Eagle of Death à l’Olympia… comme une thérapie de groupe

Et si Josh Homme et Jesse Hughes, les fondateurs des Eagles of Death Metal, avaient raison : et si le rock’n’roll pouvait nous sauver ? Le groupe de rock stoner – légèreté West Coast, posture punkoïde et rythmique lourde du Sud –, qui jouait au Bataclan le 13 novembre 2015 lors des attaques djihadistes meurtrières, n’avait cessé de le répéter : il reviendrait terminer le concert. La réouverture de la salle étant prévue pour décembre, ils n’ont pas eu la patience d’attendre et ont, mardi 16 février, rempli l’Olympia. Tous ceux qui étaient là le 13 novembre ont été invités. Un peu plus de la moitié d’entre eux ont répondu présent.

« C’est le premier concert du reste de ma vie », murmure Emilie (qui préfère taire son nom) de sa voix douce. Elles étaient trois copines au Bataclan, elles sont toutes les trois ici ce soir… Dans la file d’attente pour passer les barrages de sécurité sur le boulevard des Capucines et à l’entrée de la salle, béquilles et chaises roulantes rappellent la violence qui s’est déchaînée là-bas.

Lire aussi : « Ce soir, je n’ai pas peur », dit Matthew au concert d’Eagles of Death Metal

Laurent Lafont-Battesti n’aurait pas dû être au Bataclan. Un ami lui avait donné sa place et conseillé de se mettre  au balcon. « Lorsque cela a commencé à tirer, on a d’abord pensé à un jeu de scène ou à un imbécile qui jouait avec des pétards. L’odeur de la poudre, c’est ce qui nous a fait comprendre… » Il va réussir à se cacher dans un appartement au-dessus de la salle. Sauvé. « J’ai vécu l’après de façon assez solitaire. Quand j’ai vu l’annonce du concert, je n’ai pas hésité. Ne pas y aller eut été comme rater un rendez-vous. »

jesse Hugues le leader

Les regards se cherchent et se fuient

Des histoires comme celle de Laurent, il y en a autant qu’il y avait de personnes dans la salle. Des histoires de peur, de corps qui se traînent, de sursaut. Des deuils impossibles. Sur la moquette rouge de l’Olympia, les regards se cherchent et se fuient, pleins de ces souvenirs tout proches. Quatre-vingt-dix morts, des dizaines de blessés dont, trois mois après, douze sont encore hospitalisés.

Il y a cette famille. Ils sont cinq. Au Bataclan, ils ont pu partir très vite, le père, les filles, cette fois-là, la mère n’était pas là. Aujourd’hui, ils se serrent près de la sortie de secours. « C’est la première question que les gens nous posent : où sont les sorties de secours », témoigne une des trente psychiatres et psychologues qui se sont mobilisés pour venir soutenir le public à l’Olympia. Sur l’escalier, devant le bar, J. (qui souhaite garder l’anonymat), un casque sur les oreilles, est plongée dans un roman graphique de Derf Backderf : Punk Rock & Mobile Homes (Editions Ça et là, 2014). Elle a 26 ans. Au dernier moment, le 13 novembre, elle a décidé de ne pas aller au concert. « Ma bonne étoile ? », demande-t-elle tristement. Aujourd’hui, elle a racheté une place, pas osé demander celle à laquelle elle avait droit. « Je me sens une intruse. Jusqu’au dernier moment, jusque sur le boulevard, là devant, j’ai hésité à faire demi-tour. »

Quelle drôle d’idée que ce concert. Ne vient-il pas trop tôt ? Ne risque-t-il pas d’être traumatogène pour les personnes qui ont été prises en otages, comme l’expliquait la psychologue Hélène Romano, auteure, avec Boris Cyrulnik, de Je suis victime (éditions Philippe Duval, 2015) ? « Quand on tombe de cheval, il faut remonter », m’a soufflé Emilie, sans y croire… Là, avant le concert, en descendant des bières, le public s’attend à tout, quelque part entre la promesse d’une grand-messe cathartique, la reconstitution d’une scène de crime et une thérapie de groupe. La vérité, c’est qu’on aura droit à un concert de rock. Ni plus, ni moins.

