeek, est passé en alerte jaune renforcée. Le centre de crise belge appelle chacun « à rester où il est », que ce soit à l’école, sur son lieu de travail ou à son domicile.

  • Alerte renforcée

Le niveau d’alerte antiterroriste est repassé au niveau 4, son niveau maximal, pour l’ensemble de la Belgique. Il était jusque-là au niveau 3. Le plan catastrophe a été déclenché à l’aéroport.

En dehors de la Belgique, des mesures de sécurité renforcées ont été mises en place à l’aéroport de Francfort, l’un des plus grands d’Europe, et dans les aéroports néerlandais. En France, François Hollande recevra à 10 heures, à l’Elysée, le premier ministre Manuel Valls, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve et le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian pour faire le point sur le dispositif de sécurisation des aéroports.

Ces explosions interviennent quatre jours après l’arrestation à Molenbeek, une commune de l’agglomération bruxelloise, de Salah Abdeslam, suspect-clé du commando des attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis.

Le Monde

Suivre le direct de cette actualité :

Le direct sur les explosions de Bruxelle le Monde.fr

Roundup: quels sont les autres produits dangereux que veut autoriser l’Europe?

Glyphosate, perturbateurs endocriniens, OGM: ce sont les « most wanted », les plus dangereux produits qui pourraient être autorisés par les autorités européennes… ou qui le sont déjà.

Glyphosate: stop ou encore?

Ces lundi et mardi, un comité d’experts de la Commission européenne et des 28 États-membres se penche sur une question controversée: faut-il ou non renouveler pour 15 ans l’autorisation de commercialisation du glyphosate en Europe?

Cette substance est notamment à la base du désherbant Roundup de Monsanto. Elle présente des risques pour la santé.

Homologué en 2002 au niveau européen à l’unanimité des États-membres, le glyphosate a depuis été classé par l’OMS comme « probablement cancérigène pour l’homme » en mars 2015.

Plusieurs pays européens comme le Danemark, les Pays-Bas et la Suède ont décidé de l’interdire ou d’en limiter l’utilisation à cause de ses effets possibles, allant de malformations chez les nouveaux-nés à l’autisme en passant par des problème rénaux, la maladie cœliaque ou la colite.

Plusieurs États-membres ont déjà annoncé qu’ils ne soutiendraient pas la prolongation d’autorisation, c’est le cas de la France, des Pays-Bas et de la Suède. Rien n’est donc joué.

La Belgique, elle, est en faveur d’une prolongation d’autorisation du glyphosate. La Commission européenne aussi: l’exécutif européen se base, comme la Belgique, sur l’avis positif rendu en novembre dernier par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), jugeant « improbable » le risque cancérigène pour l’homme de ce pesticide, ou encore qu’il soitsusceptible d’affecter l’ADN.

Manque de transparence

Greenpeace remet en question l’indépendance scientifique de l’EFSA notamment pour avoir basé son rapport sur des études non-publiées car protégées par le « secret d’affaires », ce qui va à l’encontre des principes de l’évaluation scientifique. Manque de transparence donc pour certains eurodéputés critiques par rapport à cet avis de l’EFSA.

L’association française Générations Futures pointe en outre le lobbying intense déployé par Monsanto sur ce dossier. La multinationale ne fait pas que vendre du désherbant mais aussi les semences transgéniques qui y résistent. Elle renvoie aussi à cet article intitulé « Secrets et controverses » du Corporate Europe Observatory qui met en lumière le manque de transparence du processus de réévaluation du glyphosate par la Commission.

Plusieurs associations, dont Inter-Environnement Wallonie et Nature et Progrès, s’inquiètent aussi de cette proposition de renouvellement. Une plainte a d’ailleurs été déposée par six ONG environnementales issues de cinq pays (Global 2000, PAN Europe, PAN UK, Générations Futures, Nature et Progrès Belgique et wemove.fr) contre Monsanto, l’institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR) et l’EFSA. Des pétitions circulent.

Perturbateurs endocriniens: des poisons inclassables?

Outre le glyphosate, d’autres produits dangereux pour la santé et l’environnement posent problème. Il y a d’abord les perturbateurs endocriniens comme les phtalates (composants chimiques du plastique), les produits ignifuges à base de brome (présents dans les textiles ménagers et les meubles) et les métaux tels que le plomb et le mercure. Il y a aussi les allergènes, les parabènes, et autres composés toxiques présents dans les lingettes, les déodorants, les dentifrices, les crèmes pour le visage ou soins pour les cheveux, mais aussi dans les jouets, les bottes en caoutchouc, les rideaux de douche, les fruits et légumes ou les céréales.

