Dix prisons secrètes de la CIA que vous n’auriez pas envie de visiter

La CIA, l’agence de renseignement américaine a, selon de multiples rapports d’enquête des principaux médias et des organisations humanitaires, géré de nombreux sites noirs a travers le monde. Ces endroits, selon ces rapports, sont des prisons secrètes utilisées pour loger des prisonniers fantômes. Ceux qui sont envoyés dans ces endroits sont retenus captifs sans être accusés d’aucun crime et ne sont autorisés à aucune forme de défense légale.

Ces prisonniers fantômes font l’objet de ce que la CIA appelle interrogatoire tactique amélioré ; les autres appellent ça torture. La CIA et ses méthodes opératives comprennent la torture par noyade, privation de sommeil, humiliation, coups, chocs électriques, et bien pire. Ces prisons secrètes, parsemées au quatre coins du monde, sont sans doute les endroits les plus terrifiants sur terre.

10. Diego Garcia – Océan Indien

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Photo via Wikimedia

Diego Garcia est un atoll dans l’océan Indien à environ 1 600 km au sud de l’Inde et à 3 200 km à l’est de la Tanzanie. Le lieu est revendiqué par le Royaume-Uni comme faisant partie du territoire britannique de l’océan Indien.

Dans les années 1960 à 1970, le Royaume-Uni a déporté les autochtones vers l’île Maurice et les Seychelles pour permettre aux États-Unis de construire une grande base navale et militaire connue sous le nom de Camp Thunder Cove. L’installation est actuellement le lieu de résidence d’approximativement 4 000 militaires et entrepreneurs indépendants.

Même si le Royaume-Uni a longtemps prétendu que des prisonniers fantômes n’avaient pas été gardés à Diego Garcia, dans une interview de 2015 avec Vice News, Lawrence Wilkerson, l’ancien chef de cabinet du secrétaire d’État américain Colin Powell, a révélé que des terroristes suspects avaient été kidnappés et amenés à la base océanepour des interrogatoires spéciaux. Wilkerson a affirmé que ceci avait été fait par la CIA immédiatement après le 11 septembre.

9. Centre d’interrogatoires de Temara – Maroc

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Le Centre d’interrogatoires de Temara se trouve en forêt, à 14 km de Rabat au Maroc. Cette installation est dirigée par une unité du gouvernement marocain connue sous le nom de Directorat pour la surveillance du territoire (DST).

En 2003, le Maroc a été examiné par le comité des Nations-Unies contre la torture. Les Nations-Unies ont étudié les preuves présentées par le gouvernement marocain, au même titre qu’Amnesty International. Leur trouvaille fut que, même si les droits de l’homme se sont en général améliorés au Maroc ces dernière  années, il y avait aussi une augmentation des cas de torture dans ce pays nord-africain.

En 2004, Amnesty International a affirmé que le DST est un lieu d’abus flagrants et récurrents contre les droits humains et que beaucoup de ces délits se produisent à Temara. Le rapport d’Amnesty International expose que les interrogateurs marocains ont régulièrement battu, humilié, électrocuté, brûlé et noyé des détenus à Temara. Le but prétendu des bourreaux du DST était d’obtenir des détenus des confessions ou des informations, ou de leur faire signer ou apposer leurs empreintes sur des documents (dont le détenu peut n’avoir aucune idée du contenu).

En 2010, Associated Press a rapporté que plusieurs responsables américains avaient confirmé que l’établissement était tenu par les Marocains mais était financé par la CIA. Le Maroc nie officiellement l’existence de l’installation.

8. Aéroport Mihail Kogalniceanu – Roumanie

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Photo credit: Crispas

L’aéroport Mihail Kogalniceanu est l’aéroport principal du sud de la région appelée Dobroudja,[la façade de la Roumanie sur la mer Noire, NdT] situé à un jet de pierre d’une station touristique sur la côte de la mer Noire. En 2015, l’aéroport a géré 2 227 vols impliquant plus de 63 000 passagers. Cependant, certains ont dit qu’une partie de ces vols étaient utilisés pour le trafic de prisonniers fantômes depuis et vers une prison secrète dans les locaux de l’aéroport.

