A Hiroshima, John Kerry, « profondément ému », réclame un « monde sans armes nucléaires »

C’est une « journée historique » qu’a vécue Hiroshima lundi 11 avril. Le ministre japonais des affaires étrangères, Fumio Kishida, natif de la ville ayant subi le premier bombardement atomique de l’histoire, pouvait afficher sa satisfaction. Pour la première fois depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, un secrétaire d’Etat américain, John Kerry en l’occurrence, a rendu hommage aux quelque 140 000 victimes directes ou indirectes de la bombe A. Jamais un responsable américain d’un tel niveau de responsabilité n’avait accompli ce geste.

En visite les 10 et 11 avril dans la ville japonaise pour la rencontre des ministres des affaires étrangères des pays du G7, John Kerry s’est rendu avec ses homologues au mémorial de la paix et a déposé des fleurs devant le cénotaphe dédié aux victimes.

Avec ses homologues, le responsable américain a ensuite visité le musée dédié au bombardement. John Kerry s’est dit « profondément ému » devant la« puissance » du lieu. « Cela nous rappelle avec force et dureté que nous avons non seulement l’obligation de mettre un terme à la menace des armes nucléaires,a-t-il écrit dans le livre d’or du musée, mais aussi que nous devons tout faire pouréviter la guerre. » M. Kerry est un ancien combattant au Vietnam, réticent face à l’interventionnisme militaire américain et favorable au désarmement.

Visite possible de Barack Obama

La question des excuses des Etats-Unis ne semble pas avoir été abordée. D’après l’entourage du secrétaire d’Etat, ni le gouvernement japonais ni les associations de « hibakushas », les survivants du bombardement atomique, n’auraient insisté sur ce point. Un diplomate américain avait déclaré le 10 avril que M. Kerry, comme « tous les Américains et les Japonais, était empli de tristesse ».

Très engagés pour la suppression des armes nucléaires, les hibakushas espéraient depuis longtemps la venue de responsables de pays dotés de telles armes, pour qu’ils constatent leurs effets. La création d’un monde sans armenucléaire est une ambition affichée depuis sa première année de mandat par le président américain, Barack Obama. Il avait évoqué en 2009 la possibilité de serendre à Hiroshima. « Je serais honoré d’y être invité », avait-il déclaré.

Selon plusieurs sources, dont l’édition du 9 avril du Washington Post, une telle visite pourrait survenir après le sommet du G7 organisé les 26 et 27 mai au Japon. M. Obama passerait quelques heures à Hiroshima, où il prononcerait un discours. Evoquant la question après la visite du musée de Hiroshima, M. Kerry l’y a encouragé.

« Sérieux défis »

Les ministres du G7 ont ensuite repris leurs discussions, qui portaient sur le nucléaire, mais aussi sur le terrorisme et les crises en cours, en Syrie et enUkraine notamment. Une déclaration de Hiroshima a été adoptée à la fin de l’entretien. Elle constate les « sérieux défis » qui menacent la « communauté internationale, au niveau régional et mondial dans le domaine de la non-prolifération et du désarmement ».

Les signataires rappellent notamment l’essai nucléaire de janvier mené par laCorée du Nord et ses tests de missiles. Sur ce point, M. Kerry a rappelé que de nouvelles pressions étaient possibles. « Mais nous sommes disposés à négocierun traité de paix » prévoyant la « dénucléarisation » de la péninsule coréenne, a-t-il ajouté.

L’inquiétude suscitée par la situation dans les mers de Chine méridionale et orientale, où Pékin multiplie les activités militaires, a également été abordée. Les ministres ont souligné l’importance « d’une gestion et d’une résolution pacifiques des contentieux existants ». Sur ce sujet, l’agence officielle chinoise Chine nouvelle avait fustigé le 10 avril l’attitude du Japon, avec lequel la Chine a un contentieux territorial, l’accusant de « prendre en otage » le G7.

Dans la déclaration de Hiroshima, le G7 s’engage à « agir pour un monde plus sûr et à prendre des mesures pratiques et concrètes » pour « le désarmement nucléaire et la non-prolifération, la sûreté nucléaire, les usages pacifiques de l’énergie nucléaire, la non-prolifération des autres armes de destruction massive, le contrôle des armes légères et dans le domaine spatial ».

Le Monde

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