Insolite Santé : Cancer du sein: 100.000 euros levés pour un programme de chiens renifleurs

Des chiens habitués à détecter les stupéfiants ou les explosifs seraient capables de repérer l’odeur dégagée par certaines cellules cancéreuses…

100.000 euros ont été levés par l’Institut Curie grâce à une campagne de financement participatif destinée à développer le projet Kdog, rapporte Pourquoi Docteur. Lancé en avril dernier, ce programme met à contribution des chiens renifleurs pour détecter les cancers du sein.

Créé par l’entreprise cynophile ITDC, le projet repose sur le constat que certaines cellules cancéreuses s’attaquant aux seins ont une identité olfactive particulière. Cette dernière pourrait donc être détectée par des chiens spécialement dressés.

Deux bergers malinois en formation

Chez ITDC, en Haute-Vienne, deux bergers malinois de l’armée de l’Air, habituellement utilisés pour repérer des explosifs ou de la drogue, sont d’ailleurs formés par le spécialiste Jacky Experton.

Ainsi, les réactions de Thor et Hunter face à l’odeur de tumeurs prélevées, mais aussi de pièces de tissu imprégnées de la sueur de patientes, sont observées de près. Par la suite, l’expert fera sentir aux deux animaux des tissus portés par des femmes malades ou en bonne santé et il sera alors possible de déterminer si les deux ex-chiens-soldats arrivent à faire la différence.

chien nez

Les tests devraient durer entre six et neuf mois en fonction de la vitesse d’apprentissage et des progrès de Thor et Hunter. En cas de succès, il faudrait en passer par un essai clinique de plus grande ampleur, avant de pouvoir envisager, un jour, d’offrir aux femmes une méthode de dépistage de certains cancers du sein simple, non-invasive et peu coûteuse. «Il suffira à une femme de porter un chiffon pendant quelques heures sur son sein puis de l’envoyer par la poste à un laboratoire», expliquait récemment Le Figaro. Le quotidien rappelait alors que le concept de chein renifleur existait déjà aux Etats-Unis pour détecter les cancers de la prostate même «si son efficacité scientifique n’a pas encore été prouvée.»

20 minutes

 

 

Cancer et téléphone portable : une nouvelle étude relance le débat

Une étude de la « National Toxicology Program » vient relancer le débat scientifique sur la dangerosité des ondes des téléphones portables.

Les rapports entre téléphonie mobile et cancer ont été la source de nombreuses études contradictoires ces dernières années, sans qu’aucune d’entre elles ne réussissent à faire l’unanimité au sein de la communauté scientifique. Une nouvelle étude parue le 26 mai et réalisée par le National Toxicology Program (NTP), un programme géré par le Ministère de la Santé américain, vient remettre la question sur le devant de la scène. Et ce n’est pas n’importe quelle étude : « C’est la plus vaste étude de ce type conduite à ce jour sur le sujet », dit le  toxicologue Christopher Portier, ancien directeur adjoint du NTP, selon Le Monde, puisqu’elle a coûté 20 millions de dollars et a été réalisée pendant deux ans et demi.

Afin de réaliser cette étude, les chercheurs ont exposé plusieurs groupes de 90 rats à des niveaux de rayonnement allant de 1,5 Watt par kilogramme (W/kg) à 6 W/kg. Deux limites sont à pointer du doigt d’emblée : ce sont des niveaux d’exposition supérieurs à ceux des humains puisque les téléphones mobiles présentent pour la plupart des niveaux inférieurs à 1 W/kg. De plus, durant l’expérience, c’est le corps entier des rats qui a été exposé à des radiations inimaginables pour un humain puisque les rats ont été exposés tout au long de leur vie, 18 heures par jour.

Les femelles ne contractent pas ces maladies

Résultats ? L’incidence de deux types de cancers, le gliome cérébral et le schwannome cardiaque, est observé et progresse globalement avec le niveau de rayonnement reçu par les animaux.

Les scientifiques observent également une différence sexuée des résultats puisque les femelles ne contractent pas les maladies, ce qui est pour l’instant inexpliqué. Le NTP précise d’ailleurs que ces résultats ne sont que partiels et que d’autres, actuellement en cours de révision, viendront dans les prochains mois compléter et préciser le tableau.

Une étude australienne présentait des résultats opposés il y a 15 jours

Des résultats qui viennent en tout cas réfuter ceux d’une étude dévoilée au début du mois de mai. Cette étude australienne indiquait en effet que le téléphone portable ne serait pas responsable d’une augmentation des cas de cancers du cerveau, ces 30 dernières années. Pour parvenir à cette rassurante conclusion, les chercheurs de l’université de Sidney avaient comparé l’incidence des cancers du cerveau et l’évolution du marché de la téléphonie mobile entre le milieu des années 1980 et 2012, observant que l’incidence des cancers cérébraux est restée quasiment stable ces trente dernières années. La dangerosité des ondes de téléphone portable est donc encore loin de faire l’unanimité chez les scientifiques.

