Roche Posay, un superbe bilan de cure

Deux mois après je suis en mesure de faire le bilan de la cure pour la peau.

Ok j’ai fini comme toujours sur les rotules, mais en plus du bilan médical positif, cicatrice moins dure et douloureuse, peau retapée j’ai un bilan humain superbe. Là deux mois après la fatigue s’est estompée et la peau est en forme. Les baso sont sous surveillance désormais et là en renforçant la peau, je l’arme contre le risque de rechutes.

Par ailleurs, une cure c’est des rencontres, entre curistes évidemment, un moment de partage avec ces personnes qui sont atteintes d’affections cutanées ou de suites de traitements contre le cancer. Un gros coup de cœur pour mes rencontres de cette année,  des personnes riches et des personnalités profondes et géniales. Je désire sincèrement les revoir, en bonne santé ou en cure ou ailleurs.

anciens thermes foison fleurs

Une grosse pensée aussi pour les amis que j’ai revus, oh quel plaisir, je salue la Suisse, il se reconnaîtra, la région de Montpellier, la Bretagne, la région stéphanoise.. et tous ceux ou celles dont je n’ai pas su l’origine mais avec qui j’ai échangé.

Au fil de ces rencontres on découvre des galères, des femmes qui parlent de leur cancer, pour certaine c’est déjà un compagnon de longue durée. D’autres qui m’ont raconté leurs cheveux d’avant, longs et épais. Leur peau, leur silhouette qui a changé. Oui la cure est un moment où elles peuvent parler, dédramatiser, reprendre pied, se réapproprier un corps blessé, abîmé par de puissants traitements.

Autres galères, les maladies de peau, eczéma et psoriasis en tête, avec les rhumatismes déformants associés et les disgrâces que l’on oublie tant ces personnes sont courageuses et belles de l’intérieur.

Ce sont aussi des accidentés de la vie, des grands brûlés, un petit garçon que j’adore avait été brûlé par un potage au potiron ! dans son école il a répandu la nouvelle qu’il avait été attaqué par un requin, il est devenu un héros !

Autre brûlure, un jeune homme, son briquet lui a explosé dans la poche percé par des pointes, ses vêtements, imbibés par le gaz ont pris feu, il a eu le bas ventre brûlé, on lui fait des greffes pour le reconstruire, ce sera dur pour lui mais vu son sourire et ses yeux si beaux et limpides, il y arrivera.

Une femme grièvement brûlée dans l’incendie de sa maison, elle arrive à la cure, là heureuse parade en peignoir les jambes bien velue trop heureuse de voir ses poils repousser !

 

Oui la vie prend une autre dimension, on ne finit pas une cure dans le même état d’esprit que l’on l’avait commencée, on en sort plus riche, humainement.

Rappel de randonnées au départ de la Roche Posay :

Nature : balade avec la LPO à la découverte des oiseaux

Récit : Les matinées d’une curiste à la Roche Posay

Escapade à Angles sur Anglins et à Fontgombault

 

Le site de l’office de la Roche Posay si dynamique,  que je salue au passage :

Office du Tourisme Roche Posay

 

Santé : Produits solaires pour enfants: L’UFC-Que Choisir porte plainte contre cinq fabricants

Inquiétante constatation que fait l’UFC que choisir, la peau pendant la petite enfance doit être particulièrement bien protégée.

Les produits incriminés « n’offrent pas la protection minimale contre les UVA requise par les experts français et les autorités européennes », selon l’association…

C’est un constat inquiétant en ce début de période estivale. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a dénoncé ce mardi « de graves carences » en termes de protection aux UV dans plusieurs produits solaires pour enfants, après les avoir testés en laboratoire. L’association a d’ailleurs décidé de porter plainte contre cinq fabricants.

L’UFC-Que Choisir demande également que ces fabricants retirent « sans délai » leurs produits des rayons, menaçant à défaut de saisir la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Les marques Clarins, Bioderma, Biosolis, Alga Maris et Lovéa pointés du doigt

«Au vu de la très faible protection aux UVA (rayons ultra-violets pouvant pénétrer les couches profondes de la peau) constatée sur près d’un tiers des produits testés », l’association « dépose plainte (…) pour pratique commerciale trompeuse et tromperie » contre Clarins, Bioderma, Biosolis, Alga Maris et Lovéa, pour des produits solaires aux indices élevés (50 et 50 +), indique l’association dans un communiqué.

