Santé : Tchernobyl : la difficile mesure des effets à long terme de la catastrophe

Il y a 30 ans, la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait, irradiant 500 000 riverains. Trente ans plus tard, le bilan sanitaire reste difficile à établir tandis que de nouvelles pathologies devraient encore émerger chez les victimes. Des leçons à tirer pour Fukushima.

Tchernobyl, quel bilan sanitaire ? Quels effets attendre d’une exposition accidentelle aux radionucléides sur une vaste population ? Combien de temps encore les conséquences se feront-elles sentir sur la santé ? En 1986, au lendemain de la catastrophe survenue en Ukraine,  les épidémiologistes étaient démunis. Ils n’ont alors pour expérience que les pathologies constatées chez les victimes des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki au Japon en 1945. « On s’attendait donc à constater une augmentation des leucémies, témoigne Jean-René Jourdain, chercheur à l’IRSN. Or, en 1991, c’est un surcroît de cancers de la thyroïde chez de jeunes enfants qui a été constaté à la surprise générale ». Cet effet est d’autant plus vite remarqué que ce type de cancer est très rare chez l’enfant.

es explications sont vite trouvées. Les victimes d’Hiroshima et Nagasaki avaient été exposées à de très fortes doses de radioactivité, tandis que l’irradiation reçue dans la zone affectée par la centrale nucléaire de Tchernobyl était beaucoup plus faible. Or c’est l’iode-131 qui est la cause de l’irruption de cette pathologie. « Les enfants ont été contaminés par le lait des vaches qui ont brouté une herbe où se sont déposés les radionucléides,poursuit Jean-René Jourdain. Glande fixatrice de l’iode nécessaire à l’organisme, la thyroïde a été d’autant plus affectée que la population locale, en Ukraine, est carencée en iode du fait de son alimentation exempte de produits de la mer ». Une interdiction de consommation de lait frais ou le confinement des troupeaux dans les étables pendant quelques jours après la catastrophe aurait permis de limiter voire d’éviter ces affections, l’iode-131 n’étant radioactif que 8 jours. Mais personne ne le savait alors.

Des cancers de la thyroïde trente ans plus tard

Tous les enfants de moins de cinq ans qui vivaient près de la centrale en 1986 sont ainsi susceptibles de développer un cancer de la thyroïde… et certains le font encore aujourd’hui, 30 ans après l’exposition ! Entre 1986 et 2005, 6.848 cas ont été observés. Il s’agit en grande majorité de cancers de type papillaire qui, par chance, se soignent très bien. 15 décès sont ainsi attribués à un cancer de la thyroïde induit par l’explosion de la centrale.

Officiellement, là s’arrête le bilan sanitaire de la catastrophe. « Aucune publication scientifique n’a pour l’instant mis en exergue une augmentation d’autres formes de cancers, de maladies cardio-vasculaires ou de leucémies et seule une étude récente signale un surcroît de cancers du sein en Biélorussie », assure Jean-René Jourdain. Cette affirmation ne concerne que les études parues dans la presse scientifique dite « à relecture par les pairs ». Mais de nombreux témoignages, ayant donné lieu parfois à des rapports non officiels, font état de dégradations parfois spectaculaires de la santé des populations.

Yuri Bandajevski, fondateur de l’Université de médecine de Gomel (Biélorussie), fait ainsi état de recrudescence de cancers et maladies cardio-vasculaires dans cette région proche de Tchernobyl. Son activisme lui a déjà valu de passer sept ans en prison. Dans son livre La Comédie atomique(éditions La Découverte, avril 2016), Yves Lenoir cite d’autres travaux, en particulier ceux  de Angelina Nyagu. A partir des archives ukrainienne et biélorusse, cette neuropsychiatre affirme que l’incidence des cancers du sein a plus que triplé en Biélorussie et le taux d’enfants en bonne santé dans ces régions serait passé de 85% en 1985 à 15% vingt ans plus tard. De même, au-delà des 51 victimes officielles de la catastrophe, la revue médicale The Lancet cite le témoignage du cardiologue David Belyi qui a suivi une cohorte de « liquidateurs », ces ouvriers qui ont été appelés à travailler sur la centrale pendant et après la catastrophe. Les 91 personnes qu’il a particulièrement observées dans les années 1990 ont souffert de troubles neurologiques et de maladies cardiovasculaires et sont mortes jeunes… sans pour autant gonfler les statistiques officielles. Aujourd’hui, avec le vieillissement de la population, les épidémiologistes s’attendent encore à une augmentation des cancers et des maladies cardio-vasculaires et neurologiques.