Eagles of Death Metal est un groupe qui fonctionne à l’énergie brute, pas au pathos ou au sens. Jesse Hughes, son chanteur, n’est pas Charles de Gaulle quand il prend la parole. Mis à part « Bande d’enculés, qu’est-ce que je vous aime », il ne multiplie guère les registres. Voilà qui nous évite les dégoulinades de tristesse. Le groupe a simplement préparé son entrée : sur un enregistrement de Dutronc chantant Il est 5 heures, Paris s’éveille…, un face-à-face complice où l’on sent la nécessité, autant pour le groupe que pour le public, de s’absoudre de cette culpabilité d’être ici et vivant.

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Une célébration de la vie :

Et c’est ce que seront ces deux heures de concert. Une célébration de la vie. Ça sent le pétard, une fille montre son torse nu, un couple s’embrasse goulûment. Dans la tentative de minute de silence qui dure vingt-trois secondes, un homme crie : « A poil ! », l’éternel Breton sort son drapeau de façon incongrue, le hipster fraternise avec l’alcoolo, Jack Lang est au balcon, les béquilles sont au rencard. Un concert rock. 100 % pur rock. Une forme aussi de transcendance. Et un groupe sur scène qui a l’air de s’amuser autant que ce public qui n’en demandait pas tant.

« Ce n’est pas plus mal », se félicite le psychiatre Didier Cremniter du centre d’urgence médico-psychologique installé à Necker, venu prêter main-forte au bataillon de psys. « Même si on ne voit pas ici les personnes le plus en souffrance, qui ont préféré ne pas venir, on sent bien qu’il y a le début d’une restauration… » Quelques personnes viennent dans les espaces aménagés partager leur angoisse, et alors que le spectacle touche à sa fin, une jeune femme aux larmes intarissables finira par se décider à vider son sac…

Mais déjà, la salle frappe du pied pour les rappels. Encouragé par les élans francophiles de Jesse Hughes, qui s’est enveloppé tout à l’heure d’une écharpe bleu, blanc, rouge en tricot que des mains anonymes lui ont tendue depuis la fosse, et par cette guitare tricolore qu’il a sortie pour son dernier morceau, la foule réclame La Marseillaise. Ce sera Brown Sugar, des Rolling Stones. Pour qui rêvait du « premier concert du reste de [sa] vie », c’est une valeur autrement plus rock’n’roll. Dans la nuit, sur le boulevard où la foule s’écoule, les paroles profondes de Jesse Hughes résonnent comme un mantra : « Enculés de votre mère, personne ne m’empêchera de continuer ce truc. »

Article du Monde avec la vidéo du début du concert des Eagles of Death

Pamela Anderson à l’Assemblée…. ça fait des remous

L’initiative d’une députée écologiste, qui a convié mardi l’actrice Pamela Anderson à l’Assemblée pour soutenir l’interdiction du gavage des canards et des oies pour le foie gras, a suscité une levée de boucliers chez les députés, y compris écologistes, en pleine grippe aviaire.

Cohue à l’assemblée pour la venue de l’ex-star d’Alerte à Malibu. La blonde Pamela Anderson, plus populaire comme égérie de Playboy que comme pasionaria de la cause animale, a pourtant été invitée par une élue Europe Ecologie Les Verts, Laurence Abeille, à soutenir la proposition de loi contre la souffrance animale et le gavage des oies.

La star américano-canadienne a répondue présente à la demande de la Fondation Brigitte Bardot pour épauler la députée.

Face à une cohue rare à l’Assemblée, les huissiers ont dû faire appel aux gendarmes pour maîtriser photographes et cameramen qui luttaient pour rentrer dans la petite salle de presse. Chemisier noir transparent et coiffure relevée en chignon, comme la BB d’aujourd’hui, Pamela Anderson a pris la parole devant cette foule de journalistes qui l’attendait depuis des heures. «Je demande aux députés français d’abolir le gavage (…) Le foie gras n’est pas un produit sain et n’a pas sa place dans une société civilisée (…) Ces canards n’ont jamais eu un jour heureux», a déclaré en anglais l’Américano-Canadienne de 48 ans, à côté de qui on apercevait Miss France 2012 Delphine Wespiser.

pamela anderson 2

Accompagnée notamment du militant écologiste Paul Watson, elle a présenté sa visite comme un «hommage» à Brigitte Bardot. «Le foie gras n’est pas un symbole de fête, mais un symbole de mort et le gavage une barbarie absolument indigne», a déclaré cette dernière depuis Saint-Tropez, juste avant la présentation de la proposition de loi pour interdire «le gavage des palmipèdes», «un acte de maltraitance animale» .

la visite n’a été ni du goût des députés, ni de celui des producteurs de foie gras. «La venue de Pamela Anderson, ça me gave et ça me gonfle. C’est de la politique spectacle», a réagi l’un des porte-parole du groupe PS, Hugues Fourage. «Degré zéro de la politique», a renchéri le chef de file des députés LR, Christian Jacob.

