Humeur : les footballeurs français sont des magiciens

Bravo à l’équipe de France, elle a gagné la coupe du monde, 4 à 2 face à la Croatie ! Bien joué !

Bon, ils ont fait leur travail, comme le plombier qui répare une  fuite, le boulanger qui cuit son pain, l’informaticien qui met le point final à un programme…

Bref, vous, lui, le voisin, moi ou n’importe qui effectue parfaitement une tâche..

 

Oui je suis fière de ces sportifs et de mon pays, mais pourquoi les arroser de tant d’argent alors que bien d’autres personnes ne peuvent vivre de leur savoir faire.

Les chercheurs n’ont pas de bourses d’études pour les doctorats, les laboratoires  manquent de fonds pour les recherches, les APL ont baissé pour les plus nécessiteux.

L’euphorie de la victoire escamote de façon transitoire et hystérique les problèmes de notre beau pays.

 

Il nous faudra hélas retomber sur terre….

 

Sachons retenir de cette superbe union nationale qu’il nous faut rester solidaire et se rappeler de la devise de la France :

Egalité, Liberté et Fraternité.

 

Que la France soit comme les footballeurs, une équipe qui ne laisse personne sur la touche.

 

Egalité homme femme où en sommes nous ?

Sans surprise, en ces temps troublés, la nouvelle est passée inaperçue, alors je relaye l’information dans ce blog.

Hélas, il y a tellement plus à placer à la une que l‘égalité hommes-femmes.

Le rapport publié la semaine dernière par le World Economic Forum de Davos mérite néanmoins que l’on s’y attarde.

L’organisation observe la tendance sur une dizaine d’années et le constat n’est pas très reluisant. A en croire ce rapport, les femmes gagnent aujourd’hui en moyenne ce que les homme gagnaient il y a dix ans. Le fossé est lentement comblé, mais si lentement qu‘à ce rythme-là il faudra 118 ans pour atteindre la parité salariale. Au jour d’aujourd’hui, une femme gagne en moyenne 11 000 dollars par an. C’est 10 000 de moins qu’un homme, précise le rapport.

Les indicateurs utilisés par le World Economic Forum s’articulent autour de quatre piliers : économie, politique, santé et éducation. Sur les 145 pays du classement, les pays nordiques arrivent largement en tête. L’Islande est numéro un, suivie de la Norvège, la Finlande et la Suède. La France – qui était 45ème il y a deux ans encore – passe à la 15ème place, mais elle le doit essentiellement à la parité au sein du gouvernement Valls. Pour ce qui est des salaires, l’Hexagone est parmi les derniers. Quant à la la Belgique, elle se classe au 19ème rang.

 

Et pourtant l’égalité serait un facteur de croissance !

 

C’est ce que soutient un récent rapport du McKinsey Global Institute. Parmi les zones qui gagneraient le plus à intégrer les femmes sur le marché du travail, l’Afrique subsaharienne. Plusieurs initiatives s’y développent d’ailleurs pour exploiter ce potentiel.

Accroissement de la croissance mondiale de 11 %

Selon le rapport publié en septembre, si tous les pays du monde arrivaient à une égalité parfaite entre les femmes et les hommes, le gain de croissance mondiale atteindrait 26 % (soit 28 000 milliards de dollars) en plus des prévisions de croissance habituelles. Plus réaliste, une égalité « formelle » calquée sur les modèles les plus avancés en termes d’égalité de genre (donc entérinée sur le papier mais non réelle, dans les faits quelques inégalités demeureraient) permettrait déjà une croissance de 11 % du PIB mondial. Certaines zones bénéficieraient particulièrement d’un régime plus égalitaire, ce qui montre bien le retard accumulé : l’Inde gagnerait 16 % de PIB, l’Amérique latine 14 %, la Chine 12 % et l’Afrique subsaharienne 12 %.