« Alors que leurs emballages débordent de mentions rassurantes », les produits incriminés « n’offrent pas la protection minimale contre les UVA requise par les experts français et les autorités européennes », selon UFC-Que Choisir. Au total, l’association a testé en laboratoire 17 produits de protection solaire 50 et 50 + destinés aux enfants et présentés sous forme de crèmes, sprays et laits solaires.

Futé : Des maillots de bain intelligents qui disent quand remettre de la crème solaire

Lien vers le site de l’organisation

Insolite Santé : Cancer du sein: 100.000 euros levés pour un programme de chiens renifleurs

Des chiens habitués à détecter les stupéfiants ou les explosifs seraient capables de repérer l’odeur dégagée par certaines cellules cancéreuses…

100.000 euros ont été levés par l’Institut Curie grâce à une campagne de financement participatif destinée à développer le projet Kdog, rapporte Pourquoi Docteur. Lancé en avril dernier, ce programme met à contribution des chiens renifleurs pour détecter les cancers du sein.

Créé par l’entreprise cynophile ITDC, le projet repose sur le constat que certaines cellules cancéreuses s’attaquant aux seins ont une identité olfactive particulière. Cette dernière pourrait donc être détectée par des chiens spécialement dressés.

Deux bergers malinois en formation

Chez ITDC, en Haute-Vienne, deux bergers malinois de l’armée de l’Air, habituellement utilisés pour repérer des explosifs ou de la drogue, sont d’ailleurs formés par le spécialiste Jacky Experton.

Ainsi, les réactions de Thor et Hunter face à l’odeur de tumeurs prélevées, mais aussi de pièces de tissu imprégnées de la sueur de patientes, sont observées de près. Par la suite, l’expert fera sentir aux deux animaux des tissus portés par des femmes malades ou en bonne santé et il sera alors possible de déterminer si les deux ex-chiens-soldats arrivent à faire la différence.

chien nez

Les tests devraient durer entre six et neuf mois en fonction de la vitesse d’apprentissage et des progrès de Thor et Hunter. En cas de succès, il faudrait en passer par un essai clinique de plus grande ampleur, avant de pouvoir envisager, un jour, d’offrir aux femmes une méthode de dépistage de certains cancers du sein simple, non-invasive et peu coûteuse. «Il suffira à une femme de porter un chiffon pendant quelques heures sur son sein puis de l’envoyer par la poste à un laboratoire», expliquait récemment Le Figaro. Le quotidien rappelait alors que le concept de chein renifleur existait déjà aux Etats-Unis pour détecter les cancers de la prostate même «si son efficacité scientifique n’a pas encore été prouvée.»

20 minutes

 

 

Cancer et téléphone portable : une nouvelle étude relance le débat

Une étude de la « National Toxicology Program » vient relancer le débat scientifique sur la dangerosité des ondes des téléphones portables.

Les rapports entre téléphonie mobile et cancer ont été la source de nombreuses études contradictoires ces dernières années, sans qu’aucune d’entre elles ne réussissent à faire l’unanimité au sein de la communauté scientifique. Une nouvelle étude parue le 26 mai et réalisée par le National Toxicology Program (NTP), un programme géré par le Ministère de la Santé américain, vient remettre la question sur le devant de la scène. Et ce n’est pas n’importe quelle étude : « C’est la plus vaste étude de ce type conduite à ce jour sur le sujet », dit le  toxicologue Christopher Portier, ancien directeur adjoint du NTP, selon Le Monde, puisqu’elle a coûté 20 millions de dollars et a été réalisée pendant deux ans et demi.

Afin de réaliser cette étude, les chercheurs ont exposé plusieurs groupes de 90 rats à des niveaux de rayonnement allant de 1,5 Watt par kilogramme (W/kg) à 6 W/kg. Deux limites sont à pointer du doigt d’emblée : ce sont des niveaux d’exposition supérieurs à ceux des humains puisque les téléphones mobiles présentent pour la plupart des niveaux inférieurs à 1 W/kg. De plus, durant l’expérience, c’est le corps entier des rats qui a été exposé à des radiations inimaginables pour un humain puisque les rats ont été exposés tout au long de leur vie, 18 heures par jour.

Les femelles ne contractent pas ces maladies

Résultats ? L’incidence de deux types de cancers, le gliome cérébral et le schwannome cardiaque, est observé et progresse globalement avec le niveau de rayonnement reçu par les animaux.

Les scientifiques observent également une différence sexuée des résultats puisque les femelles ne contractent pas les maladies, ce qui est pour l’instant inexpliqué. Le NTP précise d’ailleurs que ces résultats ne sont que partiels et que d’autres, actuellement en cours de révision, viendront dans les prochains mois compléter et préciser le tableau.

