Climat: un nombre record de pays signent à l’ONU l’accord de Paris

Un nombre record de pays –175 au total– dont les Etats-Unis et la Chine, les plus grands pollueurs du monde, ont signé vendredi à l’ONU un accord historique destiné à ralentir le réchauffement de la planète.

Symboliquement, le président français François Hollande a été le premier à parapher le document, conclu en décembre dernier à Paris.

« Jamais auparavant un aussi grand nombre de pays n’avait signé un accord international en une seule journée », s’est réjoui le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon en saluant un « moment d’histoire ».

D'une COP à l'autre, pour un accord mondial © Iris Vericourt, Jonathan STOREY AFP
D’une COP à l’autre, pour un accord mondial © Iris Vericourt, Jonathan STOREY AFP

« La participation de tant de pays et de dirigeants ne laisse planer aucun doute sur la détermination du monde à agir sur le climat », a-t-il estimé.

« La prochaine étape essentielle est de s’assurer que cet accord entre en vigueur dès que possible », a-t-il ajouté en exhortant les signataires à le ratifier « sans délai ».

Quinze pays, pour la plupart des petits Etats insulaires menacés par les cyclones ou la montée des eaux, l’ont d’ores et déjà fait.

La Chine et les Etats-Unis étaient représentés respectivement par le vice-Premier ministre Zhang Gaoli et le secrétaire d’Etat John Kerry. Ce dernier est venu signer avec sa petite-fille Isabelle, 2 ans, dans les bras, et a été très applaudi.

Les pays ayant signé vendredi –qui était aussi la Journée de la Terre– représentent plus de 93% des émissions de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique, selon l’ONG World Ressources Institute.

« Déjà l’année dernière, les investissements en matière d’énergies renouvelables étaient à un plus haut historique, presque 330 milliards. Et il est prévu que nous investirons des milliers de milliards de dollars d’ici la fin du siècle », a déclaré vendredi M. Kerry.

La signature n’est qu’une première étape. L’accord n’entrera en vigueur que lorsque 55 pays responsables d’au moins 55% des émissions de gaz à effet de serre l’auront ratifié.

– DiCaprio à la tribune –

Avant de signer, M. Hollande a appelé la planète à traduire l’accord en « actes » et a souhaité que l’Union européenne « donne l’exemple » en le ratifiant « d’ici la fin de l’année ». « Il faut aller vite, encore plus vite », a-t-il insisté.

L'acteur et défenseur de l'environnement Leonardo DiCaprio à la tribune de l'ONU à New York, le 22 avril 2016 © JEWEL SAMAD AFP
L’acteur et défenseur de l’environnement Leonardo DiCaprio à la tribune de l’ONU à New York, le 22 avril 2016 © JEWEL SAMAD AFP

« Le monde nous regarde (…) plus de beaux discours, plus d’excuses, plus de manipulation de la science et des politiques par les entreprises liées aux énergies fossiles » comme le pétrole ou le charbon, a martelé à la tribune l’acteur et défenseur de l’environnement Leonardo DiCaprio.

« Oui, a-t-il dit, l’accord de Paris est une raison d’espérer mais ce ne sera pas assez ».

Une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement étaient présents au siège de l’ONU pour cette séance de signature.

La présidente du Brésil Dilma Rousseff, menacée de destitution, a brièvement évoqué, à la fin de son discours, la crise politique dans son pays, exprimant l’espoir que les Brésiliens sauraient empêcher tout « recul » de la démocratie.

La société civile s’est réjouie de ce coup de pouce donné à l’accord. « C’est un tournant pour l’humanité, afin qu’elle s’oriente vers une économie propre à 100% », a affirmé Michael Brune, directeur exécutif du Sierra Club.

– Ouvert à signature pendant un an –

Il est grand temps d’agir avec audace car le réchauffement s’accélère, a souligné Leonardo DiCaprio.

Le mois dernier a été le mois de mars le plus chaud jamais enregistré, selon les météorologues américains.

Le président français François Hollande signe l'accord sur le climat, à l'ONU à New York, le 22 avril 2016  © JEWEL SAMAD AFP
Le président français François Hollande signe l’accord sur le climat, à l’ONU à New York, le 22 avril 2016 © JEWEL SAMAD AFP

L’accord de Paris engage ses signataires à limiter la hausse de température « bien en deçà de 2°C » et à « poursuivre leurs efforts » pour limiter cette hausse à 1,5°C.

Cet objectif très ambitieux exigera une volonté soutenue et des centaines de milliards de dollars pour assurer la transition vers des énergies propres.

L’accord reste ouvert pendant un an à la signature des 195 pays qui l’ont négocié.