 

 

Vidange du canal Saint Martin, il offre ses tristes surprises

Canettes, bouteilles et vélos – mais pas seulement – ont été retrouvés en grande quantité par les entreprises chargées de nettoyer le fond du canal de l’est parisien.

Vidéo :

Vidange du canal saint martin

Avec ses quelque 100.000 m3 d’eau sur 2 kilomètres de longueur, le canal Saint-Martin, une fois vidé, regorge de surprises. Chacune des mises à sec du canal situé à l’Est de Paris, entre les quais de Jemmapes et de Valmy, révèle son lot de trouvailles improbables. L’opération 2016 ne déroge pas à la règle. Le coup d’envoi du chantier a été donné il y a trois semaines. Le canal sera remis en route le 4 avril prochain, après la réparation des écluses, la consolidation des fonds et l’amélioration des voies d’eau. Des grues et camions-bennes se relaient pour extraire la saleté des fonds. Au total, 9000 tonnes de vase polluée et 5000 tonnes de vase non polluée vont être transportées dans des centres de stockage. Les bulldozers ont également remonté une grande série d’objets.

 

De nombreux effets personnels ont également été remontés : 83 fauteuils et chaises, dix poussettes, un buste de couturière, sept valises, un coffret à bijoux, une baignoire, un vélo d’appartement, deux skates, une caisse enregistreuse, une chaussure de ski ainsi qu’une grosse peluche de léopard blanc. A noter que 17 coffres forts ont été retrouvés, mais tous vides. Manifestement fâchés avec l’hygiène, certains Parisiens se sont délestés d’une baignoire, d’un WC et d’un ballon d’eau chaude.

Enfin, le cours d’eau contenait également du matériel électronique, à savoir une télévision écran plat, un micro-onde, un drone « Parrot », un magnétoscope et pas moins de 15 ordinateurs portables. Il y avait même de quoi dormir, avec deux matelas, un lit pliant, une couverture ainsi qu’un duvet. Les personnes âgées ou handicapées ne sont pas mieux loties, car un déambulateur, deux fauteuils roulants et une bouteille d’oxygène figurent sur cet inventaire à la Prévert.

En 2001, scooters, fauteuils roulants et parcmètres avaient été repêchés au fond du canal. Le Huffington Post rapporte que les opérations de mise à sec du canal, effectuées en moyenne toutes les décennies depuis 1866, ont permis de faire de curieuses découvertes: un coffre ancien en 1886, une bombe en 1916 et un vase sacré ainsi qu’un crâne humain en 1925. Aujourd’hui, jeter des déchets dans le canal équivaut à un abandon de détritus sur la voie publique. Un geste passible de 68 euros d’amende.

article de Direct matin

Article de France Inter

Magasin gratuit – Espace sans monnaie ni troc à Rennes

Le collectif La souris verte propose un espace de gratuité 19 rue Legraverend. Objectif : changer les rapports à la consommation.

souris verte

Éviter le gaspillage et les déchets en redonnant une seconde vie à des objets encore en bon état, telle est l’idée du magasin gratuit.
Deux fois par semaine, le mercredi et samedi après-midi (de 14 h 30 à 18 h), le collectif La souris verte installe le magasin gratuit, 19 rue Legraverend, dans les locaux de l’association « Et si on se parlait. »
Chacun amène ce qu’il veut et prend ce qu’il souhaite. Tout est en accès libre. Pas de monnaie d’échange, pas de troc. « C’est ouvert à tout le monde, on ne pose aucune question. Pas de critères de ressources, de situation, avec ou sans papier. Ce n’est pas un espace caritatif »,explique Erwan, membre du collectif libertaire écologique « La Souris verte ».
J’ai pris l’exemple de Rennes car il est un des premiers a avoir ouvert en France, mais voici un lien qui vous fera trouver le magasin de ce type près de chez vous :
Article du Wiki, en fin de l’article le lien vers les magasins gratuits dans le monde
le magasin de Paris

