Nature : En Islande on transforme le CO2 en roches

Le captage de CO2, le gaz carbonique, dans des couches géologiques pose des problèmes de coûts et de fuites. En se concentrant sur des sols basaltiques, il est possible de faire précipiter le CO2 sous forme de roche calcaire et de le stocker de manière sûre.

 

Le captage et le stockage dans des réservoirs géologiques profonds du CO2, relâché dans l’atmosphère par l’activité humaine en particulier par l’industrie, est une des solutions clés pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais cette technologie n’est pas parfaite car, en cas de micro-tremblements de terre, le CO2 finit par se libérer. Par ailleurs, elle est extrêmement coûteuse. Une équipe internationale de chercheurs, coordonnée par l’université de Southampton, en Angleterre a trouvé une solution, publiée dans la revue scientifique Science.

En 2012, ils ont capté 230 tonnes de CO2 émis par une usine. Celui-ci a été dilué dans de l’eau puis injecté dans d’anciens puits creusés à environ 500 mètres de profondeur dans du basalte, une roche volcanique très présente en Islande. Cette dernière, riche en en calcium, magnésium et fer, a permis d’accélérer la précipitation du carbone sous forme de roches calcaires. L’opération, qui prendrait normalement plusieurs centaines d’années, a demandé ici seulement deux ans. La roche résultante, quant à elle, restera en l’état pour l’éternité.

De nombreux avantages, quelques défauts

Cette technologie présente plusieurs avantages. Le basalte est une roche très présente dans les sous-sols de la planète, elle recouvre environ 10 % des continents affirment les chercheurs. Par ailleurs, les coûts sont considérablement réduits car, d’une part, le gaz n’a pas à être injecté sous très haute pression et, d’autre part, le stockage n’a pas à être surveillé pour guetter une éventuelle fuite. Mais la solution soulève une question, l’utilisation d’importants volumes d’eau, une ressource rare dans certaines régions du monde.

Ludovic Dupin