« L’économie africaine, pour l’essentiel, repose sur les femmes »

En Afrique subsaharienne, la contribution des femmes à l’activité économique est trop rarement encouragée et son potentiel reste largement sous-estimé. Selon les chiffres de l’OCDE, les femmes africaines occupent une place primordiale dans la production de denrées alimentaires mais elles restent cantonnées aux postes peu qualifiés du domaine de l’économie informelle. Elles constitueraient près de 70 % de la force agricole totale du continent africain et produiraient environ 90 % de toutes les denrées alimentaires. L’accès des femmes aux emplois formels et qualifiés reste très faible, 8,5 % des femmes seulement étant salariées du secteur non agricole. Alpha Condé, le Président guinéen, le reconnaît. « L’économie africaine, pour l’essentiel, repose sur les femmes. L’homme peut émigrer, laisser les enfants, mais la femme est obligée de rester pour donner à manger aux enfants. Ensuite, les femmes sont plus honnêtes. Quand vous donnez du micro-crédit, le taux de remboursement chez les femmes est de 90 %. Le développement de certains secteurs, comme l’artisanat, repose sur les femmes. » Faire confiance aux femmes pour qu’elles favorisent leur propre développement, c’est le but de plusieurs fonds qui soutiennent ce discours d’« empowerment ».

Le FAFCI de Dominique Ouattara : l’indépendance grâce au micro-crédit

Lancé en décembre 2012, le Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) porté par Dominique Ouattara promeut le micro-crédit pour permettre aux femmes de s’émanciper en lançant leurs propres projets. Le FAFCI est passé en trois ans d’un milliard de francs CFA (environ 1,5 millions d’euros) à 8 milliards de francs CFA. Il aurait ainsi permis à 100 000 femmes d’exercer une activité génératrice de revenus. Pour la Première Dame de Côte d’Ivoire, il s’agit bien de « donner les moyens aux femmes de se prendre en charge et être autonomes ».

En 2010 déjà, le 14ème sommet de l’Union africaine (UA) avait entériné la création du Fonds de développement pour la femme africaine (AWDF), une fondation d’octroi de subvention. Le Président de l’UA avait à l’époque salué la décision de la création de ce fonds. « Nous devons franchir les étapes suivantes en donnant une traduction concrète au Fonds et surtout en ratifiant massivement les instruments juridiques garantissant les droits des femmes, en particulier le Protocole de l’UA sur les Droits de femmes». Initiative prometteuse, l’AWDF s’adresse cependant à des organisations de femmes déjà constituées (au niveau national ou local) qui déposent des demandes de subventions. Cette logique suppose donc une organisation a priori (se rassembler, créer une association), alors que la coordination de telles actions paraît peu probable en zones rurales ou au sein des populations illettrées.

Si le rapport McKinsey propose quelques pistes d’amélioration, il se concentre en priorité sur le rôle des entreprises, premiers acteurs à avoir, en théorie, la main sur l’embauche des femmes. Pourtant, les barrières sont souvent ailleurs et précèdent de loin la question de l’accès à l’emploi. Les inégalités entre les femmes et les hommes ne se limitent pas à la sphère économique mais sont également sociales et sanitaires. La moitié des femmes d’Afrique subsaharienne sont illettrées. Les mariages arrangés et forcés sont eux aussi répandus et la moyenne d’âge du mariage des jeunes filles en Afrique subsaharienne (21,3 ans en moyenne) précède largement la moyenne dans les pays de l’OCDE (27,4 ans). Enfin, la mutilation génitale serait pratiquée sur plus de 95 % des femmes dans certains pays. Politiques publiques et réformes de fond sont donc les premières priorités : acteurs publics comme privés doivent agir de concert pour lutter contre les inégalités homme-femme.

Lien vers l’article que je relaye

Site médiaterre

Classement africain

 

La taxe rose pour les femmes…

Etre une femme coûterait environ 1.000 Euros de plus par an !