Santé : Les mesures de lutte anti-tabac sont elles efficaces ?

Demain mardi c’est la journée sans tabac, une occasion de faire le point.

Instant plaisir ou véritable addiction, pour un tiers des Français, impossible de faire une croix sur la cigarette. Les campagnes anti-tabac du gouvernement n’y font rien pour cette frange d’irréductibles fumeurs, qui ne parviennent toujours pas à résister à l’appel de la nicotine. L’arrivée du paquet neutre, entré en vigueur le 20 mai dernier, complète l’arsenal déployé contre le tabagisme. Mais ces mesures suffisent-elles ? A l’occasion ce mardi de la Journée mondiale sans tabac, 20 Minutes fait l’état des lieux de la lutte française contre cette addiction qui coûte chaque année la vie à 80.000 personnes.

Dissuader les jeunes de commencer à fumer

Adieu couleurs et logos reconnaissables au premier coup d’œil. Entré en vigueur le 20 mai dernier, le paquet neutre devrait fleurir dès les prochains jours dans les bureaux de tabac, au grand dam des buralistes qui ne décolèrent pas. Si de nombreux fumeurs ne comptent pas abandonner leur café-clope pour autant, ce nouveau look pourrait toutefois dissuader les jeunes de tomber dans le tabac. « Quand on fume depuis vingt ou trente ans, ce n’est pas l’arrivée du paquet neutre qui peut donner envie d’arrêter de fumer, estime Jean-Paul, fumeur occasionnel. Mais je pense que cette mesure a un vrai potentiel sur la lutte anti-tabac chez les jeunes. Fumer aura l’air moins cool pour eux ».

Casser l’image véhiculée par les marques de tabac, c’est ce sur quoi le ministère de la Santé a décidé de miser. « Les jeunes sont totalement marketés. Ils n’achètent pas un jean, ils achètent une marque spécifique, analyse le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue et auteur de L’e-cigarette, pour en finir avec le tabac ? (Ixelles Editions). Avec le tabac, c’est pareil : ils n’achètent pas un paquet de cigarettes, mais une marque, un logo et une image. Le paquet neutre et son look pas très glamour, ça devrait en dissuader plus d’un de commencer la cigarette ».

choix tabc

L’objectif aujourd’hui, c’est de « dénormaliser le tabac », insiste le pneumologue. « C’est comme avec l’interdition de fumer en voiture avec ses enfants à l’intérieur, on est dans l’éducatif. Le gouvernement est là pour faire évoluer les mentalités ».

« Il faut franchir un seuil psychologique »

Depuis plus de vingt-cinq ans, le gouvernement a fait de la lutte anti-tabac l’une de ses priorités. Hausses répétées du prix du paquet, images chocs et messages de prévention ont été instaurés pour couper l’envie aux fumeurs de s’en griller une. Avec une efficacité certaine, mais qui ne séduit pas tout le monde. « Je fume depuis plus de trente-cinq ans, j’en suis désormais à deux paquets par jour », raconte Mohammad, 53 ans. S’il aimerait arrêter de fumer, les mesures anti-tabac ne suffisent pas encore à lui faire sauter le pas. « Quand on fume depuis longtemps, ce n’est pas ça qui nous donne envie d’arrêter. On le sait déjà que ce n’est pas bien de fumer, ça ne sert à rien de nous prendre pour des imbéciles », siffle Jean-Luc, qui ne renonce pas à ses deux à trois cigarettes quotidiennes.

Tout cela ne servirait-il donc à rien ? Pas si sûr. « Avant l’entrée en vigueur de la loi Evin, en 1991, on vendait deux fois plus de cigarettes en France qu’aujourd’hui », souligne le Pr Bertrand Dautzenberg. « L’action du gouvernement dans la lutte anti-tabac n’a peut-être pas touché tous les Français, mais elle a eu un impact positif : globalement, les Français fument moins et sont moins nombreux à fumer ». D’ailleurs Mohammad le reconnaît : « Si un jour le paquet coûte 15 euros, là c’est sûr, j’arrêterai ! ». Frapper un grand coup au porte-monnaie, c’est donc cela qui dissuaderait le plus grand nombre. « Le tournant radical, c’est l’augmentation massive du prix du paquet », estime Michèle Delaunay, députée de la Gironde et fer de lance de la lutte anti-tabac. « Il faut passer un seuil psychologique avec un paquet vendu au moins 10 euros », préconise l’ancienne ministre.