Le chef Raoni Metuktire en France à la cop21

Voici son message :«Il faut que les Européens mangent ce qu’ils produisent sur leur propre sol»

Portrait de cet homme atypique et admirable :

Né au début des années 30, Raoni Metuktire est le cacique du peuple Kayopo d’Amazonie. Chef de cette communauté brésilienne d’environ 7 000 âmes, il s’est fait connaître en 1989 en accompagnant le chanteur Sting dans une tournée mondiale, pendant laquelle il a rencontré, entre autres, François Mitterrand, Jean Paul II ou l’empereur du Japon. Jeudi, il a tenu au Bourget une conférence grand public, durant laquelle il s’est élevé contre la construction de barrages hydroélectriques et a lancé un appel aux dons pour son institut. L’interview a été réalisée via une double traduction, du kayopo au portugais, puis du portugais au français. Et vice versa.

raoni sting

Raison de sa venue à la cop21

« Je suis venu à la COP21 pour demander enfin aux gouvernements de prendre les mesures qui s’imposent contre la dégradation du milieu ambiant, et pour lancer l’alliance des Gardiens de la Mère Nature, avec d’autres chefs indigènes. Il est indispensable qu’on s’unisse car nous subissons tous les mêmes menaces face à un ennemi identique, et c’était l’occasion de nous rencontrer. Notre texte avec des propositions pour défendre la nature et les générations futures a été signé par 8 chefs, venus d’Amérique du Nord, du Pérou, de Bolivie, d’Afrique, de Papouasie, de Thaïlande « [en plus de 5 chefs amazoniens, ndt].

«Les jeunes sont obligés par la loi brésilienne d’apprendre le portugais, et avec la langue ils apprennent la manière d’être des Brésiliens. Ils sont très attirés par la technologie, ce qui a deux effets opposés. Ce qui est positif, c’est qu’ils nous ramènent des informations sur le monde, et que nous sommes au courant des choses qui nous concernent. Le mauvais côté, c’est que cela les éloigne de la culture traditionnelle, ils s’habituent à des divertissements qui ne sont pas typiques. Dès que l’on apprend que l’un d’eux a des problèmes d’alcool, on le rapatrie immédiatement au village.

«Aux garçons, on leur dit d’apprendre d’abord leur culture, ensuite celle des autres. Et je leur conseille de continuer à préserver notre culture. Chez nous, la vie des femmes est très différente, elles travaillent aux champs, à la maison, transmettent aux filles leurs connaissances. C’est très important que les femmes continuent à avoir un comportement traditionnel.

 

«Personnellement, je ne ressens aucun problème à naviguer entre les deux cultures depuis trente ans. Je m’adapte, je regarde, j’aime découvrir le monde, les différences de climat m’amusent. J’aime beaucoup la France, et les Français m’aiment beaucoup. Au Brésil, les industries minières, agricoles et de l’énergie menacent notre forêt. Les grands propriétaires fonciers déboisent pour faire des cultures, y déversent des pesticides, qui se retrouvent dans les rivières dont nous buvons l’eau. Il faudrait boycotter les produits issus de cette dévastation, et que les Européens mangent ce qu’ils produisent sur leur propre sol. J’espère que vous allez m’aider dans ce combat, et le nerf de la guerre, c’est l’argent.»

raoni planet

Lien vers l’article de libération ma source

Article de Libé’

COP21. L’accord a été adopté à l’unanimité par les 195 pays

L’accord a été adopté par les 195 pays et acclamé par une salve d’applaudissements.

« Je regarde la salle, je vois que la réaction est positive, je n’entends pas d’objection, l’accord de Paris pour le climat est adopté! », a dit le président de la COP21, Laurent Fabius, suscitant une standing ovation de plusieurs minutes, des embrassades, des cris de joie, dans toute la salle.

Applaudissements, embrassades… Pari réussi pour Laurent Fabius, le président de la COP21. Les délégués des 195 pays présents au Bourget ont validé à l’unanimité l’accord contre le réchauffement climatique, à l’issue d’un véritable marathon de négociations.

« C’est un petit marteau, mais je sens qu’il va faire de grandes choses », a lancé Laurent Fabius un large sourire aux lèvres pour valider l’adoption de cet accord.