Quinze petits pays très exposés, dont Fidji, Tuvalu, les Maldives, Belize, la Barbade ou Samoa, l’ont ratifié dès vendredi.

« L’accord de Paris doit sauver Tuvalu et sauver la planète », a déclaré le Premier ministre de cet archipel de Polynésie, Enele Sosene Sopoaga.

Pour atteindre rapidement le seuil des 55 pays/55%, il faudra qu’au moins un ou deux des grands pollueurs (Etats-Unis, Chine, Union européenne, Russie, Inde) ratifie l’accord. Pékin (responsable de 20% des émissions) et Washington (18%) ont promis de le faire avant la fin de l’année.

Côté américain, le président Barack Obama n’aura pas besoin de l’aval du Congrès contrôlé par les républicains, hostiles au texte.

Le Canada ratifiera lui aussi dans l’année, a affirmé son Premier ministre Justin Trudeau. « Nous devons protéger la planète qui nous nourrit et, aujourd’hui, nous nous sommes tous rapprochés de cet objectif », a-t-il déclaré.

22/04/2016 21:56:01 –  Nations unies (Etats-Unis) (AFP) –  © 2016 AFP

Articles sur la cop 21 :

COP21 ce qu’il faut retenir de l’accord sur le climat

Le chef Raoni Metuktire en France à la cop21

Record de chaleur en février, une première depuis 1880

C’est une mauvaise nouvelle, ok nous avons eu moins à chauffer, mais un hiver normal, pour la nature doit être froid.

 

Récit :

 

Cela se confirme : l’hiver qui s’achève aura été le plus chaud de notre histoire. Les relevés de l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) diffusés hier confirment à leur tour que le mois dernier a été le mois de février le plus chaud dans le monde jamais enregistré depuis le début des relevés de température en 1880.

La température moyenne à la surface des terres et des océans a atteint 12,1 degrés Celsius, la plus élevée pour un mois de février depuis 1880, dépassant de 1,2°C la moyenne du XXe siècle.

Juillet 2015 conserve le record absolu

Les météorologues notent qu’il s’agit même de la plus importante anomalie par rapport à la moyenne des 1646 mois mesurés depuis la fin du XIXe siècle, dépassant la variation record de 0,9°C de décembre 2015.

Juillet 2015 conserve quant à lui son record absolu du mois le plus chaud jamais enregistré sur la planète, avec une température moyenne de 15,8°C.

Le réchauffement planétaire s’accélère

Ces derniers pics de chaleur illustrent la poursuite de l’accélération du réchauffement planétaire. Le mercure a ainsi battu, et de loin, un nouveau record pour l’année 2015, surpassant celui de 2014, un phénomène que la plupart des climatologues attribuent à l’accumulation dans l’atmosphère des gaz à effet de serre provenant de la combustion du pétrole et du charbon.

Autre conséquence de cette évolution climatique, la NOAA a également indiqué hier que l’étendue des glaces dans l’océan arctique était inhabituellement réduite avec une superficie moyenne 1,16 million de kilomètres carré, soit 7,54 % en-dessous de la moyenne de 1981 à 2010.

Dernière nouvelles d’Alsace.

Un site intéressant sur la météo, les cartes des records absolus

Site météo passion

COP21. L’accord a été adopté à l’unanimité par les 195 pays

L’accord a été adopté par les 195 pays et acclamé par une salve d’applaudissements.

« Je regarde la salle, je vois que la réaction est positive, je n’entends pas d’objection, l’accord de Paris pour le climat est adopté! », a dit le président de la COP21, Laurent Fabius, suscitant une standing ovation de plusieurs minutes, des embrassades, des cris de joie, dans toute la salle.

Applaudissements, embrassades… Pari réussi pour Laurent Fabius, le président de la COP21. Les délégués des 195 pays présents au Bourget ont validé à l’unanimité l’accord contre le réchauffement climatique, à l’issue d’un véritable marathon de négociations.

« C’est un petit marteau, mais je sens qu’il va faire de grandes choses », a lancé Laurent Fabius un large sourire aux lèvres pour valider l’adoption de cet accord.

François Hollande est monté à la tribune, a tenu la main de Ban Ki-moon et celle de Laurent Fabius, tandis que la responsable climat de l’ONU Christiana Figueres et la négociatrice en chef de la France Laurence Tubiana se donnaient une longue accolade.

 

Cet accord est « juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant » et « s’il est adopté, ce texte sera un tournant historique », avait-il espéré ce samedi matin à la tribune, au côté du président français François Hollande et du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Un document de 12 pages et 29 articles

Ce document est assorti d’une décision de la COP21, qui énumère des dispositions pour sa mise en oeuvre, avant son entrée en vigueur en 2020.