La Roumanie prétend que l’aéroport Mihail Kogalniceanu est seulement utilisé comme point de transfert pour des prisonniers de la CIA et non pour des détentions réelles ou des interrogatoires. Cependant, en 2008, USA Today citait un responsable roumain anonyme qui déclarait que la portion militaire de l’aéroport contenait trois bâtiments strictement interdits aux fonctionnaires roumains, mais fréquentés par desagents américains.

Des preuves supplémentaires impliquant le rôle de la CIA dans les détentions à l’aéroport sont apparues en 2010 quand Der Spiegel a annoncé que le système de surveillance satellite Onyx des services secrets suisses avait intercepté un fax entre le ministre des Affaires étrangères égyptien et son ambassadeur à Londres. Le communiqué décrivait la détention de 23 captifs irakiens et afghans dans cet aéroport.

7. Site de détention Green – Thaïlande

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La Thaïlande nie l’existence d’un quelconque site noir sur son territoire, malgré les nombreux rapports décrivant le mystérieux site de détention Green et son emplacement sous-entendu juste à l’extérieur de Bangkok ou quelque part dans la province du nord Udon Thani.

Selon The Guardian, en 2009, la CIA elle-même a confirmé qu’ils avaient détruits 92 bandes enregistrées d’interviews avec des personnes suspectées de terrorisme, filmés quelque part en Thaïlande. Le rapport disait aussi que le site Green était un genre d’expérimentation, où la CIA affûterait les noyades et autres techniques d’interrogatoire améliorées pour être ensuite utilisées dans le plus grand site européen que l’agence va construire.

L’un des cobayes de la CIA a été un Saoudien capturé au Pakistan en 2002. Abu Zubaydah aurait été si sévèrement noyé que des bulles apparaissent quand il a la bouche ouverte. Abdal-Rahim al-Nashiri, le cerveau supposé de l’attentat de l’USS Cole (destroyer américain), aurait lui aussi été détenu au site Green. Les rapports disent que lui aussi a été noyé, en plus d’avoir été menacé de sodomie.

6. Camp Lemonnier – Djibouti

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Photo credit: Eduard Onyshchenko

Djibouti est un emplacement hautement stratégique pour les militaires américains, premièrement à cause de sa proximité avec les zones rouges de terrorisme comme la Somalie et le Yémen, mais aussi à cause du golfe d’Aden plein de pirates. Situé à l’aéroport international d’Ambouli à Djibouti, le camp Lemonnier est une base navale américaine d’expédition. Officiellement, c’est la résidence de la Combined Joint Task Force – Horn of Africa» (Groupe de forces interarmées multinationales – Corne de l’Afrique, CJTF-HOA) une unité de combat américaine qui a été mobilisée durant l’opération Enduring Freedom ou guerre contre le terrorisme.

Officieusement, selon un rapport de 2014 d’Al Jazeera America, le camp Lemonnier de Djibouti est aussi un site noir de la CIA qui a vu passer des douzaines de suspects détenus secrètement, interrogés et torturés. Le rapport explique aussi que le site a été utilisé dernièrement en 2012 par l’administration Obama, même si le président Obama a signé un ordre exécutif en 2009 qui bannissait l’utilisation des sites noirs par la CIA.

En 2015, le magazine The Intercept a révélé des prises de vues aériennes du camp Lemonnier montrant comment la base, qui est un point crucial de décollage des drones Reaper et Predator, a été régulièrement étendue.

5. Antaviliai – Lituanie

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A moins de 16 km de Vilnius, capitale de la Lituanie, dans le village d’Antaviliai, se trouve une mystérieuse ancienne école d’équitation. Selon le journal The Washington Post, l’école a été convertie en prison par la CIA en 2004. Le rapport poursuit en disant que le site a servi pour interroger les suspects d’al-Qaida capturés en Afghanistan.