Toutefois, un gros bémol est à mettre sur l’accompagnement des fumeurs qui veulent arrêter le tabac. « On a un Etat schizophrène, avec le ministère de la Santé qui œuvre dans la lutte anti-tabac et celui du Budget qui a la pression des buralistes et reçoit les milliards d’euros de taxes générés par les ventes de cigarettes. Au final, cela donne une grande inégalité sociale sur le terrain du tabagisme : les dispositifs d’accompagnement à l’arrêt du tabac ne sont pas assez remboursés, au détriment les plus démunis qui ne sont pas assez accompagnés », regrette le pneumologue. « Il y a eu de gros progrès mais il reste encore du boulot ».

Récit : Les matinées d’une curiste à la Roche Posay

La Roche Posay, vous ne pouvez que connaître le nom de cette ville, ses produits fabriqués sur place avec l’eau de sa source thermale sont en vente un peu partout en France et dans le monde.

Cette petite ville de 1600 habitants à l’année accueille environ 8000 curistes par an !

Les soins se déroulent du lundi au samedi matin, sur trois semaines, je vais avoir 18 jours de soins, le Dimanche est jour de repos.

Je suis arrivée, comme beaucoup de mes collègues curistes deux jours avant, le samedi. Certains ne sont là que depuis le dimanche, ceci varie selon les désirs du curiste et les caractéristiques du logement.

(je prépare un article sur les pièges à éviter pour tenter de trouver un logement correct…. très important, ça évite ce que j’ai subi cette année, une cure gâchée par un logement à la ramasse et un propriétaire peu accommodant….)

Dimanche, je me suis promenée, les soins commencent le lundi, pour le moment je suis encore toute fraîche et pimpante alors autant en profiter !

Au préalable de cette cure, j’ai eu une prescription de mon médecin, un accord de ma CPAM, j’ai trouvé un logement ici à La Roche, puis réservé ma cure et choisi un médecin.

 

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Et tout commence un lundi matin.

J’ai un rendez vous pour mon premier jour aux thermes du Connétables, ce sont les plus vastes, situés à l’extérieur de la ville en pleine nature. Le bonus pour moi est que j’y vais à pied, en gros 20 minutes.  Ça fait du bien on marche entre une superbe double rangée d’arbres, vive la nature !

 

Arrivée dans le hall, direction le comptoir d’accueil, sourire obligatoire !!! c’est dans le règlement. Je remets ma prise en charge de la  CPAM, l’agent d’accueil de la Cure me donne une carte provisoire. J’aurai la carte définitive après ma consultation auprès de mon dermatologue thermal.

La lingerie

Direction la lingerie maintenant, dans mon sac j’ai les précieuses sandales pour déambuler dans les soins.

Les lingères sont épatantes, toujours le sourire, (je remercie Angela d’avoir posé avec le sourire). Elles pointent la carte et me donnent un peignoir et sa ceinture, hmmm cette année ils ont été changés, impec ! une serviette complète le set pour les soins.

Go, direction le service beige ; le curiste est dirigé selon le médecin qu’il a choisi, il y a deux services en bas et deux en haut.

Le vestiaire

Le vestiaire est tout simple, des casiers à clé, des cabines. Je prends un portant et une clé puis je me change, hop je retire tout vêtement.  Je charge le portant, je glisse mes pieds dans les sandales, je m’enveloppe dans le peignoir tout doux, ils sont super chouettes ces nouveaux peignoirs !

Je mets mes affaires dans mon casier, hop un tour de clé !

La secrétaire du médecin

Munie de ma carte je file vers les soins, et oh bonne surprise je connais la secrétaire du médecin, elle se prénomme Hélène, l’année dernière elle était à la lingerie, elle remplace Nathalie qui est à un autre secrétariat.

Chaque matin la secrétaire pointe la carte, chaque soigneuse à chaque soin la pointera à son tour tout au long de la matinée.

Elle me reconnaît, ici le personnel est à dimension humaine et souriant, c’est super.

Stomatologie

Je  vais vers les soins buccaux, c’est la seconde indication de ma cure la stomatologie.

cure stomatologie couloir

En plus de l’orientation dermatologie j’ai ces soins qui fortifient et améliorent la santé buccale. (les femmes en post cancer retrouvent grâce à ce soin plus de salive et le goût)

On me met un appareil en forme de U dans la bouche, l’opératrice vérifie la température de de l’eau, je suis là pour fortifier mes muqueuses pas pour les brûler !