Cette décision stipule notamment que les signataires feront en sorte de porter « au plus haut niveau possible » les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dès avant 2020.

L’objectif de l’accord est de contenir la hausse moyenne de la température de la planète « nettement en-dessous de 2°C » en 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle et de « poursuivre les efforts » pour la limiter à 1,5°C.

COP21 ce qu’il faut retenir de l’accord sur le climat

Laurent Fabius a présenté samedi matin les grandes lignes du projet de texte final de la COP21 sur le climat. Ce texte doit à présent être adopté à l’unanimité des 195 pays présents à la conférence climat à Paris.

Les principaux points du projet d’accord sur le climat

-Limiter le réchauffement climatique à 1,5°

-Une aide 100 milliards de dollars par an attribués aux pays en voie de développement.

-Un bilan des progrès tous les 5 ans

-Un accord  juridiquement contraignant

Limiter le réchauffement à 1,5°: mieux que prévu

Le projet d’accord présenté samedi aux délégués de 195 pays par la présidence française de la conférence de l’ONU sur le climat propose de contenir le réchauffement « bien en-deçà de 2° » et de « s’efforcer de le limiter à 1,5° », a déclaré le président de la COP21, Laurent Fabius.

Le projet « confirme notre objectif central, vital même, de contenir l’augmentation de la température moyenne bien en-deçà de 2° et de s’efforcer de limiter cette augmentation à 1,5°, ce qui permettrait de réduire significativement les risques et les impacts liés au changement climatique », a déclaré le ministre français, très applaudi par les délégués réunis en séance plénière.

Jusqu’ici la communauté internationale s’était, en 2010 à la COP de Cancun, engagée à garder la hausse du mercure « en-deçà de 2° ». « Bien en-deçà » serait donc un progrès, de même qu’une mention aussi claire de l’importance de garder le monde sous 1,5°. La présence dans l’accord de l’objectif 1,5°C est une revendication de plus d’une centaine de pays, les plus vulnérables aux impacts du réchauffement mais aussi d’autres comme l’Union européenne. Arabie Saoudite, Inde, Russie — parmi les principaux producteurs de carburants fossiles dans le monde — ont en revanche exprimé leur opposition. Il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 à 70% d’ici 2050 (et les faire disparaître en 2100) pour espérer rester sous 2°C, et les baisser de 70 à 95% pour rester sous 1,5°C, selon le groupement international d’experts du climat (Giec). Au cours de cette COP du Bourget, d’autres pays peu favorables au 1,5°C se sont ralliés aussi à l’idée de sa mention dans le texte, comme les Etats-Unis. Les scientifiques soulignent que les impacts seront déjà forts dans un monde à +2°C, notamment en terme d’élévation du niveau des océans, et qu’il serait préférable de tendre vers 1,5°C. Sous l’effet des GES émis depuis 150 ans et issus pour l’essentiel de la combustion des énergies fossiles, le monde a déjà gagné 1°C. Et selon le GIEC, il est sans doute parti pour un réchauffement d’au moins 1,5°C du fait des seuls gaz déjà émis, le CO2 persistant environ un siècle dans l’atmosphère.

100 milliards de dollars par an pour les pays du Sud

Selon Laurent Fabius, l’aide aux pays en développement pour faire face au réchauffement, qui doit atteindre 100 milliards de dollars annuels en 2020, devra « être un plancher »: une exigence de longue date des pays du Sud. L’objectif de parvenir en 2015 à un accord universel et contraignant a été fixé en 2011 à Durban, en Afrique du Sud, et a été au coeur des conférences annuelles de l’ONU sur le climat depuis. Les discussions engagées ont culminé pendant deux semaines au Bourget, au nord de Paris.

 Pas de vote, mais une adoption formelle du texte est nécessaire

Après d’intenses tractations pour conclure un accord devant donner une ampleur inédite à la lutte contre le réchauffement climatique, les délégations qui ont négocié jour et nuit sur la fin de la COP, doivent se retrouver à 15H45 (14H45 GMT) en vue une adoption formelle du texte.  Le texte ne fera pas l’objet d’un vote formel, le consensus étant requis dans le cadre de la Convention climat de l’Onu.  Ban Ki-moon a appelé l’ensemble des pays à « finir le travail », en adoptant un pacte climatique contre un réchauffement qui aggrave les vagues de chaleur, les sécheresses, les inondations.  François Hollande, qui avait décidé en 2013 de proposer la France comme pays hôte de la COP21, a lui exhorté la communauté internationale à faire « un pas décisif ».

Ouest France

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