La propriété a été achetée en 2004 par Elite LLC, une entreprise enregistrée à Washington, DC. Des gens du pays ont raconté avoir vu des entrepreneurs américains creuser autour de la propriété, créant ce qu’ils pensent être un complexe sous-terrain au-dessous du bâtiment. En 2009, des agents anonymes des renseignements ont dit àABC News que le site à Antaviliai était opérationnel depuis plus d’un an et que, durant cette période, il enfermait au moins 8 terroristes suspects dans ses murs. En 2007, Elite LLC a vendu la propriété au gouvernement lituanien puis a disparu. Depuis lors, le site est utilisé pour l’entraînement des services de sécurité de l’état lituanien.

4. Destroyer USS Ashland – Différents lieux

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Photo via Wikimedia

En 2008, The Guardian a rapporté que l’organisme de défense des droits humains Reprieve, qui déclare que les USA ont admis retenir au moins 26 000 personnes dans des prisons secrètes, a découvert que les USA avaient une flotte de prisons flottantesqui parcourt le globe. Les recherches de l’ONG de défense des droits de l’hommeReprieve montrent qu’au moins 17 navires de guerre sont utilisés comme site noirs de la CIA.

Parmi ces navires, il y a le destroyer USS Ashland, un bâtiment militaire de transport de chalands de débarquement de la classe des Whidbay Island, qui jauge 16 000 tonnes pour 186 m de long. L’USS Ashland abrite 500 Marines américains à bord.Reprieve pense que ce navire est en lien avec une série de kidnappings dirigés par les forces somaliennes, kényanes et éthiopiennes aux alentours de 2007.

The Guardian  dit aussi que les États-Unis ont précédemment admis que l’USS Bataan et l’USS Peleliu étaient aussi utilisés comme bateaux prisons entre 2001 et 2002.

John Walker Lindh, alias le Taliban américain, est un des détenus les plus connus à avoir navigué sur la flotte de prisons secrètes des États-Unis.

3. Stare Kiejkuty – Pologne

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Stare Kiejkuty est une zone militaire interdite dans le nord-est de la Pologne qui a été un poste Nazi SS lors de la Seconde Guerre mondiale. Dans les années 1970, la zone servait à des officiers des services secrets polonais, malgré les cartes qui montraient ce site comme un centre de vacances.

En 2008, une source des services secrets polonais a révélé à la BBC que les installations de Stare Kiejkuty servaient à la CIA pour interroger des détenus degrande valeur. La BBC rapporte que Khalid Sheikh Mohammed, le prétendu architecte des attaques du 11 septembre, a été interrogé en Pologne, entre autres endroits.

En 2014, l’ancien président polonais Alexander Kwasniewski a confirmé avoir conclu des accords avec les États-Unis pour permettre à la CIA d’installer des sites noirs  en Pologne durant son mandat entre 1995 et 2005. Kwasniewski a déclaré qu’un mémo américain l’avait informé que des détenus seraient traités comme des prisonniers de guerre à qui seraient accordés les droits reconnus internationalement qui découlent de cette désignation. Les sources qui ont parlé à la BBC disent que le président polonais n’avait certainement aucune idée de ce qui se passait réellement à la base Stare Kiejkuty.

2. Le «trou de sel» – Afghanistan

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Le trou de sel (salt pit), connu aussi sous le nom Cobalt, est une ancienne fabrique de briques située au nord de Kaboul, en Afghanistan.  En 2002, l’endroit fut converti en un centre de détention par la CIA, qui avait prévu plus de 200 000 dollars pour sa construction.

En 2012, The Daily Beast a décrit le trou de sel comme un «donjon sadique de la CIA»dans un article qui a mis en exergue un fort taux de morts généré sur le site. Le 20 novembre 2002, Gul Rahman est mort d’hypothermie après avoir été battu, mis à nu et enchaîné au sol pendant une nuit glaciale.

En 2014, le gouvernement américain a déclassé un rapport du Sénat sur le programme de détention et d’interrogatoire de la CIA. Ce rapport montrait qu’aucun officier de la CIA n’avait jamais été accusé de meurtre en relation avec la mort de Rahman. Au lieu de quoi, cinq mois après sa mort, l’officier en chef de la CIA qui avait ordonné que Rahman soit enchaîné s’est vu offrir 2 500 dollars de bonus pour «travail constamment de qualité».