L’eau est  injectée à forte pression dans ma bouche, elle masse les gencives et la langue, les oligo éléments de l’eau vont se déposer sur mes muqueuses, après le soin on  sent comme un pansement dans la bouche, c’est assez incroyable. Le soin dure pour moi 10 minutes, la durée est prescrite par le médecin.

Second soin pour la bouche la pulvérisation, une buse projette de l’eau en micro gouttes sous pression dans la bouche, une canule les dirige plus précisément, ce soin complète harmonieusement le précédent. Pour moi il dure aussi 10 minutes.

Ces soins sont doux et agréables, c’est un moment de détente.

Douche filiforme

Je quitte le service des soins buccaux pour aller à la douche filiforme. Elle est donnée chaque jour par le médecin. Son surnom entre curistes est le « karcher ». Le médecin est armé de 2 lances à forte pression dont il croise plus ou moins les jets pour asperger le corps du curiste. J’aime ce soin, il fatigue, la cabine où il est dispensé est un vrai sauna, une brume y flotte souvent.

cure jets du médecin

Je m’assieds sur les bancs en plastique beige qui offrent une pause, l’attente comme un peu partout dans les soins varie selon le jour. C’est bien aussi de pauser, parler un peu, la cure c’est aussi communiquer avec les autres, échanger, se faire des amis, il ne faut pas rester seul, c’est important pour le moral et la réussite de la cure.

Le praticien est en face du curiste il asperge le  corps de bas en haut, puis inverse, coté, dos, autre coté, face… l’eau pique la peau, j’aime c’est comme un massage doux et vif à la fois. Ça doit piquer c’est ainsi que la peau est nettoyée des cellules mortes et accueille des oligo-éléments de l’eau thermale.

Ce soin journalier est l’occasion de faire le point avec son médecin, tout va bien ou pas…

On remet le peignoir, là on est trempé comme un canard, un peu sonné aussi, l’eau chaude sous pression projetée ainsi ça travaille le corps.

Carte récupérée, elle sert ensuite pour les attentes.

La pulvérisation

Pulvérisation générale, il y a souvent de l’attente, ce qui permet de souffler mais aussi de retrouver des amis, souvent ceux qui étaient déjà à l’attente pour la douche filiforme, au fil des jours on connait de plus en plus de curistes et c’est super.

Je rentre dans une cabine individuelle, l’employée m’y installe  après m’avoir appelée. Des buses aspergent le corps dans une brume de micro gouttelettes, l’eau perle puis coule en ruisselet sur le corps, ce soin est doux il est apaisant, émollient et cicatrisant. Cependant au fil des jours, il devient aussi fatiguant, en fin de cure je ne supportais plus la douche la plus puissantes à 6 buses !

L’opératrice revient me chercher, j’ai fait mes 10 minutes de soin, je poursuis par une pulvérisation faciale, là assise sur une chaise, équipée d’une cape de protection pour le corps, seul le visage est aspergé de micro gouttelettes d’eau. J’adore ce soin, je se sens comme sous une cascade d’eau. ce soin dure pour moi 10 minutes.

Les postes de soins sont alignés comme dans le service stomatologie, la buse est la même elle pulvérise de l’eau thermale tiède ou fraîche selon la pathologie.

le bain….

 

Après ces pulvérisations il me reste le bain, là je suis souvent seule, je n’ai pas de massages et j’ai les soins de stomatologie, alors les autres curistes sont sur un autre tempo de soins que le mien.

Attente aux bains, souvent j’ai le peignoir trempé arrivée là, je dois demander un sec, sinon gare au coup de froid.

Et voilà, une cabine est prête une soignante m’appelle, je me glisse dans les bulles d’une baignoire remplie d’eau thermale pendant 20  minutes.

Ce bain est relaxant et hydratant, il soulage les démangeaisons.

Je le prend tiède, trop chaud il fatigue le corps.

Dans les bulles, je bulle….. comme ça détend, et quand la douce voix de la soignante me dit : « c’est fini Madame » j’émerge à regrets de tant de douceur.

 

 

Voilà la matinée est finie, je récupère mon panier dans le vestiaire, je suis rincée, la chaleur, les soins répétés, les attentes, c’est fatiguant. Cette fatigue sera pour moi légère en début de cure, puis montera crescendo au fil des 3 semaines.

L’après midi une sieste est fortement recommandée, de toutes façons je pique du nez.

Je verrai le médecin en consultation au second jour de ma cure il me remettra une ordonnance de mes soins thermaux, j’aurai ma carte définitive de curiste.