Des leçons pour Fukushima

25 ans plus tard, la gestion des populations riveraines de la centrale de Fukushima au Japon a bénéficié à plein des enseignements tirés de Tchernobyl. Très rapidement, les autorités ont mis en place le dépistage systématique des 300.000 enfants de la préfecture de Fukushima susceptibles d’avoir ingéré de l’iode-131. Aujourd’hui, cinq ans plus tard, ce dépistage n’a pas permis de mettre en exergue un surcroît de cancers de la thyroïde. « Mais cela ne devrait se voir que dans les prochaines années puisqu’à Tchernobyl, ce phénomène n’a été constaté qu’en 1991″, poursuit Jean-René Jourdain. L’explication est sans doute due à la nature de l’exposition aux radiations, beaucoup plus faible au Japon qu’en Ukraine, et au type d’alimentation  complètement différent. Les Japonais ne consomment en effet pas de lait frais et mangent énormément de produits de la mer. Résultat : ils ne sont pas carencés en iode.

Fukushima devrait donc apporter de nouveaux enseignements pour la gestion de ce type de crise sanitaire. Un bilan du dépistage systématique des cancers de la thyroïde devra notamment être mené. Il permettra d’éviter effectivement la survenue de cancers très agressifs, mais « le dépistage peut aussi provoquer des inquiétudes inutiles chez les parents, prévient Elisabeth Cardis du centre de santé environnementale de Barcelone (Espagne). On peut en effet diagnostiquer des micro-cancers qui pour la moitié d’entre eux n’évoluent pas et se résorbent ».

Et en France ? Officiellement, Tchernobyl n’a eu aucune conséquence sanitaire dans l’Hexagone. En novembre 2012, la Cour de cassation a confirmé le non-lieu dans le procès intenté par l’Association française des malades de la thyroïde contre le Service central de protection des rayonnements ionisants (SCPRI) qui, en 1986, avait affirmé que le nuage radioactif n’avait pas traversé la France. La cour a estimé « qu’il n’a pas été constaté en France une augmentation significative des cancers de la thyroïde » et que, « en l’état des connaissances actuelles, il est impossible d’établir un lien de causalité certain entre les pathologies constatées et les retombées du panache radioactif de Tchernobyl« . Lecancer de la thyroïde est, certes, multifactoriel et il est donc très difficile d’en identifier les causes. Mais s’il n’est pas possible de constater une augmentation des cancers, c’est aussi… parce qu’aucun registre national n’est tenu.  Cette défaillance de la santé publique empêche de suivre les évolutions dans le temps de ces pathologies. Cependant, depuis 2000, il existe un registre national des cancers de la thyroïde chez l’enfant. Entre 2000 et 2008, 224 cas de cancers thyroïdiens ont été enregistrés chez des moins de 14 ans, soit une incidence de 0,2 cas pour 100.000 enfants. Ce taux est resté stable au cours des huit années.

 

Prince, Bowie… La BBC croit savoir pourquoi tant de stars meurent en 2016

Prince est décédé jeudi. Sa disparition est à rajouter à la longue liste de célébrités mortes en 2016. Pourquoi autant de morts en si peu de mois? Des journalistes de la BBC ont une théorie.

Michel Delpech, Michel Galabru, Jacques Rivette, David Bowie, René Angélil, Alan Rickman, Harper Lee, Umberto Eco, Jean-Pierre Coffe,Alain Decaux ou encore tout récemment Prince. L’année 2016 n’en est qu’à ses prémices, mais de nombreuses personnalités se sont déjà effacées. Deux journalistes de la chaîne britannique BBC ont cherché à savoir s’il y avait une réponse objective à ce nombre croissant de décès de célébrités. Et leur théorie est plutôt intéressante.

Un nombre « phénoménal »

Roland Hughes et Laura Gray, les auteurs de l’article, se sont basés sur les nécrologies écrites en avance par leur collègue de la BBC Nick Serpell, puis publiées lorsqu’une mort est confirmée. Il part lui aussi du constat que le nombre de morts de personnalités, en 2016 est « phénoménal ». Il a même dressé un graphique avec ses propres données: en 2012, cinq de ses nécrologies ont été publiées, elles étaient 8 en 2013, 11 en 2014, 12 en 2015 et… 24 pour les quatre premiers mois de 2016!