François Hollande est monté à la tribune, a tenu la main de Ban Ki-moon et celle de Laurent Fabius, tandis que la responsable climat de l’ONU Christiana Figueres et la négociatrice en chef de la France Laurence Tubiana se donnaient une longue accolade.

 

Cet accord est « juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant » et « s’il est adopté, ce texte sera un tournant historique », avait-il espéré ce samedi matin à la tribune, au côté du président français François Hollande et du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Un document de 12 pages et 29 articles

Ce document est assorti d’une décision de la COP21, qui énumère des dispositions pour sa mise en oeuvre, avant son entrée en vigueur en 2020.

Cette décision stipule notamment que les signataires feront en sorte de porter « au plus haut niveau possible » les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dès avant 2020.

L’objectif de l’accord est de contenir la hausse moyenne de la température de la planète « nettement en-dessous de 2°C » en 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle et de « poursuivre les efforts » pour la limiter à 1,5°C.

COP21 ce qu’il faut retenir de l’accord sur le climat

Laurent Fabius a présenté samedi matin les grandes lignes du projet de texte final de la COP21 sur le climat. Ce texte doit à présent être adopté à l’unanimité des 195 pays présents à la conférence climat à Paris.

Les principaux points du projet d’accord sur le climat

-Limiter le réchauffement climatique à 1,5°

-Une aide 100 milliards de dollars par an attribués aux pays en voie de développement.

-Un bilan des progrès tous les 5 ans

-Un accord  juridiquement contraignant

Limiter le réchauffement à 1,5°: mieux que prévu

Le projet d’accord présenté samedi aux délégués de 195 pays par la présidence française de la conférence de l’ONU sur le climat propose de contenir le réchauffement « bien en-deçà de 2° » et de « s’efforcer de le limiter à 1,5° », a déclaré le président de la COP21, Laurent Fabius.

Le projet « confirme notre objectif central, vital même, de contenir l’augmentation de la température moyenne bien en-deçà de 2° et de s’efforcer de limiter cette augmentation à 1,5°, ce qui permettrait de réduire significativement les risques et les impacts liés au changement climatique », a déclaré le ministre français, très applaudi par les délégués réunis en séance plénière.

Jusqu’ici la communauté internationale s’était, en 2010 à la COP de Cancun, engagée à garder la hausse du mercure « en-deçà de 2° ». « Bien en-deçà » serait donc un progrès, de même qu’une mention aussi claire de l’importance de garder le monde sous 1,5°. La présence dans l’accord de l’objectif 1,5°C est une revendication de plus d’une centaine de pays, les plus vulnérables aux impacts du réchauffement mais aussi d’autres comme l’Union européenne. Arabie Saoudite, Inde, Russie — parmi les principaux producteurs de carburants fossiles dans le monde — ont en revanche exprimé leur opposition. Il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 à 70% d’ici 2050 (et les faire disparaître en 2100) pour espérer rester sous 2°C, et les baisser de 70 à 95% pour rester sous 1,5°C, selon le groupement international d’experts du climat (Giec). Au cours de cette COP du Bourget, d’autres pays peu favorables au 1,5°C se sont ralliés aussi à l’idée de sa mention dans le texte, comme les Etats-Unis. Les scientifiques soulignent que les impacts seront déjà forts dans un monde à +2°C, notamment en terme d’élévation du niveau des océans, et qu’il serait préférable de tendre vers 1,5°C. Sous l’effet des GES émis depuis 150 ans et issus pour l’essentiel de la combustion des énergies fossiles, le monde a déjà gagné 1°C. Et selon le GIEC, il est sans doute parti pour un réchauffement d’au moins 1,5°C du fait des seuls gaz déjà émis, le CO2 persistant environ un siècle dans l’atmosphère.

100 milliards de dollars par an pour les pays du Sud

Selon Laurent Fabius, l’aide aux pays en développement pour faire face au réchauffement, qui doit atteindre 100 milliards de dollars annuels en 2020, devra « être un plancher »: une exigence de longue date des pays du Sud. L’objectif de parvenir en 2015 à un accord universel et contraignant a été fixé en 2011 à Durban, en Afrique du Sud, et a été au coeur des conférences annuelles de l’ONU sur le climat depuis. Les discussions engagées ont culminé pendant deux semaines au Bourget, au nord de Paris.