En plus des soins, de la sieste, les promenades autour de la Roche sont un des éléments importants des soins, une mise au vert calmante et tonique à la fois, il y a tant à voir…. à la Roche on effectue aussi une cure de nature.

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Une visite parmi d’autres :

Escapade à Angles sur Anglins et à Fontgombault

 

 

 

 

 

 

 

Cigarette électronique : le grand enfumage ?

Les médecins britanniques ont tranché : la cigarette électronique permet de lutter efficacement contre le tabagisme. En France, elle fait encore polémique.

 

«  La cigarette électronique est susceptible d’être bénéfique pour la santé publique » : telle est en substance la conclusion du rapport du Collège royal des médecins britanniques publié le 28 avril. En France, où la cigarette électronique fait encore polémique, huit associations ont sauté sur l’occasion pour interpeller les pouvoirs publics. « La cigarette électronique est une arme de réduction massive des risques mortels liés au tabac », rappellent-elles, alors que le tabac provoque chaque année la mort de 78 000 Français.

Deux millions d’adeptes en France

En France, où, en dix ans, près de deux millions de fumeurs ont adopté la cigarette électronique, le « vapotage » subit le feu nourri de différents groupes de pression. Marchands de patchs à la nicotine – maintenant remboursés par la Sécurité sociale -, buralistes, industriels du tabac – bien qu’ils soient en train de créer leurs propres filiales de cigarettes électroniques – et l’État, pour qui la généralisation de la cigarette électronique ferait chuter les recettes – 12 milliards d’euros, soit 6 % du budget… Alors que les États-Unis et la Grande-Bretagne ont lancé des campagnes de promotion, la France, qui compte 34 % de fumeurs, prend carrément le chemin inverse : l’e-cigarette est désormais interdite dans les avions, les bureaux, les lieux publics, les transports. Demain, elle sera sans doute non grata dans les jardins et sur les plages.

Pour ses détracteurs, le remède est pire que le mal. L’e-cigarette favoriserait le tabagisme passif. La nicotine qu’elle contient entraînerait une addiction et inciterait les jeunes à fumer parce qu’elle reproduit le geste du fumeur. En fait, comme l’ont rappelé les 32 000 membres du Collège royal des médecins britanniques, « à long terme, les méfaits de l’e-cigarette représentent probablement 5 %, voire moins, de ceux occasionnés par le tabac ». Si la cigarette électronique recèle un peu de nicotine, elle ne contient en effet aucun des 60 produits cancérigènes identifiés dans le tabac. En outre, le vapotage passif n’existe pas. Enfin, difficile de croire que l’e-cigarette donne envie de fumer aux jeunes qui n’y auraient autrement pas songé, quand on sait que les adolescents français sont les plus gros consommateurs de cigarettes en Europe : 26,3 % des 12-15 ans et 40 % des 15-20 ans.

« La lutte contre la cigarette électronique se fait au détriment de la santé publique, prévient le professeur Didier Raoult, de la faculté de médecine de Marseille. Pour réduire la consommation de cigarettes, on aura tout essayé. Les stratégies retenues par notre pays se sont focalisées sur l’augmentation considérable des taxes sur le tabac, avec comme principale conséquence d’affecter le pouvoir d’achat des plus pauvres, qui sont aussi les plus grands consommateurs. » Quant à l’interdiction de fumer dans les lieux publics, elle n’a eu aucun effet sur la consommation. Chez les femmes, l’addiction au tabac continue même d’augmenter, rattrapant celle des hommes, avec, en corollaire, une fréquence des cancers du poumon qui a quadruplé en 15 ans !

L’adhésion spectaculaire des consommateurs

Certes, dans un monde parfait, il vaudrait beaucoup mieux ne pas fumer du tout. Mais nombre de médecins, de tabacologues, d’addictologues… voient dans la cigarette électronique le premier espoir de lutter – enfin – efficacement contre le tabac. L’e-cigarette, disent-ils, aide les fumeurs les plus invétérés à un peu moins fumer. « Pour la première fois, la généralisation d’une alternative au tabac se fait non pas avec l’aide des pouvoirs publics ou des spécialistes de la santé, mais par l’adhésion spectaculaire des consommateurs, constate ainsi Didier Raoult. Pour trois raisons, jamais réunies jusqu’à présent : la facilité de son usage, son faible coût et sa ressemblance avec la cigarette dont elle permet de reproduire le geste, la lumière, la dose de nicotine et même la fumée sous forme de vapeur d’eau. Compte tenu de l’enjeu de santé, et de notre dramatique incapacité à lutter contre le fléau du tabac, c’est une lumière dans la nuit. »

Le 9 mai, un « Sommet de la vape » s’est tenu à Paris, réunissant scientifiques, usagers, associations…, mais sans la ministre de la Santé, Marisol Touraine, que les associations avaient invitée à participer aux débats…

Cancer. La baisse de la mortalité se confirme en France

  • La mortalité liée au cancer est en baisse en France
    La mortalité liée au cancer est en baisse en France | Fotolia

Le risque de développer un cancer au cours de sa vie diminue en France, tout comme le taux de mortalité. Mais 384 442 nouveaux cas ont encore été diagnostiqués en 2015.