Une étude australienne présentait des résultats opposés il y a 15 jours

Des résultats qui viennent en tout cas réfuter ceux d’une étude dévoilée au début du mois de mai. Cette étude australienne indiquait en effet que le téléphone portable ne serait pas responsable d’une augmentation des cas de cancers du cerveau, ces 30 dernières années. Pour parvenir à cette rassurante conclusion, les chercheurs de l’université de Sidney avaient comparé l’incidence des cancers du cerveau et l’évolution du marché de la téléphonie mobile entre le milieu des années 1980 et 2012, observant que l’incidence des cancers cérébraux est restée quasiment stable ces trente dernières années. La dangerosité des ondes de téléphone portable est donc encore loin de faire l’unanimité chez les scientifiques.

Protégeons les jeunes du tabac et des produits inhalés !

À l’occasion de la Journée Mondiale sans tabac le 31 mai qui vise à mettre l’accent sur le rôle décisif joué par les professionnels de la santé dans la lutte antitabac, la Fondation du Souffle se mobilise.

Thierry Urban, pneumologue et cancérologue au CHU d’Angers, pense que les risques du tabagisme nécessitent des plans ambitieux d’information et de pédagogie renforcés auprès des jeunes mais également des familles et de tous les adultes qui les encadrent.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que d’ici 2020, le tabac sera la principale cause de décès et d’incapacité, avec plus de 10 millions de victimes par an. Le tabagisme entraînera alors plus de décès à travers le monde que le Sida, la tuberculose, la mortalité maternelle, les accidents de voiture, les suicides et les homicides combinés…

Plus de 200 000 mineurs commencent à fumer en France chaque année. Presque un tiers des jeunes Français de 17 ans fument du tabac. Une proportion très importante, beaucoup plus que dans d’autres pays. En Norvège, par exemple, « seulement » 14 % des adolescents de 17 ans fument et 12 % aux États-Unis. Il faut y voir un échec de notre politique de lutte contre le tabagisme. La loi Evin n’est pas toujours respectée, notamment en ce qui concerne la publicité autour du tabagisme. Or, nous ne savons que trop combien les jeunes sont sensibles au marketing. D’autant plus que l’industrie du tabac n’hésite pas à cibler les films et les réseaux sociaux, prisés par les adolescents. En outre, nous sommes en retard par rapport à bien d’autres pays – qui ont réussi à faire baisser le pourcentage de fumeurs – en ce qui concerne l’application de la CCLAT, la Convention-Cadre de l’OMS

Récemment, de très nombreux proviseurs ont accepté, parfois sous la pression de parents d’élèves, que le tabac ait à nouveau une place dans leur établissement. Ce n’est que le reflet d’une société où le risque tabac et le risque majeur d’entrer dans l’addiction quand on commence à fumer tôt sont largement sous-estimés. Nous, pneumologues, malades respiratoires, acteurs de prévention de la Fondation du Souffle, pensons que les risques du tabagisme nécessitent des plans ambitieux d’information et de pédagogie renforcés auprès des jeunes mais également des familles et de tous les adultes qui les encadrent. L’objectif est que chacun intègre que le tabac est responsable de 200 morts chaque jour en France et réagisse en fonction de cette réalité.

Hausse de la consommation de cannabis chez les jeunes

Outre le tabac, les jeunes de notre pays sont de plus en plus nombreux à consommer du cannabis. D’après des enquêtes récentes, près de 50 % des jeunes de 17 ans déclarent avoir fumé du cannabis. Un chiffre inquiétant quand on connaît le danger du cannabis pour la santé : effets sur le cerveau mais aussi impact délétère sur le système respiratoire.

Hausse de l’expérimentation de la e-cigarette chez les jeunes

A souligner aussi, de nombreux adolescents testent les cigarettes électroniques. Celles-ci, en maintenant la gestuelle du fumeur et en initiant à la nicotine, ne rassurent pas complètement les associations de lutte contre le tabagisme, même si elles sont finalement bien moins nocives que les cigarettes et ne semblent pas favoriser le tabagisme ultérieur.

Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a récemment actualisé son avis relatif aux bénéfices-risques de la cigarette électronique étendus en population générale. Le HCSP recommande :

– d’informer, sans en faire publicité, les professionnels de santé et les fumeurs que la cigarette électronique est une aide à l’arrêt du tabac,

– de maintenir les modalités d’interdictions de vente et de publicité prévues par la loi et d’étendre l’interdiction d’utilisation à tous les lieux affectés à un usage collectif.