Une liste dressée par l’association française UFC-Que choisir recense ainsi 185 produits contenant des « substances préoccupantes ».

La methylisothiazolinone (MIT) est un allergène majeur, irritant, ajouté à des produits non rincés qui restent en contact prolongé avec la peau. Il existe une centaine de perturbateurs endocriniens, dont 44 sous la forme d’ethylhexyl-methoxycinnamate, un filtre UV perturbant le fonctionnement œstrogénique et thyroïdien. Parmi les effets de ces molécules: ménopause et puberté précoces, hyperactivité, malformations et infertilité.

On connaît le bisphénol A, interdit des biberons européens en 2011 mais il y en a d’autres.

L’Europe à la traine

Que fait l’Union européenne à ce sujet? La Commission européenne est critiquée pour son inaction et sa faiblesse par rapport aux lobbies.

Il n’existe pour l’instant aucune définition officielle des perturbateurs endocriniens. Une nomenclature était prévue pour décembre 2013, l’objectif avait été fixé en 1999. Mais aujourd’hui toujours pas de définition. Et c’est là le nœud du problème: sans définition comment interdire ou autoriser un produit ?

L’Union européenne a pris beaucoup de retard – des années – sur son calendrier. Ici aussi, il est question de lobbying industriel, si l’on en croit les mails révélés par une ONG à la presse l’an dernier. La Suède, excédée d’attendre, a même attaqué la Commission européenne devant la Cour européenne de justice en juillet 2014.

Les retards ne concernent pas que la définition des perturbateurs endocriniens: la Commission a aussi trainé sur l’inclusion ou non des boissons alcoolisées dans les règles d’étiquetage alimentaire, ou l’indication d’origine de la viande, la législation sur les acides gras trans, etc.

L’actuel commissaire à la Santé Vytenis Andriukaitis a promis le 3 mars dernier lors d’une visite à Paris de bientôt avancer sur ce dossier. « J’ai confirmé à la ministre Ségolène Royal que la Commission avait l’intention de présenter d’ici l’été une liste de critères définissant les perturbateurs endocriniens basée sur celle de l’Organisation mondiale de la santé« , a précisé le commissaire lors d’un point presse avec la ministre française qui attend des résultats « avant l’été » si l’on en croit ses échanges avec le Commissaire européen.

Mais cette nomenclature ne résoudra pas tout le problème: les perturbateurs agissent aussi en cocktail, et limiter leur teneur dans un seul produit n’empêchera pas la combinaison de plusieurs perturbateurs, dont les effets sont inconnus surtout sur le long terme.

Une vingtaine d’OGM autorisés

Sur les produits transgéniques, la Commission européenne a avancé, mais pas nécessairement dans la bonne direction.

L’an dernier, elle a ainsi autorisé l’utilisation de 19 produit génétiquement modifiés, dont 11 de Monsanto en plus des 4 déjà autorisés.

Une clause permet aux États le souhaitant d’interdire ces produits sur leur sol; c’est le cas de la France, mais après négociations avec les semenciers sous l’égide de la Commission.

Un ponte britannique viré pour cause de « Brexitphilie »

Brexitphilie : être en faveur de la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne.

Le directeur général de la puissante Chambre de commerce britannique aurait été suspendu de ses fonctions pour avoir exprimé sa position personnelle en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Indice de la tension des milieux d’affaires britanniques face à la perspective d’une sortie du Royaume-uni de l’union européenne, le directeur général de la Chambre de commerce britannique (BCC) a été suspendu de ses fonctions après ses récents propos en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Une sanction révélée ce samedi par  le Financial Times, mais qui n’a pas été confirmée par la BCC.

Selon quotidien économique, John Longworth, patron de la BCC depuis 2011, a été suspendu pour avoir violé la position officielle de l’institution qui se veut neutre dans ce débat, à l’approche du référendum du 23 juin.

Or John Longworth a manifesté sa préférence « personnelle » pour un Brexit jeudi lors de la visite du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, venu s’exprimer devant un parterre d’hommes d’affaires réuni par la BCC.