Sur les 119 détenus identifiés dans le rapport du Sénat américain sur la torture, quasiment la moitié était détenus au trou de sel.

1. Camp Eagle – Bosnie-Herzégovine

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En 2005, deux Bosniaques, Nihad Karsic et Almin Harbeus, ont parlé à la télévisionBHTV de leur épreuve au Camp Eagle, près de Tuzla, proche de la frontière bosniaque et serbe. Les deux hommes ont déclaré avoir été violemment kidnappés par des soldats bosniaques, qui les accusaient alors d’être des terroristes.

À Camp Eagle, une ancienne base aérienne yougoslave, les deux hommes ont été battus et harcelés par des soldats avant d’être interrogés par des Américains en habits civils. Les hommes ont expliqué qu’ils avaient été finalement relâchés et s’étaient vu offrir 500 dollars chacun en compensation. Ils ont dit aussi qu’ils avaient été menacés et interdits de parler publiquement de ce qui leur était arrivé.

Selon la BBC, en 2006, une enquête suisse sur les sites noirs de la CIA a cité la Bosnie comme l’un des nombreux pays qui s’est associé à la CIA pour retenir secrètement des suspects terroristes, au même titre que l’Italie, la Suède et la Macédoine. Ce même rapport citait l’Espagne, la Turquie, l’Allemagne et Chypre comme étant des points relais, et l’Angleterre, l’Irlande et la Grèce comme des escales pour les détenus envoyés sur des sites noirs comme Camp Eagle.

Tim Bissel

Tim Bissell est un écrivain et un chercheur qui travaille pour l’industrie télévisuelle canadienne. Il écrit aussi pour des publications internet comme OZY et Bloody Elbow. Suivez-le sur @timothybissell.

Roundup: quels sont les autres produits dangereux que veut autoriser l’Europe?

Glyphosate, perturbateurs endocriniens, OGM: ce sont les « most wanted », les plus dangereux produits qui pourraient être autorisés par les autorités européennes… ou qui le sont déjà.

Glyphosate: stop ou encore?

Ces lundi et mardi, un comité d’experts de la Commission européenne et des 28 États-membres se penche sur une question controversée: faut-il ou non renouveler pour 15 ans l’autorisation de commercialisation du glyphosate en Europe?

Cette substance est notamment à la base du désherbant Roundup de Monsanto. Elle présente des risques pour la santé.

Homologué en 2002 au niveau européen à l’unanimité des États-membres, le glyphosate a depuis été classé par l’OMS comme « probablement cancérigène pour l’homme » en mars 2015.

Plusieurs pays européens comme le Danemark, les Pays-Bas et la Suède ont décidé de l’interdire ou d’en limiter l’utilisation à cause de ses effets possibles, allant de malformations chez les nouveaux-nés à l’autisme en passant par des problème rénaux, la maladie cœliaque ou la colite.

Plusieurs États-membres ont déjà annoncé qu’ils ne soutiendraient pas la prolongation d’autorisation, c’est le cas de la France, des Pays-Bas et de la Suède. Rien n’est donc joué.

La Belgique, elle, est en faveur d’une prolongation d’autorisation du glyphosate. La Commission européenne aussi: l’exécutif européen se base, comme la Belgique, sur l’avis positif rendu en novembre dernier par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), jugeant « improbable » le risque cancérigène pour l’homme de ce pesticide, ou encore qu’il soitsusceptible d’affecter l’ADN.

Manque de transparence

Greenpeace remet en question l’indépendance scientifique de l’EFSA notamment pour avoir basé son rapport sur des études non-publiées car protégées par le « secret d’affaires », ce qui va à l’encontre des principes de l’évaluation scientifique. Manque de transparence donc pour certains eurodéputés critiques par rapport à cet avis de l’EFSA.

L’association française Générations Futures pointe en outre le lobbying intense déployé par Monsanto sur ce dossier. La multinationale ne fait pas que vendre du désherbant mais aussi les semences transgéniques qui y résistent. Elle renvoie aussi à cet article intitulé « Secrets et controverses » du Corporate Europe Observatory qui met en lumière le manque de transparence du processus de réévaluation du glyphosate par la Commission.