La Fondation du Souffle suit activement les évaluations de la relation bénéfices/ risques de l’usage de la cigarette électronique.

Protéger les jeunes des produits toxiques inhalés, une urgence

Nos autorités vont devoir frapper fort pour faire baisser tous ces chiffres. Les différents moyens à mettre en œuvre divisent, mais les experts sont d’accord pour dire qu’une hausse brutale des prix du tabac est essentielle, tout comme la déconstruction de l’image positive du tabac. Pour cela, maintenons la pression pour que la loi Evin soit réellement appliquée ; que les espaces publics soient tous non-fumeurs et que l’industrie du tabac ne puisse pas promouvoir ses produits ; informons les jeunes des manœuvres des cigarettiers. Enfin, il est essentiel que les professionnels de santé soient formés à l’aide au sevrage tabagique et à la prise en charge des consommateurs de cannabis, y compris ceux du plus jeune âge, et que des programmes de prévention adaptés soient organisés. Autant d’actions mises en place et/ou soutenues par la Fondation du Souffle. Les pneumologues restent mobilisés avec la Fondation. Nous ne pouvons pas laisser tant de jeunes vies partir en fumée.

Santé : Les mesures de lutte anti-tabac sont elles efficaces ?

Demain mardi c’est la journée sans tabac, une occasion de faire le point.

Instant plaisir ou véritable addiction, pour un tiers des Français, impossible de faire une croix sur la cigarette. Les campagnes anti-tabac du gouvernement n’y font rien pour cette frange d’irréductibles fumeurs, qui ne parviennent toujours pas à résister à l’appel de la nicotine. L’arrivée du paquet neutre, entré en vigueur le 20 mai dernier, complète l’arsenal déployé contre le tabagisme. Mais ces mesures suffisent-elles ? A l’occasion ce mardi de la Journée mondiale sans tabac, 20 Minutes fait l’état des lieux de la lutte française contre cette addiction qui coûte chaque année la vie à 80.000 personnes.

Dissuader les jeunes de commencer à fumer

Adieu couleurs et logos reconnaissables au premier coup d’œil. Entré en vigueur le 20 mai dernier, le paquet neutre devrait fleurir dès les prochains jours dans les bureaux de tabac, au grand dam des buralistes qui ne décolèrent pas. Si de nombreux fumeurs ne comptent pas abandonner leur café-clope pour autant, ce nouveau look pourrait toutefois dissuader les jeunes de tomber dans le tabac. « Quand on fume depuis vingt ou trente ans, ce n’est pas l’arrivée du paquet neutre qui peut donner envie d’arrêter de fumer, estime Jean-Paul, fumeur occasionnel. Mais je pense que cette mesure a un vrai potentiel sur la lutte anti-tabac chez les jeunes. Fumer aura l’air moins cool pour eux ».

Casser l’image véhiculée par les marques de tabac, c’est ce sur quoi le ministère de la Santé a décidé de miser. « Les jeunes sont totalement marketés. Ils n’achètent pas un jean, ils achètent une marque spécifique, analyse le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue et auteur de L’e-cigarette, pour en finir avec le tabac ? (Ixelles Editions). Avec le tabac, c’est pareil : ils n’achètent pas un paquet de cigarettes, mais une marque, un logo et une image. Le paquet neutre et son look pas très glamour, ça devrait en dissuader plus d’un de commencer la cigarette ».

choix tabc

L’objectif aujourd’hui, c’est de « dénormaliser le tabac », insiste le pneumologue. « C’est comme avec l’interdition de fumer en voiture avec ses enfants à l’intérieur, on est dans l’éducatif. Le gouvernement est là pour faire évoluer les mentalités ».

« Il faut franchir un seuil psychologique »

Depuis plus de vingt-cinq ans, le gouvernement a fait de la lutte anti-tabac l’une de ses priorités. Hausses répétées du prix du paquet, images chocs et messages de prévention ont été instaurés pour couper l’envie aux fumeurs de s’en griller une. Avec une efficacité certaine, mais qui ne séduit pas tout le monde. « Je fume depuis plus de trente-cinq ans, j’en suis désormais à deux paquets par jour », raconte Mohammad, 53 ans. S’il aimerait arrêter de fumer, les mesures anti-tabac ne suffisent pas encore à lui faire sauter le pas. « Quand on fume depuis longtemps, ce n’est pas ça qui nous donne envie d’arrêter. On le sait déjà que ce n’est pas bien de fumer, ça ne sert à rien de nous prendre pour des imbéciles », siffle Jean-Luc, qui ne renonce pas à ses deux à trois cigarettes quotidiennes.