Le bilan 2015 de l’Institut national du cancer (INCa) se veut optimiste et prometteur. En effet, les diagnostics précoces, les dépistages inclus et l’amélioration de l’efficacité des traitements permettent aujourd’hui de voir le risque de développer un cancer au cours de sa vie et le taux de mortalité par cancer baisser en France

Le cancer de la prostate et du sein font des ravagesL’INCa estime le nombre de décès lié au cancer à 149 456 (84 041 hommes et 65 415 chez les femmes) en 2015 et les nouveaux cas de cancers diagnostiqués à 384 442 (210 082 hommes et 173 560 femmes).

Le taux de mortalité est en baisse, cette dernière étant de 1,5% par an chez les hommes (entre 1980 et 2012) et de 1% par an chez les femmes (lire en encadré).

 Le cancer de la prostate reste de loin le cancer le plus fréquent (53 912 cas estimé en 2011) chez les hommes devant le cancer du poumon (3.401 cas en 2015) et le cancer colorectal (23 535 cas).

En 2015, le cancer du sein arrive en tête de ce triste classement chez la femme (54 062 nouveaux cas estimés), devant le cancer colorectal (19 531 cas) et le cancer du poumon (14 821 cas).

1 750 nouveaux cas de cancers chez les enfants par anChez l’homme, le cancer du poumon reste de loin le cancer le plus meurtrier (20 990 décès), devant le cancer colorectal (9 337 décès) et le cancer de la prostate (8 713 décès). Chez la femme, le cancer du sein reste en tête de la mortalité par cancer, avec 11 913 décès, devant le cancer du poumon (9 565 décès) et le cancer colorectal (8 496 décès).

Par ailleurs, on dénombre chaque année en moyenne 1 750 nouveaux cas de cancers chez les enfants. Reste que, depuis 2000, la survie a augmenté significativement de 5 ans après le diagnostic pour l’ensemble des cancers, avec des taux de supérieur à 80%. Ce taux de survie atteint 99% pour une tumeur de l’oeil, le rétinoblastome.

Ces chiffres sont issus d’un document d’actualisation de 240 pages sur l’impact de la maladie intitulé « Les cancers en France en 2015 », en ligne sur son site.

Santé : Tchernobyl : la difficile mesure des effets à long terme de la catastrophe

Il y a 30 ans, la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait, irradiant 500 000 riverains. Trente ans plus tard, le bilan sanitaire reste difficile à établir tandis que de nouvelles pathologies devraient encore émerger chez les victimes. Des leçons à tirer pour Fukushima.

Tchernobyl, quel bilan sanitaire ? Quels effets attendre d’une exposition accidentelle aux radionucléides sur une vaste population ? Combien de temps encore les conséquences se feront-elles sentir sur la santé ? En 1986, au lendemain de la catastrophe survenue en Ukraine,  les épidémiologistes étaient démunis. Ils n’ont alors pour expérience que les pathologies constatées chez les victimes des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki au Japon en 1945. « On s’attendait donc à constater une augmentation des leucémies, témoigne Jean-René Jourdain, chercheur à l’IRSN. Or, en 1991, c’est un surcroît de cancers de la thyroïde chez de jeunes enfants qui a été constaté à la surprise générale ». Cet effet est d’autant plus vite remarqué que ce type de cancer est très rare chez l’enfant.

es explications sont vite trouvées. Les victimes d’Hiroshima et Nagasaki avaient été exposées à de très fortes doses de radioactivité, tandis que l’irradiation reçue dans la zone affectée par la centrale nucléaire de Tchernobyl était beaucoup plus faible. Or c’est l’iode-131 qui est la cause de l’irruption de cette pathologie. « Les enfants ont été contaminés par le lait des vaches qui ont brouté une herbe où se sont déposés les radionucléides,poursuit Jean-René Jourdain. Glande fixatrice de l’iode nécessaire à l’organisme, la thyroïde a été d’autant plus affectée que la population locale, en Ukraine, est carencée en iode du fait de son alimentation exempte de produits de la mer ». Une interdiction de consommation de lait frais ou le confinement des troupeaux dans les étables pendant quelques jours après la catastrophe aurait permis de limiter voire d’éviter ces affections, l’iode-131 n’étant radioactif que 8 jours. Mais personne ne le savait alors.

