Société : France 2 : un reportage interdit de Complément d’enquête est anonymisé

Dans ce sujet prévu pour être diffusé jeudi soir 23 juin 2016, une plainte pour harcèlement sexuel visant le patron d’une grande entreprise était évoquée.

France 2 s’est vu interdire par décision de justice de diffuser jeudi soir un reportage évoquant une plainte pour harcèlement sexuel visant le patron d’une grande entreprise, sans avoir supprimé toute référence à ce dernier, a appris l’AFP de sources concordantes. Afin de se conformer à cette décision, rarissime, la chaîne a diffusé comme prévu jeudi soir le reportage dans l’émission Complément d’enquête, mais dans une version anonymisée, a déclaré à l’AFP l’avocat de la chaîne Eric Andrieu. Ce soir-là, le magazine, présenté par Nicolas Poincaré, était consacré à l’affaire Baupin qui a secoué la classe politique il y a quelques semaines.

Dans sa décision, consultée par l’AFP, la juge des référés (procédure d’urgence) a considéré que la diffusion du reportage tel quel porterait atteinte à la présomption d’innocence et à la vie privée de l’homme visé par la plainte pour harcèlement sexuel. Accusations qu’il conteste fermement selon son avocat Olivier Baratelli. Dans l’extrait suivant, le nom de la personne visée par la femme témoin est bipé.

Contacté par les journalistes de l’émission, le patron, avait refusé de s’exprimer. Craignant que l’émission ne «donne une exposition médiatique de grande ampleur à ce qu’ils considèrent relever d’une tentative de déstabilisation de la société à travers son dirigeant actuel», il a demandé et obtenu dans un premier temps de pouvoir visionner le reportage litigieux, avant de demander son interdiction.

France Télévisions fait appel

Dans son ordonnance, la juge du tribunal de grande instance de Paris considère que «le respect de la présomption d’innocence (…) s’oppose à ce qu’une personne soit, sur un reportage d’une dizaine de minutes, publiquement désignée comme coupable des faits faisant l’objet d’une information judiciaire, avant même qu’elle ait pu s’exprimer devant le juge d’instruction sur les faits qui lui sont reprochés».

Quant à la lecture de messages à connotation sexuelle qu’il aurait adressés à celle qui a porté plainte pour harcèlement sexuel, elle «porte à l’évidence atteinte au respect dû à sa vie privée», estime la juge. France Télévisions avait immédiatement fait appel de cette décision rendue en début d’après-midi, mais selon Me Andrieu, l’huissier qui s’est présenté au siège de l’entreprise où l’on a «refusé de prendre l’assignation».

Si bien que la cour d’appel a renvoyé l’audience, que France Télévisions souhaitait voir se tenir jeudi en fin de journée dans l’espoir de pouvoir diffuser la version initiale du reportage, au 15 septembre. Selon Me Baratelli, l’assignation en vue du procès en appel a été désigné tardivement jeudi et l’huissier a trouvé porte close.

Afp agence.

Royaume Uni : et après le vote du Brexit…..

Brexit : British Exit (rappel)

• Le “Out” qui l’a emporté, avec 51,9 % des suffrages.
• La participation au référendum a été forte : 72,2 %.
• Le Premier ministre a annoncé qu’il allait démissionner.
• Depuis l’annonce du résultat, la livre sterling s’est effondrée.

 

• Vu d’Espagne : les Britanniques refont l’histoire
Dans son éditorial, le directeur du journal El Español s’inquiète des conséquences du vote britannique à deux jours du retour aux urnes des Espagnols. Alors que les Anglais ont traversé deux fois la Manche durant le siècle dernier pour protéger le continent du totalitarisme, ils tournent aujourd’hui le dos au projet européen pour revenir à leur splendide isolement.

“Un peuple de grande culture démocratique comme le peuple britannique décide d’abandonner une institution comme l’Union européenne, garante de paix et de coopération dans un espace commun qui a été ravagé par des guerres pendant des années. C’est comme si les aiguilles de la montre de l’histoire tournaient à l’envers”, écrit-il, avant de conclure : “L’Union européenne doit reprendre son élan. Sinon, ce sera une mosaïque de nationalismes xénophobes qui nous ramènera à la sombre vallée de l’Europe de l’entre-deux-guerres”.

• Vers un référendum en Irlande ?
En Irlande du nord, le parti nationaliste Sinn Féin “a demandé un référendum sur la réunification de l’Irlande, consécutif à la décision du Royaume-Uni de quitter l’UE”,annonce le Belfast Telegraph. Selon le secrétaire national du parti, Declan Kearney : “Le vote anglais a renversé la volonté démocratique de l’Irlande du nord. C’était un vote intercommunautaire [nationaliste et unioniste] en faveur du maintien de l’adhésion à l’UE.”  Le journal rappelle que “l’Irlande du Nord a voté pour rester dans l’UE [56 % en faveur du maintien]”. L’autre quotidien de Belfast, The Irish News, explique qu’un tel référendum peut “être demandé par le secrétaire d’Etat de l’Irlande du nord dans les circonstances où l’opinion publique serait clairement favorable à l’unité irlandaise”, et donc à une abolition de la frontière séparant le territoire de la République d’Irlande.

