Santé : Bisphénol A. Des traces malgré l’interdiction

C’est ce que révèle une enquête de l’association Santé Environnement France qui a fait analyser canettes et conserves. Le perturbateur endocrinien est interdit depuis 2015.

Il y a un peu plus d’un an, en janvier 2015, la France interdisait la présence de Bisphénol A, un perturbateur endocrinien (hormonal), dans tous les contenants alimentaires. « Le bisphénol A peut migrer quand il est en contact avec les aliments. Il a fait l’objet de nombreuses études dans le monde, sa dangerosité, même à petite dose, est avérée », rappelait alors le réseau vigilance environnement santé. Le Bisphénol A peut entraîner des malformations ou des dysfonctionnements des organes reproducteurs. Il pourrait aussi affecter la fonction cérébrale, les reins ou le foie et augmenter les risques d’obésité et de diabète de type 2. Sa présence dans les biberons avait notamment défrayé la chronique.

Un an après cette interdiction, l’association Santé Environnement France (ASEF) a voulu vérifier si cette interdiction était respectée.

Rien dans les biberonsPour les biberons, bonne nouvelle ! Sur les six testés, aucun n’a révélé la présence de Bisphénol A, F ou S. « Néanmoins, nous conseillons de privilégier tant que c’est possible les biberons en verre si vous chauffez l’eau », indique le Dr Pierre Souvet, président de l’ASEF.

En revanche, concernant les contenants métalliques, le constat est moins réjouissant. L’ASEF a simplement testé deux canettes – l’une contenant de l’eau gazeuse, l’autre un soda – et deux boîtes de conserve de haricots blancs. Résultats : dans l’une des deux canettes, du Bisphénol A et du Bisphénol F ont été détectés. Dans l’une des boîtes de conserve, c’est du Bisphénol A et du Bisphénol S ont été trouvés. De faibles doses à chaque fois : moins de 1 microgramme par litre.

Bisphénol F et SLes Bisphénol F et S sont encore autorisés. Or, selon une étude publiée, en 2015, dans la revue américaine Fertility & Sterility, ils provoquent la même réduction de production d’hormone mâle, la testostérone, que celles induites par le bisphénol A.

« Les doses présentes dans les produits sont faibles, mais elles n’auront pas le même effet sur les personnes, suivant l’âge, le sexe, le profil génétique, le type de produits, la fréquence ou la durée de l’exposition. On sait qu’un fœtus porté par une femme enceinte sera beaucoup plus sensible à ces produits qu’un homme de 50 ans… », explique le Dr Patrice Halimi, Chirurgien-Pédiatre à Aix-en-Provence et Secrétaire Général de l’Association Santé Environnement France.

D’où la question posée par l’ASEF : à quand une réglementation aussi pour les Bisphénol F et S ?

Le Syndicat national des fabricants de boîtes, d’emballages et bouchages métalliques – se basant sur un avis l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), estimant que le Bisphénol A présentait peu de risques – conteste toujours cette interdiction, « unique au monde. Elle entrave la compétitivité de notre filière sur les marchés internationaux qui représentent 40 % des volumes issus des usines Françaises ».

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