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Pour s’assurer de la véracité de leur postulat de départ, les journalistes ont recoupé leurs données avec celles du quotidien britannique le Daily Telegraph. En avril 2014, sa rubrique nécrologique comptait 38 célébrités, 30 en avril 2015 et… 75 rien que pour les quatre premiers mois de 2016. Et si l’étude est effectuée en Grande-Bretagne, les résultats pourraient fonctionner pour la France également, car l’Hexagone a aussi connu son lot de personnalités françaises disparues cette année (Michel Delpech, Michel Galabru, Jacques Rivette, Pierre Boulez, André Courrèges, Alain Decaux, Jean-Pierre Coffe, Sophie Dessus, Romain Guyot, Thérèse Clerc, Benoît Violier…).

Des baby-boomers

Comment justifier cet accroissement soudain de décès chez les personnalités du monde entier? La BBC met d’abord en avant un argument purement démographique. « Les gens qui ont commencé à devenir connus dans les années 1960 ont maintenant 70 ans et plus et commencent à disparaître », indique Nick Serpell. C’est une théorie qui fonctionne presque pour David Bowie, Michel Delpech et Alan Rickman, morts à 69 ans, mais surtout pour René Angélil, (73 ans), Jean-Pierre Coffe (78 ans), et encore plus pour Harper Lee, décédée à 89 ans et Michel Galabru, mort à 93 ans.

La tendance à la multiplication de décès de personnalités devrait donc prendre de l’ampleur, puisque beaucoup de stars actuelles sont nées lors du babyboom, entre 1946 et 1964 (ce qui représente une tranche de la population évaluée à 23% selon le dernier recensement). « Dans les 10 prochaines années, ces personnes vont avoir au moins 80 ans, et le phénomène se multipliera », commente le spécialiste des nécrologies Nick Serpell. Son calcul ne prend pas en compte les morts accidentelles. Ni les maladies, telles que le cancer, qui touchent des franges toujours plus importantes de la population, et donc bien évidemment des célébrités (David Bowie, Michel Delpech, René Angélil…).

L’essor des réseaux sociaux

Nick Serpell avance également une autre explication pour tous ces décès: il y a davantage de gens connus que naguère. « Dans la génération de mon père, ou de mon grand-père, les seules célébrités étaient issues du cinéma, il n’y avait pas de télévision, indique-t-il. Puis (pour la génération suivante, ndlr), si ils n’apparaissaient pas à la télévision, ils n’étaient pas connus. »

La propagation de la nouvelle de la mort d’une personnalité prend aussi davantage d’ampleur, depuis les 10 dernières années, avec l’instantanéité des réseaux sociaux. Annoncée jeudi, la nouvelle de la mort de Prince a été twittée des millions de fois, dans le monde entier. Aucune mort célèbre ne passe dorénavant inaperçue, comme cela a pu être le cas il y a plusieurs décennies.

L’express

 

Nature : « L’air n’est pas respirable » : la carte de France des victimes des pesticides

L’association Générations Futures publie une carte interactive où l’on peut lire les témoignages de 400 personnes exposées aux pesticides sur tout le territoire français.

« Je vis au milieu des vignes et je vous confirme que l’air n’est pas respirable les jours de traitement. » « J’ai un potager et des abeilles en bordure de champ et je constate chaque année une mortalité anormale et alarmante. » « A l’école, il y avait une grosse machine et la maîtresse nous disait de mettre la main devant la bouche ou de rentrer. » Ces témoignages sont livrés par des Français vivant aux abords de cultures utilisant des pesticides.

« Je vis au milieu des vignes et je vous confirme que l’air n’est pas respirable les jours de traitement. » « J’ai un potager et des abeilles en bordure de champ et je constate chaque année une mortalité anormale et alarmante. » « A l’école, il y avait une grosse machine et la maîtresse nous disait de mettre la main devant la bouche ou de rentrer. » Ces témoignages sont livrés par des Français vivant aux abords de cultures utilisant des pesticides.