 Pas de vote, mais une adoption formelle du texte est nécessaire

Après d’intenses tractations pour conclure un accord devant donner une ampleur inédite à la lutte contre le réchauffement climatique, les délégations qui ont négocié jour et nuit sur la fin de la COP, doivent se retrouver à 15H45 (14H45 GMT) en vue une adoption formelle du texte.  Le texte ne fera pas l’objet d’un vote formel, le consensus étant requis dans le cadre de la Convention climat de l’Onu.  Ban Ki-moon a appelé l’ensemble des pays à « finir le travail », en adoptant un pacte climatique contre un réchauffement qui aggrave les vagues de chaleur, les sécheresses, les inondations.  François Hollande, qui avait décidé en 2013 de proposer la France comme pays hôte de la COP21, a lui exhorté la communauté internationale à faire « un pas décisif ».

Ouest France

lien vers une vidéo complémentaire

150 chefs d’Etat pour la Cop21 à Paris

Cette année, la Conférence annuelle sur le climat a lieu à Paris, entre le 30 novembre et le 11 décembre 2015.

Mais au fait, c’est quoi une COP ?

On l'appelle la Conférence internationale du climat et, cette année, le ParisClimat 2015. Mais son petit nom, le vrai, c'est Cop.

COP, ça veut dire quoi ? :

La COP, abréviation de COnférence des Parties, est une conférence supranationale sur l’environnement, ou plus précisément sur les changements climatiques.

Elle est un peu la version environnementale de l’ONU. Chaque année, les participants de cette conférence se réunissent pour décider des mesures à mettre en place, ceci dans le but de limiter le réchauffement climatique à seulement 2°C.
 Cette année  c'est la 21ème conférence qui se tient à Paris, donc la Cop21 ; en 2016 ce sera la 22ème conférence, elle aura lieu au Maroc.
 terre

 

Qui y participe ?

 

 
 Les participants, appelés « parties », sont les Etats signataires de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée en 1992, à la fin du Sommet de la Terre, à Rio. Cette convention reconnaît l’existence « d’un changement climatique d’origine humaine et donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène », selon le site officiel de la COP21.
De ce point de départ découlent les COP (Conference Of Parties) annuelles, destinées à adopter des mesures pour que tous les Etats signataires réduisent leur impact sur le réchauffement climatique.

terre belle

Le but ?

Les décisions prises lors de ces conférences doivent être adoptées à l’unanimité des parties ou par consensus uniquement. Chaque session de COP est donc fondamentale, car elle permet de faire un bilan de l’année écoulée, mais également de renouveler ou ajuster de précédents engagements.

Pourquoi la COP21 est elle si spéciale ?

 
Parce qu’elle a pour objectif d’aboutir à un accord « universel et contraignant » qui prendra effet à partir de 2020, pour créer une vvéritable transition vers une économie et une politique mondiale écoresponsables, une grande première pour la COP !

Si la collaboration entre les parties est efficace, nous pourrions donc très bientôt assister à une revalorisation de l’écologie dans la sphère politique.

L’enjeu clé est le financement des politiques climatiques : les négociateurs des 196 parties devront aussi trouver un accord pour réunir 100 milliards de dollars par an à compter de 2020.

pour aller plus loin :

Article du Monde sur la Cop21

 

La cop21 site du gouvernement

terre genereuse

La lettre à Daesh de Simon Casteran

Simon Casteran, journaliste toulousain, a perdu sa cousine, Madeleine, 30 ans, professeur de français, vendredi soir, morte au Bataclan à Paris. Sur son blog personnel, lessermonsdulundi.com, il adresse à Daech une lettre forte, intelligente et inspirée de la soif de vie de sa cousine.

Mon cher Daech,

J’ai bien lu ton communiqué de presse victorieux. Comme on l’imagine, tu dois être heureux du succès de tes attaques menées vendredi soir à Paris. Massacrer des civils innocents qui ne demandaient qu’à jouir d’un bon match de foot, d’un concert de métal ou tout simplement d’un petit restau entre potes, ça défoule, pas vrai ? Alors certes, ça ne te change pas beaucoup des milliers d’exactions commises quotidiennement, depuis des années, en Irak et en Syrie. Mais en bonne multinationale des lâches et des peine-à-jouir que tu es, il te fallait t’imposer sur le marché occidental. Ce que tu as fait, dès janvier, avec l’attentat de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Toutes mes félicitations : grâce à tes happenings sordides et sanglants, la marque Daech est plus forte que jamais. Elle a même effacé jusqu’au souvenir d’Al-Qaeda qui, à côté de toi, semble désormais presque raisonnable.

