Santé : migraine, pourquoi certains aliments nous donnent mal à la tête

Peut être une piste pour nous les migraineux…

Une nouvelle étude suggère que les migraines qui touchent environ 7 millions de Français seraient dues à des bactéries buccales.

La symbiose entre l’homme et les bactéries qui l’habitent est essentielle pour la vie, mais elle pourrait avoir dans certains cas une contrepartie douloureuse. Une étude, publiée dans la revue mSystems de l’American Society for Microbiology, a découvert que les personnes aux prises avec des migraines possédaient des taux d’une bactérie buccale plus élevés que les personnes qui étaient non migraineuses. Ces bactéries en question ont la particularité de réduire les nitrates, c’est-à-dire les transformer, en nitrites et en oxyde nitriques, des éléments essentiels pour le bon fonctionnement du système cardio-vasculaire. Une action que le corps humain ne peut faire sans ces bactéries. Les nitrates sont présentes dans les viandes transformées, la charcuterie, ou encore les légumes verts, mais aussi dans des médicaments pour le cœur.

Pour obtenir ces résultats, les chercheurs de la San Diego School of Medicine aux Etats-Unis ont effectué des prélèvements buccaux chez des personnes migraineuses et chez d’autres non-migraineuses qui ont aussi rempli un carnet alimentaire et la fréquence de leurs maux de tête. Résultats, les bactéries étaient présentes de manière beaucoup plus significative chez les personnes migraineuses que chez les non-migraineux. « Cela pourrait s’expliquer par le fait que, lors d’une prise alimentaire ou médicamenteuse d’un élément riche en nitrates, ces bactéries présentes dans la bouche dégradent massivement le nitrate, déclenchant ainsi les crises migraineuses », explique le Dr Embriette Hyde, chercheuse et coauteure de l’étude.

Si cette étude apporte des éléments intéressants, le processus exact d’opération de ces bactéries réductrices du nitrate, du nitrite et de l’oxyde nitrique dans l’apparition de crises de migraine reste incertain. « Alors que le lien entre les migraines et les nitrates est connu depuis longtemps, les chercheurs ne sont pas encore certains de la nature du lien. Nous savons que tout dépend de la formation d’oxyde nitrique, mais le mécanisme chimique exact n’a pas encore été établi », conclut Embriette Hyde.

Source : Pourquoi Docteur.

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Une bactérie intestinale anti-douleur

Images en microscopie électronique à balayage de F. prausnitzii. © Plateforme MIMA 2, T. Meylheuc

Une bactérie intestinale antidouleur

La bactérie Faecalibacterium prausnitzii est abondante dans l’intestin des personnes en bonne santé mais diminue dès l’apparition d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin. Une équipe impliquant l’Inra, l’Inserm et l’Université d’Auvergne révèle, chez l’animal, les propriétés antalgiques de cette bactérie. En plus des propriétés anti-inflammatoires déjà connues de F. prausnitzii, ces résultats publiés dans Scientific Reports le 18 janvier 2016, confirment son potentiel bénéfique pour le bien-être et la santé humaine

Les douleurs abdominales chroniques sont un des symptômes fréquemment retrouvés chez des patients présentant des atteintes intestinales telles que le Syndrome de l’Intestin Irritable (SII) ou une Maladie Inflammatoire Chronique de l’Intestin (MICI). En 2008, des chercheurs de l’Inra de Jouy-en-Josas ont montré que chez des patients souffrant d’une MICI, l’abondance de la bactérie Faecalibacterium prausnitzii diminue dans l’intestin.

En collaboration avec deux autres équipes françaises impliquant l’Inra, l’Inserm et l’Université d’Auvergne, ces chercheurs ont mis en évidence, grâce à des modèles animaux de stress (développant une hypersensibilité viscérale d’origine colique), qu’une diminution de l’abondance de F. prausnitziiétait liée à l’apparition d’une hypersensibilité viscérale. Or, chez l’homme, une telle hypersensibilité peut se traduire par un inconfort intestinal ou des douleurs abdominales. Les scientifiques ont démontré qu’en administrant F. prausnitzii à ces animaux, ils retrouvaient une sensibilité colique normale.

La bactérie F. prausnitzii pourrait donc présenter, chez l’homme, des propriétés antalgiques, venant s’ajouter à ses propriétés anti-inflammatoires décrites précédemment

Chez les patients souffrant d’une MICI ou du SII, la diminution de la présence de F. prausnitzii au niveau colique suite à une inflammation intestinale ou à un stress chronique pourrait participer à l’aggravation des symptômes inflammatoires et/ou douloureux au niveau viscéral. De façon à entraver ce cercle vicieux, les scientifiques envisagent désormais de restaurer le « bien-être intestinal » grâce à de nouveaux compléments alimentaires (probiotiques) contenant F. prausnitzii.

Par ailleurs, ces travaux, qui viennent enrichir notre connaissance fondamentale dans le domaine de la microbiologie cellulaire, sont aussi à l’interface de nouvelles applications industrielles et médicales.

Source : Inserm

Inra : communiqué de presse sur la bactérie anti douleur

Article de santé magazine