Générations Futures, association nationale de défense de l’environnement agréée depuis 2008 par le ministère de l’Ecologie, publie ce jeudi 21 avril une carte interactive qui livre 200 témoignages de professionnels ou de riverains victimes des pesticides. 200 témoignages supplémentaires, en cours de validation, devraient compléter la carte. A terme, l’association souhaite mettre en place une coordination nationale d’aide regroupant des organisations d’aide aux victimes.

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Lien vers la carte interactive :

Carte interactive des victimes des pesticides

Maux de tête, allergies, asthmes…

L’ambition de cette carte est de prouver que l’ensemble du territoire est exposé à des produits nocifs pour l’homme qui peuvent provoquer maux de tête, allergies, asthmes et irritations. Voire favoriser le développement de cancers du poumon, de l’intestin ou de la prostate, de leucémies ou de maladies de Parkinson.

Patrick, agriculteur alsacien qui utilisait des pesticides, a développé un Parkinson précoce à l’âge de 35 ans. Laurent, ancien salarié d’une entreprise agroalimentaire dans les Côtes d’Armor a, quant à lui, été licencié pour inaptitude à cause d’une hypersensibilité aux produits chimiques multiples développée au contact de céréales traitées avec des pesticides.

100.000 tonnes de pesticides dangereux

Le 20 mars 2016, l’agence internationale de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (IARC) a désigné cinq pesticides aux effets cancérogènes. L’herbicide glyphosate, présent dans le produit Roundup, et les insecticides malathion et diazinon ont été classés « cancérogènes probables chez l’homme » par l’association. Les insecticides tetrachlorvinphos et parathion sont, quant à eux, considérés comme des « cancérogènes possibles ».

Mais les preuves concernant le lien entre le développement de ces maladies et l’exposition aux pesticides ne sont pas suffisamment solides pour que ces produits fassent l’objet d’une interdiction en France. La plupart des agriculteurs peinent à faire reconnaître leur maladie de Parkinson ou leur cancer comme maladie professionnelle due à l’exposition aux pesticides.

D’après une enquête menée par « Cash Investigation », diffusée sur France 2 le 2 février dernier, 100.000 tonnes de pesticides classés dangereux ou potentiellement dangereux pour l’homme sont utilisés chaque année en France.

M. H.

Liens vers des articles antérieurs sur les pesticides :

Cash Investigation : “20% des pesticides concentrés sur 3% de la surface agricole”

Pesticides, un vigneron témoigne : « Viticulteur, je contamine mes voisins, mes ouvriers et moi »

Les pesticides qu’est ce que c’est ?

 

Emouvant : A 9 ans ils se rasent la tête en solidarité avec leur amie malade

Quelques 80 jeunes écoliers du Colorado se sont, mi-mars, rasés la tête en soutien à leur amie Marlee, atteinte d’un cancer. Cet élan de solidarité à l’américaine a ému le web.

Ils ont 9 ans à peine et n’ont pas voulu que Marlee souffre de sa « différence ». Alors ces élèves de Broomfield (Colorado) se sont rasés la tête pour ressembler à leur amie atteinte d’un cancer et qui était de retour à l’école après quarante semaines de chimiothérapie.

Cameron, la meilleure amie de Marlee, est à l’orgine de cet élan de solidarité. Un élan concrétisé lors du spectacle organisé en mars pour l’occasion et baptisé « Soyez audacieux, soyez braves, soyez chauve ! ». Ce jour-là, les têtes d’une centaine d’enfants et de quelques professeurs ont été rasées. La vidéo de cette « opération Marlee » a été publiée mi-mars sur YouTube et vue plus de 40 000 fois depuis.

« Je me sens mieux de ne pas être la seule chauve »« Quand Cameron a dit à Marlee qu’elle avait l’intention de faire disparaître ses cheveux, le visage de Marlee s’est illuminé et elle lui a dit « nous pouvons devenir les meilleures amies chauves » », a confié la mère de la jeune fille« Je me sens mieux de pouvoir retourner à l’école et ne pas être la seule chauve », a, pour sa part, assuré Marlee qui a dû être amputée de son pied gauche pour mettre un point final à son cancer.

Au-delà de la belle histoire, il est à noter que le « show » de Broomfield a permis de réunir 25 000 dollars (22 000 euros) qui seront reversés à « Saint-Baldrick », association qui soutient la recherche sur les cancers touchant particulièrement les enfants.

Autre article qui fait réfléchir sur la maladie et l’apparence :

Face au cancer du sein une photo choc..