Tout cela ne servirait-il donc à rien ? Pas si sûr. « Avant l’entrée en vigueur de la loi Evin, en 1991, on vendait deux fois plus de cigarettes en France qu’aujourd’hui », souligne le Pr Bertrand Dautzenberg. « L’action du gouvernement dans la lutte anti-tabac n’a peut-être pas touché tous les Français, mais elle a eu un impact positif : globalement, les Français fument moins et sont moins nombreux à fumer ». D’ailleurs Mohammad le reconnaît : « Si un jour le paquet coûte 15 euros, là c’est sûr, j’arrêterai ! ». Frapper un grand coup au porte-monnaie, c’est donc cela qui dissuaderait le plus grand nombre. « Le tournant radical, c’est l’augmentation massive du prix du paquet », estime Michèle Delaunay, députée de la Gironde et fer de lance de la lutte anti-tabac. « Il faut passer un seuil psychologique avec un paquet vendu au moins 10 euros », préconise l’ancienne ministre.

Toutefois, un gros bémol est à mettre sur l’accompagnement des fumeurs qui veulent arrêter le tabac. « On a un Etat schizophrène, avec le ministère de la Santé qui œuvre dans la lutte anti-tabac et celui du Budget qui a la pression des buralistes et reçoit les milliards d’euros de taxes générés par les ventes de cigarettes. Au final, cela donne une grande inégalité sociale sur le terrain du tabagisme : les dispositifs d’accompagnement à l’arrêt du tabac ne sont pas assez remboursés, au détriment les plus démunis qui ne sont pas assez accompagnés », regrette le pneumologue. « Il y a eu de gros progrès mais il reste encore du boulot ».

Cigarette électronique : le grand enfumage ?

Les médecins britanniques ont tranché : la cigarette électronique permet de lutter efficacement contre le tabagisme. En France, elle fait encore polémique.

 

«  La cigarette électronique est susceptible d’être bénéfique pour la santé publique » : telle est en substance la conclusion du rapport du Collège royal des médecins britanniques publié le 28 avril. En France, où la cigarette électronique fait encore polémique, huit associations ont sauté sur l’occasion pour interpeller les pouvoirs publics. « La cigarette électronique est une arme de réduction massive des risques mortels liés au tabac », rappellent-elles, alors que le tabac provoque chaque année la mort de 78 000 Français.

Deux millions d’adeptes en France

En France, où, en dix ans, près de deux millions de fumeurs ont adopté la cigarette électronique, le « vapotage » subit le feu nourri de différents groupes de pression. Marchands de patchs à la nicotine – maintenant remboursés par la Sécurité sociale -, buralistes, industriels du tabac – bien qu’ils soient en train de créer leurs propres filiales de cigarettes électroniques – et l’État, pour qui la généralisation de la cigarette électronique ferait chuter les recettes – 12 milliards d’euros, soit 6 % du budget… Alors que les États-Unis et la Grande-Bretagne ont lancé des campagnes de promotion, la France, qui compte 34 % de fumeurs, prend carrément le chemin inverse : l’e-cigarette est désormais interdite dans les avions, les bureaux, les lieux publics, les transports. Demain, elle sera sans doute non grata dans les jardins et sur les plages.

Pour ses détracteurs, le remède est pire que le mal. L’e-cigarette favoriserait le tabagisme passif. La nicotine qu’elle contient entraînerait une addiction et inciterait les jeunes à fumer parce qu’elle reproduit le geste du fumeur. En fait, comme l’ont rappelé les 32 000 membres du Collège royal des médecins britanniques, « à long terme, les méfaits de l’e-cigarette représentent probablement 5 %, voire moins, de ceux occasionnés par le tabac ». Si la cigarette électronique recèle un peu de nicotine, elle ne contient en effet aucun des 60 produits cancérigènes identifiés dans le tabac. En outre, le vapotage passif n’existe pas. Enfin, difficile de croire que l’e-cigarette donne envie de fumer aux jeunes qui n’y auraient autrement pas songé, quand on sait que les adolescents français sont les plus gros consommateurs de cigarettes en Europe : 26,3 % des 12-15 ans et 40 % des 15-20 ans.