En novembre 2014, un collectif féministe, appelé Georgette Sand, avait dénoncé la «taxe rose», le fait que les produits et services packagés «pour les femmes» (rasoirs, gel douche, déodorant, coupes de cheveux même sur cheveux courts, jean, fournitures de bureau etc.) coûtaient plus cher que ceux «pour les hommes». «En France, les femmes gagnent 24% de moins que les hommes. […] Le revenu moyen des hommes non salariés est de 40% supérieur à celui des femmes. Aujourd’hui encore, la retraite des femmes est inférieure de 42% à celle des hommes. Le marketing « genré » en segmentant le marché entre filles et garçons véhicule des stéréotypes, pousse à la surconsommation et inflige une taxation spécifique aux femmes», écrivait alors le collectif sur son Tumblr, qui se proposait de lister les différences de prix constatées dans divers magasins.

Suite à la dénonciation faite par le collectif Georgette Sand Bercy a lancé une enquête le 3 novembre 2014.

Est ce la faute au marketing ?

Contacté par L’Express, Pierre-Louis Desprez, expert en marketing, salue l’initiative du collectif Georgette Sand qu’il juge intéressante. « C’est typiquement le genre de pratique qui dessert le marketing et qui nuit à l’image du métier ». « La segmentation des marchés est une pratique normale », estime encore le directeur associé de Kaos consulting, « mais avec cette affaire de taxe rose, mon sentiment est qu’il s’agit plutôt de mauvais marketing, voire de ghettoïsation. Il s’agit de laisser penser à un consommateur, en l’occurrence une consommatrice, qu’elle est une cliente à part, en lui vendant un produit sur mesure. Dans la plupart des cas, c’est bien ce dont il s’agit. Généralement, un rasoir féminin n’a pas le même usage et donc pas la même forme qu’un rasoir pour homme. Mais dans certains exemples cités, il semble plutôt s’agir d’une tromperie. » Pierre-Louis Desprez précise que les femmes ne sont pas les seuls consommateurs touchés. « On pourrait prendre l’exemple des sportifs à qui les grandes surfaces spécialisées n’hésitent pas à vendre des produits de nutrition qui sont vendus ailleurs à des tarifs bien inférieurs. Là encore, on profite de l’effet ghetto. C’est ce que j’appelle un marketing qui se moque du monde. »

Et ailleurs ?

En attendant les conclusions de Bercy, dont les services ont promis de livrer un premier avis sur la réalité du phénomène « dans les semaines qui viennent », on peut déjà noter que la taxe rose n’est qu’un avatar de ce que les Américain désignent depuis le milieu des années 90 sous l’appellation « woman tax ». La Californie est même le premier Etat à avoir légiféré pour interdire cette pratique. C’était en 1996. Pourtant, cette prise de conscience précoce est loin d’avoir tout réglé. En 2012, le magazine Forbes avançait, en s’appuyant sur une étude de l’Université centrale de Floride, qu’être une femme coûterait en moyenne 1400 dollars par an aux Américaines. En cause, déjà, des écarts de prix importants sur tout une série de biens de consommation courante et de services selon qu’ils étaient adressés à une femme ou à un homme. Nos confrères citaient, à titre d’exemple, des frais de pressing plus élevés pour un chemisier que pour une chemise masculine.

Pourquoi le sujet est-il plus grave qu’il n’y paraît?

Sauf à être accro au rose, rien n’empêche une femme de se raser les jambes ou les aisselles avec un rasoir masculin. On pourrait même y voir, avec un brin de provocation, une façon de lutter contre les stéréotypes en incitant les femmes à se tourner, dans certains cas, vers des produits masculins. Mais le « marketing genré » a surtout pour effet pervers de rajouter une couche d’inégalité là où les femmes s’en seraient pourtant bien passée.

Alors le sujet est grave, on constate que les revenus féminins sont globalement inférieurs aux revenus masculins et être une femme coûte plus cher.  La taxe rose grèverait, à en croire Georgette Sand, le budget des Françaises de quelque 1000 euros chaque année, c’est énorme.

Cette injustice de plus envers les femmes est une goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà bien  plein.

Pour en savoir plus :

 

Lien vers le site de l’organisation Georgette Sand

Taxe rose Bercy lance une enquête

 

C’est un sujet que je voulais aborder depuis un moment, mon coup de gueule du jour.