Des cancers de la thyroïde trente ans plus tard

Tous les enfants de moins de cinq ans qui vivaient près de la centrale en 1986 sont ainsi susceptibles de développer un cancer de la thyroïde… et certains le font encore aujourd’hui, 30 ans après l’exposition ! Entre 1986 et 2005, 6.848 cas ont été observés. Il s’agit en grande majorité de cancers de type papillaire qui, par chance, se soignent très bien. 15 décès sont ainsi attribués à un cancer de la thyroïde induit par l’explosion de la centrale.

Officiellement, là s’arrête le bilan sanitaire de la catastrophe. « Aucune publication scientifique n’a pour l’instant mis en exergue une augmentation d’autres formes de cancers, de maladies cardio-vasculaires ou de leucémies et seule une étude récente signale un surcroît de cancers du sein en Biélorussie », assure Jean-René Jourdain. Cette affirmation ne concerne que les études parues dans la presse scientifique dite « à relecture par les pairs ». Mais de nombreux témoignages, ayant donné lieu parfois à des rapports non officiels, font état de dégradations parfois spectaculaires de la santé des populations.

Yuri Bandajevski, fondateur de l’Université de médecine de Gomel (Biélorussie), fait ainsi état de recrudescence de cancers et maladies cardio-vasculaires dans cette région proche de Tchernobyl. Son activisme lui a déjà valu de passer sept ans en prison. Dans son livre La Comédie atomique(éditions La Découverte, avril 2016), Yves Lenoir cite d’autres travaux, en particulier ceux  de Angelina Nyagu. A partir des archives ukrainienne et biélorusse, cette neuropsychiatre affirme que l’incidence des cancers du sein a plus que triplé en Biélorussie et le taux d’enfants en bonne santé dans ces régions serait passé de 85% en 1985 à 15% vingt ans plus tard. De même, au-delà des 51 victimes officielles de la catastrophe, la revue médicale The Lancet cite le témoignage du cardiologue David Belyi qui a suivi une cohorte de « liquidateurs », ces ouvriers qui ont été appelés à travailler sur la centrale pendant et après la catastrophe. Les 91 personnes qu’il a particulièrement observées dans les années 1990 ont souffert de troubles neurologiques et de maladies cardiovasculaires et sont mortes jeunes… sans pour autant gonfler les statistiques officielles. Aujourd’hui, avec le vieillissement de la population, les épidémiologistes s’attendent encore à une augmentation des cancers et des maladies cardio-vasculaires et neurologiques.

Des leçons pour Fukushima

25 ans plus tard, la gestion des populations riveraines de la centrale de Fukushima au Japon a bénéficié à plein des enseignements tirés de Tchernobyl. Très rapidement, les autorités ont mis en place le dépistage systématique des 300.000 enfants de la préfecture de Fukushima susceptibles d’avoir ingéré de l’iode-131. Aujourd’hui, cinq ans plus tard, ce dépistage n’a pas permis de mettre en exergue un surcroît de cancers de la thyroïde. « Mais cela ne devrait se voir que dans les prochaines années puisqu’à Tchernobyl, ce phénomène n’a été constaté qu’en 1991″, poursuit Jean-René Jourdain. L’explication est sans doute due à la nature de l’exposition aux radiations, beaucoup plus faible au Japon qu’en Ukraine, et au type d’alimentation  complètement différent. Les Japonais ne consomment en effet pas de lait frais et mangent énormément de produits de la mer. Résultat : ils ne sont pas carencés en iode.

Fukushima devrait donc apporter de nouveaux enseignements pour la gestion de ce type de crise sanitaire. Un bilan du dépistage systématique des cancers de la thyroïde devra notamment être mené. Il permettra d’éviter effectivement la survenue de cancers très agressifs, mais « le dépistage peut aussi provoquer des inquiétudes inutiles chez les parents, prévient Elisabeth Cardis du centre de santé environnementale de Barcelone (Espagne). On peut en effet diagnostiquer des micro-cancers qui pour la moitié d’entre eux n’évoluent pas et se résorbent ».