Plusieurs associations, dont Inter-Environnement Wallonie et Nature et Progrès, s’inquiètent aussi de cette proposition de renouvellement. Une plainte a d’ailleurs été déposée par six ONG environnementales issues de cinq pays (Global 2000, PAN Europe, PAN UK, Générations Futures, Nature et Progrès Belgique et wemove.fr) contre Monsanto, l’institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR) et l’EFSA. Des pétitions circulent.

Perturbateurs endocriniens: des poisons inclassables?

Outre le glyphosate, d’autres produits dangereux pour la santé et l’environnement posent problème. Il y a d’abord les perturbateurs endocriniens comme les phtalates (composants chimiques du plastique), les produits ignifuges à base de brome (présents dans les textiles ménagers et les meubles) et les métaux tels que le plomb et le mercure. Il y a aussi les allergènes, les parabènes, et autres composés toxiques présents dans les lingettes, les déodorants, les dentifrices, les crèmes pour le visage ou soins pour les cheveux, mais aussi dans les jouets, les bottes en caoutchouc, les rideaux de douche, les fruits et légumes ou les céréales.

Une liste dressée par l’association française UFC-Que choisir recense ainsi 185 produits contenant des « substances préoccupantes ».

La methylisothiazolinone (MIT) est un allergène majeur, irritant, ajouté à des produits non rincés qui restent en contact prolongé avec la peau. Il existe une centaine de perturbateurs endocriniens, dont 44 sous la forme d’ethylhexyl-methoxycinnamate, un filtre UV perturbant le fonctionnement œstrogénique et thyroïdien. Parmi les effets de ces molécules: ménopause et puberté précoces, hyperactivité, malformations et infertilité.

On connaît le bisphénol A, interdit des biberons européens en 2011 mais il y en a d’autres.

L’Europe à la traine

Que fait l’Union européenne à ce sujet? La Commission européenne est critiquée pour son inaction et sa faiblesse par rapport aux lobbies.

Il n’existe pour l’instant aucune définition officielle des perturbateurs endocriniens. Une nomenclature était prévue pour décembre 2013, l’objectif avait été fixé en 1999. Mais aujourd’hui toujours pas de définition. Et c’est là le nœud du problème: sans définition comment interdire ou autoriser un produit ?

L’Union européenne a pris beaucoup de retard – des années – sur son calendrier. Ici aussi, il est question de lobbying industriel, si l’on en croit les mails révélés par une ONG à la presse l’an dernier. La Suède, excédée d’attendre, a même attaqué la Commission européenne devant la Cour européenne de justice en juillet 2014.

Les retards ne concernent pas que la définition des perturbateurs endocriniens: la Commission a aussi trainé sur l’inclusion ou non des boissons alcoolisées dans les règles d’étiquetage alimentaire, ou l’indication d’origine de la viande, la législation sur les acides gras trans, etc.

L’actuel commissaire à la Santé Vytenis Andriukaitis a promis le 3 mars dernier lors d’une visite à Paris de bientôt avancer sur ce dossier. « J’ai confirmé à la ministre Ségolène Royal que la Commission avait l’intention de présenter d’ici l’été une liste de critères définissant les perturbateurs endocriniens basée sur celle de l’Organisation mondiale de la santé« , a précisé le commissaire lors d’un point presse avec la ministre française qui attend des résultats « avant l’été » si l’on en croit ses échanges avec le Commissaire européen.

Mais cette nomenclature ne résoudra pas tout le problème: les perturbateurs agissent aussi en cocktail, et limiter leur teneur dans un seul produit n’empêchera pas la combinaison de plusieurs perturbateurs, dont les effets sont inconnus surtout sur le long terme.

Une vingtaine d’OGM autorisés

Sur les produits transgéniques, la Commission européenne a avancé, mais pas nécessairement dans la bonne direction.

L’an dernier, elle a ainsi autorisé l’utilisation de 19 produit génétiquement modifiés, dont 11 de Monsanto en plus des 4 déjà autorisés.