Lors d’un discours prononcé à cette occasion, John Longworth a comparé le choix du référendum à un dilemme entre « le diable » du maintien dans une UE jugée irréformable et « l’océan insondable » des incertitudes qu’entraînerait un Brexit.

En porte-à-faux avec la majorité des entreprises

Il a ensuite enfoncé le clou au micro de la chaîne Sky News en déclarant: « mon analyse personnelle de la situation c’est que, avec les réformes qu’on a obtenues jusque-là, le Royaume-Uni serait mieux loti s’il décidait de quitter l’Union européenne. »

Le patron de la BCC s’est ainsi placé en porte-à-faux avec la majorité des entreprises pour lesquelles un Brexit représente un saut dans l’inconnu, face aux énormes avantages de la libre-circulation des biens et de la main-d’oeuvre du continent jusqu’aux îles du Royaume-Uni.

Selon un sondage conduit en septembre dernier, 60% des 2000 membres de la BCC sont en faveur d’un maintien dans l’UE, 30% pour une sortie et 10% sont indécis.

Ses commentaires ont aussitôt fait l’objet, vendredi, d’un sec communiqué de presse de la BCC, rappelant les règles du jeu que l’institution tente de respecter: « La Chambre de commerce britannique (BCC) ne fera pas campagne pour l’un ou l’autre camp du référendum sur l’Union européenne ». Et de préciser qu’elle se contentera d’analyser les points de vue des entreprises membres et d’alimenter le débat. 

(Avec AFP)

Finlande, Pays-Bas, Suisse… Le revenu universel va-t-il conquérir l’Europe ?

Ce qu’il en est ailleurs

Officiellement attribué aux citoyens finlandais dès 2017, le revenu de base est actuellement en cours de discussion dans différents pays. « We Demain » fait le point sur les dernières avancées de cette solution possible à la crise de nos modèles économiques et sociaux.


Image d'illustration (Crédit : TaxRebate.org.uk/FlickR)

Image d’illustration (Crédit : TaxRebate.org.uk/FlickR)
C’est officiel : la Finlande sera le premier pays européen à distribuer un revenu universel à l’ensemble de ses habitants. Une allocation mensuelle qui sera versée par les pouvoirs publics dès 2017 à tout résidant du pays, de manière inconditionnelle, quels que soient son âge et son revenu.

La démarche d’Helsinki n’est pas une première. Ailleurs dans le monde, certains pays ont déjà expérimenté plusieurs types de revenus de base : la Namibie,l’Alaska, et plus récemment l’Inde et le Brésil.

Le premier à l’avoir mis en place sur l’intégralité de son territoire, c’est l’Alaska. Les premiers essais du 49e État des États-Unis remontent à 1976, avec la création de « l’Alaska Permanent Fund « , un fonds souverain financé grâce aux revenus issus du pétrole. En 2014, chaque habitant de l’État nord-américain a ainsi perçu 1 884 dollars par an, soit environ 1 700 euros.

À terme, quels sont les objectifs d’un tel revenu inconditionnel, théorisé par grand nombre d’auteurs et économistes depuis Thomas More dans L’Utopie et initié par le militant britannique Thomas Paine au XVIIe siècle ? Rien de moins qu’éradiquer la pauvreté, réduire les inégalités, les injustices sociales et émanciper l’individu.

Plus concrètement, le revenu de base pourrait contribuer à remédier à la crise que traversent nos modèles économiques et sociaux. Il permettait aux salariés d’accepter des postes peu rémunérateurs, en renonçant au passage à toutes prestations sociales. Ce qui, selon ses défenseurs, contribuerait à faire baisser le chômage.

Depuis plusieurs années (lire We Demain numéro 5), l’idée fait son chemin au sein des exécutifs européens. We Demain fait le point sur ses dernières avancées en Finlande, aux Pays-Bas et en Suisse.


En Finlande, 550 euros par mois pour commencer, 800 euros ensuite

Le lancement du revenu universel finlandais est prévu début 2017. Mais le gouvernement a décidé de l’expérimenter avant cela sur un groupe limité de citoyens. Dès janvier 2016, ces derniers vont percevoir 550 euros par mois. La proposition finale sera présentée par le gouvernement en novembre 2016, après avoir analysé les résultats de l’étude et envisagé les réformes de la fiscalité et de la protection sociale à mettre en place.