« La lutte contre la cigarette électronique se fait au détriment de la santé publique, prévient le professeur Didier Raoult, de la faculté de médecine de Marseille. Pour réduire la consommation de cigarettes, on aura tout essayé. Les stratégies retenues par notre pays se sont focalisées sur l’augmentation considérable des taxes sur le tabac, avec comme principale conséquence d’affecter le pouvoir d’achat des plus pauvres, qui sont aussi les plus grands consommateurs. » Quant à l’interdiction de fumer dans les lieux publics, elle n’a eu aucun effet sur la consommation. Chez les femmes, l’addiction au tabac continue même d’augmenter, rattrapant celle des hommes, avec, en corollaire, une fréquence des cancers du poumon qui a quadruplé en 15 ans !

L’adhésion spectaculaire des consommateurs

Certes, dans un monde parfait, il vaudrait beaucoup mieux ne pas fumer du tout. Mais nombre de médecins, de tabacologues, d’addictologues… voient dans la cigarette électronique le premier espoir de lutter – enfin – efficacement contre le tabac. L’e-cigarette, disent-ils, aide les fumeurs les plus invétérés à un peu moins fumer. « Pour la première fois, la généralisation d’une alternative au tabac se fait non pas avec l’aide des pouvoirs publics ou des spécialistes de la santé, mais par l’adhésion spectaculaire des consommateurs, constate ainsi Didier Raoult. Pour trois raisons, jamais réunies jusqu’à présent : la facilité de son usage, son faible coût et sa ressemblance avec la cigarette dont elle permet de reproduire le geste, la lumière, la dose de nicotine et même la fumée sous forme de vapeur d’eau. Compte tenu de l’enjeu de santé, et de notre dramatique incapacité à lutter contre le fléau du tabac, c’est une lumière dans la nuit. »

Le 9 mai, un « Sommet de la vape » s’est tenu à Paris, réunissant scientifiques, usagers, associations…, mais sans la ministre de la Santé, Marisol Touraine, que les associations avaient invitée à participer aux débats…

Cancer. La baisse de la mortalité se confirme en France

  • La mortalité liée au cancer est en baisse en France
    La mortalité liée au cancer est en baisse en France | Fotolia

Le risque de développer un cancer au cours de sa vie diminue en France, tout comme le taux de mortalité. Mais 384 442 nouveaux cas ont encore été diagnostiqués en 2015.

Le bilan 2015 de l’Institut national du cancer (INCa) se veut optimiste et prometteur. En effet, les diagnostics précoces, les dépistages inclus et l’amélioration de l’efficacité des traitements permettent aujourd’hui de voir le risque de développer un cancer au cours de sa vie et le taux de mortalité par cancer baisser en France

Le cancer de la prostate et du sein font des ravagesL’INCa estime le nombre de décès lié au cancer à 149 456 (84 041 hommes et 65 415 chez les femmes) en 2015 et les nouveaux cas de cancers diagnostiqués à 384 442 (210 082 hommes et 173 560 femmes).

Le taux de mortalité est en baisse, cette dernière étant de 1,5% par an chez les hommes (entre 1980 et 2012) et de 1% par an chez les femmes (lire en encadré).

 Le cancer de la prostate reste de loin le cancer le plus fréquent (53 912 cas estimé en 2011) chez les hommes devant le cancer du poumon (3.401 cas en 2015) et le cancer colorectal (23 535 cas).

En 2015, le cancer du sein arrive en tête de ce triste classement chez la femme (54 062 nouveaux cas estimés), devant le cancer colorectal (19 531 cas) et le cancer du poumon (14 821 cas).

1 750 nouveaux cas de cancers chez les enfants par anChez l’homme, le cancer du poumon reste de loin le cancer le plus meurtrier (20 990 décès), devant le cancer colorectal (9 337 décès) et le cancer de la prostate (8 713 décès). Chez la femme, le cancer du sein reste en tête de la mortalité par cancer, avec 11 913 décès, devant le cancer du poumon (9 565 décès) et le cancer colorectal (8 496 décès).

Par ailleurs, on dénombre chaque année en moyenne 1 750 nouveaux cas de cancers chez les enfants. Reste que, depuis 2000, la survie a augmenté significativement de 5 ans après le diagnostic pour l’ensemble des cancers, avec des taux de supérieur à 80%. Ce taux de survie atteint 99% pour une tumeur de l’oeil, le rétinoblastome.

Ces chiffres sont issus d’un document d’actualisation de 240 pages sur l’impact de la maladie intitulé « Les cancers en France en 2015 », en ligne sur son site.