Google, Facebook et Twitter vont financer des campagnes anti-radicalisation

VU SUR… EUROPE 1 – Les géants du web ont décidé d’en faire encore plus pour contrer la radicalisation. Sollicités par le gouvernement français, Facebook, Twitter, Google, Apple et Microsoft vont créer une fondation qui servira à financer des campagnes de prévention contre la radicalisation et ainsi à repérer des jeunes internautes embrigadés par les recruteurs.

Les réseaux sociaux sont un véritable paradis pour les recruteurs de l’organisation Etat Islamique. Sollicités par le gouvernement français, les géants du web ont donc décidé d’intensifier leur vigilance. En février, Twitter a supprimé environ 125.000 comptes de propagande djihadiste de son réseau. Quant à Google, il a retiré près de 14 millions de vidéos de sa plateforme Youtube. La messagerie instantanéeTelegram avait ainsi mis hors service de nombreux comptes terroristes.

Et ils ne comptent pas s’arrêter là. L’Elysée a convaincu Google, Microsoft, Facebook, Twitter et Apple de créer une fondation qui servira à financer des campagnes anti-radicalisation en ligne, dévoile le site d’Europe 1.

Leur méthode ? Interviewer des repentis revenus d’Irak ou de Syrie. Plusieurs témoignages ont déjà été recueillis. « L’un des grands groupes du web a également proposé de mettre en place une équipe d’experts », à temps plein, ajoute le site de la radio. Ce groupe aura à disposition les outils « les plus modernes du web pour lutter contre la radicalisation ». L’idée est de cibler le plus rapidement possible les sujets sensibles au discours terroristes et ceux qui les propagent.

S’inspirer du Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, un système a été mis en place avec Google. Le logiciel Ad Grants permet de détecter des requêtes suspectes. Si une personne cherche « rejoindre l’EI » dans la barre de recherche Google, le logiciel redirigera l’utilisateur vers des sites de déradicalisation.

L’Institut pour le dialogue stratégique (ISD) a déjà ainsi discuté avec bon nombre de jeunes radicalisés. Les personnes chargées de prendre contact avec ces jeunes sont d’anciens extrémistes. « Ils sont vraiment forts car ils connaissent bien le processus de radicalisation et l’idéologie, mais aussi les nuances dans les mots et le discours », selon l’experte Erin Saltman, citée par Europe 1.

Semer le doute pour déradicaliser

Les géants du web souhaitent, à travers leur campagne, semer le doute chez les jeunes radicalisés qui rejettent massivement le système et sur lesquels, l’intervention de l’Etat serait pratiquement sans effet. La force des Google, Apple, Facebook et autre Twitter est leur image de marque. Ils sont plus appréciés et habitués à diriger des campagnes ciblées pour leurs utilisateurs.

Cette fondation devrait voir le jour d’ici quelques semaines mais d’autres opérations pour lutter contre la radicalisation voient le jour. Facebook prépare des ateliers pratiques et a décidé de réunir, lundi, vingt associations à Paris pour mettre en place les campagnes de déradicalisation en ligne. Des associations comme la Licra, SOS racisme et celle de la mère d’une des victimes de Mohamed Merah auront une journée pour tenter de faire avancer le projet.