• Vu du Brésil
Le quotidien Folha de São Paulo consacre sa une au Brexit et souligne que “les marchés financiers plongent”. Dans les deux ans à venir, période de transition pour rendre effective sa sortie de l’UE, “le Royaume-Uni devra essayer de recoller les morceaux d’un pays fissuré et devra affronter la colère politique d’une Europe bafouée”, estime le journal brésilien.

• La carte des votes
“L’image qui ressort est celle d’un pays extrêmement polarisé”, écrit The Guardian :“les zones en faveur du ‘remain’ ont voté encore plus largement que ce que l’on attendait pour rester dans l’UE, tandis que celles favorables au ‘leave’ ont voté plus fortement encore pour la quitter”.

• “Comment limiter les dégâts ?”

La sortie de l’UE est “une séparation tragique”, selon The Economist. “Comment limiter les dégâts de ce coup insensé que la Grande-Bretagne s’est infligé à elle-même ?” se demande le journal. Premièrement, “la chute de la livre au plus bas niveau depuis trente ans donne un avant-goût de ce que l’avenir nous réserve”,s’inquiète l’hebdomadaire économique, qui prévoit la “possibilité que le pays rentre en récession”. Une chose est sûre : ce vote représente “un déferlement de rage contre ‘l’establishment’”, constate le journal. “De nombreux électeurs britanniques qui ont fait les frais des coupes budgétaires publiques, et qui n’ont pas eu leur part du gâteau de la prospérité britannique, sont tombés entre les mains d’un populisme agressif”.

• Etats-Unis : le Brexit à la une
Les journaux américains réagissent au vote pour sortir de l’UE. “Les Britanniques surprennent le monde avec leur vote en faveur d’une sortie de l’Union européenne”,titre le New York Times. Pour le Wall Street Journal, “le vote du Royaume-Uni va avoir des répercussions dans le monde entier”. Tandis que dans un article publié en une de son site, le Washington Post dresse la liste de “ces autres pays qui pourraient, à leur tour, quitter l’UE, dont la Hongrie, la Grèce, la Suède, le Danemark… mais aussi la France.

• David Cameron annonce sa démission

Devant sa résidence officielle de 10 Downing Street, peu après 9 heures, le Premier ministre britannique a annoncé sa démission d’ici à l’automne, rapporte The Guardian. “Je ne pense pas pouvoir être le capitaine qui pilotera le pays vers sa prochaine destination”, a déclaré Cameron, avant d’ajouter : “Le nouveau Premier ministre sera en place début octobre”, au moment où le Parti conservateur tiendra sa conférence.

• L’Ecosse a voté à 67,2 % pour rester dans l’Union

“L’Ecosse a massivement voté pour le ‘Remain’, mais l’Angleterre et le pays de Galles envoient le Royaume-Uni en dehors de l’UE”, écrit The National, à Glasgow. Les Ecossais se sont prononcés à 67,2 % pour le maintien dans l’UE. Le Brexit remet sur le tapis la question de l’indépendance de l’Ecosse : The National évoque la possibilité d’un deuxième référendum, après celui de septembre 2014. Une option contestée par le leader du Ukip en Ecosse, David Coburn, interrogé par le journal : d’après lui, Nicola Sturgeon, la Première ministre écossaise, “ne le fera pas, car elle perdrait et elle le sait. En Ecosse, il n’y a pas de volonté d’un deuxième référendum. On l’a fait, ils ont perdu, ils doivent maintenant vivre avec”.

• “A toUtE !” titre The Sun

Avec le Brexit, le tabloïd le plus vendu du Royaume-Uni laisse exploser sa joie. “A toUtE !” crie The Sun à ses 1,8 million de lecteurs. Il ajoute que “la marge très étroite de victoire (52 % contre 48 %) pour le Brexit laisse la nation divisée en deux”. Il s’agit d’un “soulèvement populaire massif contre les élites londoniennes” venant des électeurs du “nord de l’Angleterre, de la côte est, des Midlands et du pays de Galles, ainsi que des zones rurales dans le Sud. Seuls l’Ecosse, l’Irlande du Nord et les quartiers du centre de Londres et de Manchester ont voté contre le Brexit.”

Avec la livre sterling qui a chuté de 11 % pendant la nuit, “du jamais-vu depuis trente et un ans”, le tabloïd note que “la City de Londres s’attend à un krach aujourd’hui”.

 

Le Courrier International.