Donc, tu as tué. Oh bien sûr, pas par goût du sang et de la violence, mais au nom «d’Allah le Très Miséricordieux». Moi qui croyais que la «miséricorde» suppose la bonté et l’indulgence envers les autres, je ferais mieux de jeter mon dictionnaire. Et de m’acheter une Kalachnikov et des grenades, pour m’en aller distribuer à mon tour amour et compassion partout où vous vous trouvez. Avant de laisser, sur vos corps enfin bénis, la photo de ma cousine Madeleine, que votre miséricorde a lâchement assassinée vendredi au Bataclan.

L’eussiez-vous connue, que vous l’auriez détestée immédiatement. C’était une femme libre et heureuse, pleine de cette lumière intérieure qui vous manque tant. Horreur suprême, c’était aussi une intellectuelle, qui aimait son métier de prof de lettres en collège. Car oui, chez nous, les femmes ont non seulement le droit d’être éduquées, mais aussi d’enseigner. Tout comme elles ont le droit d’aller où bon leur semble, d’écouter de la musique, de boire de l’alcool et d’aimer qui elles veulent. Sans burqa, ni violence. Bref, de jouir de cette liberté qui vous fait tant horreur. Et dont Paris, «la capitale des abominations et de la perversion», dis-tu, s’est fait depuis longtemps la représentante.

Oui, chers sœurs et frères, n’en doutons pas : l’abomination et la perversion n’est pas à chercher dans le massacre d’innocents par des fanatiques surarmés, qui travestissent le Coran en un manuel du parfait petit terroriste, mais dans cette vie païenne, faite de plaisirs et de joie. Cette «fête de la perversité» qui réunit, de semaine en semaine, des milliers «d’idolâtres» ; lesquels, au lieu d’adorer la Mort comme vous le faites en «(divorçant) de la vie d’ici-bas», préfèrent se rassembler pour communier ensemble, dans un instant de partage et d’adoration de l’existence.

À ce titre, mon petit, ridicule, mesquin Daech, je te dois un aveu : moi aussi, je suis un pervers et un idolâtre. J’aime la vie, le métal, les restaus et, parfois même, regarder un match de foot. Mea culpa, mea maxima culpa. Je suis un Croisé, comme tu dis. Un Croisé de la liberté, de l’amour et de la convivialité ; à la différence, cependant, que contrairement à toi, j’ai évolué depuis le Moyen Âge. Ma religion n’est pas faite de fer et de sang, comme la tienne, mais de chair et d’espoir. Aussi, si tu veux un bon conseil, mon cher Daech, dépêche-toi : car l’Histoire est sur tes talons, et déjà les Lumières que tu veux éteindre menacent ton califat d’un autre âge.

«Allah est le plus grand», écris-tu. «Or c’est à Allah qu’est la puissance ainsi qu’à Son messager et aux croyants. Mais les hypocrites ne le savent pas» (sourate 63, verset 8). Sur ce point, je ne peux que te donner raison. Qu’on l’appelle Dieu, Yahvé ou Allah, le Tout-puissant n’a guère besoin que l’on tue en son nom, ni que l’on pervertisse Ses lois. Alors, pourquoi continuer à tuer ? Ton Seigneur est-il si faible, dans ton esprit, qu’il ne puisse agir de lui-même ? Je ne peux le croire. Ce que je crois, en revanche, c’est que tu t’arranges bien de Son silence. Qu’en tuant au nom de ce même islam et des musulmans que tu prétends défendre, tout en les assassinant, c’est la Création divine que tu détruis. Ce qui fait de toi un impie, un pécheur, encore plus coupable que le croyant que tu exècres, ou les païens que nous sommes. Mais cela, les hypocrites ne le savent pas.

Simon Casteran

Il permet de la publier, je tiens à le féliciter pour l’intelligence et la force de ses mots, dans sa douleur il a du puiser au fond de lui pour écrire ce texte si puissant. Je lui présente mes condoléances les plus sincères.

Pour en savoir plus

article de la dépêche

blog de Simon Casteran