À terme, l’objectif est de remplacer l’ensemble des allocations versées par l’État par un revenu de base de 800 euros. Défendue par un gouvernement de centre droit, la mise en place de cette mesure serait une première en Europe, dans un pays miné par un taux de chômage de 10 % de la population active et quatre années de récession. « La situation de la Finlande est si grave que nous avons besoin [de courage pour] expérimenter des solutions nouvelles », expliquait en 2014 le premier ministre finlandais, Juha Sipilä.


À Utrecht, 900 euros par mois pour un adulte seul et 1 300 euros pour un foyer

Aux Pays-Bas, une trentaine de municipalités vont mener, dès janvier 2016, des projets pilotes sur le revenu minimum. Tilburg, Wageningen et Groningen sont les villes les plus avancées. Mais c’est Utrecht qui joue le rôle d’éclaireur. Dans cette ville de 300 000 habitants, la quatrième du pays, 300 citoyens participeront à l’expérience.

Comment ? Avec six groupes d’au moins 50 personnes, toutes bénéficiaires du chômage ou des minima sociaux. L’un de ces groupes demeure sous le régime de sécurité sociale actuel et sert comme groupe de comparaison. Sur les cinq autres, un seul recevra un revenu de base, inconditionnel et fixe estimé à 900 euros par mois pour un adulte seul et 1 300 euros pour un foyer. Les trois autres groupes vont expérimenter des règles différentes, non définies à ce jour, tandis qu’un dernier permettra d’étudier le droit en vigueur sur la protection sociale.

« Les gens disent que les bénéficiaires ne vont pas chercher à retrouver un job, nous allons le vérifier », a expliqué la chargée de ce projet, Nienke Horst, au site américain Quartz. Selon elle, ils seront au contraire plus « heureux » et « finiront quand même par trouver un travail ».


En Suisse, 2 300 euros par adulte et 600 euros par enfant, chaque mois

Dans le pays le plus heureux du monde, les citoyens ont créé un comité « d’initiative populaire fédérale pour un revenu de base inconditionnel ». Ses principaux protagonistes, Oswald Sigg, Götz Werner, Daniel Straub et Christian Müller revendiquent depuis avril 2012 l’instauration d’un tel revenu. Selon eux, les Suisses goûteraient à une « existence [plus] digne » tout en disposant de plus de possibilités pour « [participer] à la vie publique ».

Chaque adulte obtiendrait 2 500 Francs suisses (environ 2 300 euros) par mois, chaque enfant 650 (602 euros). Une allocation qui remplacerait, ici aussi, les aides sociales existantes actuellement, dans un pays où 7 % à 8 % des citoyens vivent sous le seuil de pauvreté. Le projet a récolté 125 000 signatures.

Fin septembre, le Conseil national, la chambre basse de l’Assemblée fédérale suisse, a voté une recommandation contre l’initiative populaire pour un revenu de base inconditionnel. Ses principaux arguments ? Elle ne serait pas finançable et favoriserait, justement, le chômage. Des arguments contre lesquels s’élèvent 49 % des Suisses, selon un récent sondage. Ils se prononceront début 2016 lors d’un référendum.


En France, une étude de faisabilité en cours en Aquitaine

En France, différents collectifs soutiennent l’idée du revenu de base, rassemblés au sein du Mouvement Français pour un Revenu de Base . Mais à ce jour, l’idée n’a pas retenu l’attention du gouvernement, même si certains de ses anciens membres sont pour son instauration, selon différentes modalités. Parmi eux, on compte l’ex-ministre et député PS Arnaud Montebourg, l’ancien ministre des Affaires étrangères et de l’intérieur Dominique de Villepin (UMP), l’ex-présidente du PCD Christine Boutin. Du côté des Verts, des personnalités comme José Bové, Eva Joly, Yves Cochet ou Daniel Cohn-Bendit défendent également l’idée.

Pour l’heure, seul Europe Écologie les Verts a inscrit le « revenu inconditionnel » dans son programme national. Ce dernier entend modifier les règles d’attribution du RSA. En juillet 2015, il est parvenu à faire voter une motion permettant le financement d’une étude de faisabilité lors de la séance plénière du Conseil régional d’Aquitaine.

Selon Rue89, elle permettrait de tester ce revenu de base sur le “croissant de la pauvreté aquitain” allant de la Gironde à la Dordogne et au Lot-et-Garonne. Si cette initiative est une première en France, ses conditions d’attribution, le montant du revenu qui lui serait associé et sa durée n’ont pas encore été précisés.