Et en France ? Officiellement, Tchernobyl n’a eu aucune conséquence sanitaire dans l’Hexagone. En novembre 2012, la Cour de cassation a confirmé le non-lieu dans le procès intenté par l’Association française des malades de la thyroïde contre le Service central de protection des rayonnements ionisants (SCPRI) qui, en 1986, avait affirmé que le nuage radioactif n’avait pas traversé la France. La cour a estimé « qu’il n’a pas été constaté en France une augmentation significative des cancers de la thyroïde » et que, « en l’état des connaissances actuelles, il est impossible d’établir un lien de causalité certain entre les pathologies constatées et les retombées du panache radioactif de Tchernobyl« . Lecancer de la thyroïde est, certes, multifactoriel et il est donc très difficile d’en identifier les causes. Mais s’il n’est pas possible de constater une augmentation des cancers, c’est aussi… parce qu’aucun registre national n’est tenu.  Cette défaillance de la santé publique empêche de suivre les évolutions dans le temps de ces pathologies. Cependant, depuis 2000, il existe un registre national des cancers de la thyroïde chez l’enfant. Entre 2000 et 2008, 224 cas de cancers thyroïdiens ont été enregistrés chez des moins de 14 ans, soit une incidence de 0,2 cas pour 100.000 enfants. Ce taux est resté stable au cours des huit années.

 

Nature : « L’air n’est pas respirable » : la carte de France des victimes des pesticides

L’association Générations Futures publie une carte interactive où l’on peut lire les témoignages de 400 personnes exposées aux pesticides sur tout le territoire français.

« Je vis au milieu des vignes et je vous confirme que l’air n’est pas respirable les jours de traitement. » « J’ai un potager et des abeilles en bordure de champ et je constate chaque année une mortalité anormale et alarmante. » « A l’école, il y avait une grosse machine et la maîtresse nous disait de mettre la main devant la bouche ou de rentrer. » Ces témoignages sont livrés par des Français vivant aux abords de cultures utilisant des pesticides.

« Je vis au milieu des vignes et je vous confirme que l’air n’est pas respirable les jours de traitement. » « J’ai un potager et des abeilles en bordure de champ et je constate chaque année une mortalité anormale et alarmante. » « A l’école, il y avait une grosse machine et la maîtresse nous disait de mettre la main devant la bouche ou de rentrer. » Ces témoignages sont livrés par des Français vivant aux abords de cultures utilisant des pesticides.

Générations Futures, association nationale de défense de l’environnement agréée depuis 2008 par le ministère de l’Ecologie, publie ce jeudi 21 avril une carte interactive qui livre 200 témoignages de professionnels ou de riverains victimes des pesticides. 200 témoignages supplémentaires, en cours de validation, devraient compléter la carte. A terme, l’association souhaite mettre en place une coordination nationale d’aide regroupant des organisations d’aide aux victimes.

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Lien vers la carte interactive :

Carte interactive des victimes des pesticides

Maux de tête, allergies, asthmes…

L’ambition de cette carte est de prouver que l’ensemble du territoire est exposé à des produits nocifs pour l’homme qui peuvent provoquer maux de tête, allergies, asthmes et irritations. Voire favoriser le développement de cancers du poumon, de l’intestin ou de la prostate, de leucémies ou de maladies de Parkinson.

Patrick, agriculteur alsacien qui utilisait des pesticides, a développé un Parkinson précoce à l’âge de 35 ans. Laurent, ancien salarié d’une entreprise agroalimentaire dans les Côtes d’Armor a, quant à lui, été licencié pour inaptitude à cause d’une hypersensibilité aux produits chimiques multiples développée au contact de céréales traitées avec des pesticides.

100.000 tonnes de pesticides dangereux

Le 20 mars 2016, l’agence internationale de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (IARC) a désigné cinq pesticides aux effets cancérogènes. L’herbicide glyphosate, présent dans le produit Roundup, et les insecticides malathion et diazinon ont été classés « cancérogènes probables chez l’homme » par l’association. Les insecticides tetrachlorvinphos et parathion sont, quant à eux, considérés comme des « cancérogènes possibles ».

Mais les preuves concernant le lien entre le développement de ces maladies et l’exposition aux pesticides ne sont pas suffisamment solides pour que ces produits fassent l’objet d’une interdiction en France. La plupart des agriculteurs peinent à faire reconnaître leur maladie de Parkinson ou leur cancer comme maladie professionnelle due à l’exposition aux pesticides.

D’après une enquête menée par « Cash Investigation », diffusée sur France 2 le 2 février dernier, 100.000 tonnes de pesticides classés dangereux ou potentiellement dangereux pour l’homme sont utilisés chaque année en France.

M. H.

Liens vers des articles antérieurs sur les pesticides :

Cash Investigation : “20% des pesticides concentrés sur 3% de la surface agricole”

Pesticides, un vigneron témoigne : « Viticulteur, je contamine mes voisins, mes ouvriers et moi »

Les pesticides qu’est ce que c’est ?