Une clause permet aux États le souhaitant d’interdire ces produits sur leur sol; c’est le cas de la France, mais après négociations avec les semenciers sous l’égide de la Commission.

Pesticides : le glyphosate obtient un sursis

Le glyphosate, un principe actif qui entre dans la composition de 750 produits herbicides dont le célèbre Roundup, va-t-il être interdit dans l’Union européenne ? La question devait être tranchée hier, 8 mars 2016.

La Commission européenne s’apprêtait à renouveler pour 15 ans son autorisation de mise sur le marché (AMM). Elle s’appuie sur un avis favorable de l’EFSA (l’autorité européenne de sécurité des aliments) rendu en novembre 2015. Pour l’agence, il est peu probable que le glyphosate « soit génotoxique (toxique pour l’ADN, NDLR) ou qu’il constitue une menace cancérogène pour l’homme ».

Cet avis contredit celui du Centre international de recherche contre le cancer (Circ) qui, lui, estime depuis mars 2015 que le glyphosate est « cancérogène probable » pour l’homme.

Levée de bouclier

Hier, devant la levée de bouclier, la Commission européenne a décidé de reporter son vote, l’AMM du glyphosate étant valable jusqu’à fin juin.

En effet, la France, la Suède, les Pays-Bas et l’Italie ne souhaitent pas renouveler l’AMM de cet herbicide. Parallèlement, 96 scientifiques ont critiqué dans une revue scientifique la position de l’EFSA. Parlant de« tromperie inacceptable », ils regrettent que l’agence tienne compte d’études favorables au glyphosate financées par des industriels. Dans le même temps, des associations (la Ligue contre le cancer, Foodwatch et Générations futures) ont lancé une pétition sur internet pour demander le retrait de ce produit. Elle a dépassé les 119 000 signatures.

Le sort du glyphosate se jouera sans doute les 18 et 19 mai, dates auxquelles des experts européens doivent de nouveau se réunir. Le sujet reste brûlant compte tenu des enjeux financiers. D’ailleurs, la Commission européenne qui s’était fixé comme objectif de définir avant décembre 2013 la notion de « perturbateurs endocriniens » ne s’est toujours pas prononcée

Japon : un tribunal ordonne l’arrêt de 2 réacteurs nucléaires

À la lumière de Fukushima, « il reste des interrogations sur les mesures de protection vis-à-vis d’un tsunami » et les « plans d’évacuation », explique le juge.

Cinq ans après l’accident nucléaire de Fukushima, un tribunal japonais a ordonné mercredi l’arrêt de deux réacteurs nucléaires à peine relancés pour des raisons de sûreté. Sont visées par cette décision de justice les unités 3 et 4 de la centrale de Takahama (Ouest) qui ont pourtant obtenu les feux verts techniques et politiques pour redémarrer. La compagnie exploitante, Kansai Electric Power, va devoir se conformer à cette injonction qui vient perturber son calendrier de relance progressive, du moins en attendant un éventuel retournement de jugement en appel.

« À la lumière de l’accident de Fukushima (…), il reste des interrogations sur les mesures de protection vis-à-vis d’un tsunami et concernant les plans d’évacuation », a souligné le juge, selon les propos rapportés par la chaîne publique NHK. « On ne peut pas dire que la compagnie ait fourni suffisamment d’explications sur le plan de la sûreté », a estimé le juge.

Un revers pour le gouvernement de Shinzo Abe

Les plaignants, un groupe de 29 personnes de la préfecture de Shiga, contiguë à celle de Fukui où se trouve les réacteurs de Takahama, ont crié leur joie devant les caméras à la sortie du tribunal, brandissant des banderoles où l’on pouvait lire « nous sommes très heureux et saluons le courage du jury ». Ce rebondissement dans la saga judiciaire de Takahama constitue un revers pour le gouvernement de Shinzo Abe qui assure que les installations nucléaires japonaises peuvent redémarrer sans crainte à partir du moment où l’Autorité nucléaire a délivré son certificat de conformité à de nouvelles normes durcies. « Le jugement (de l’Autorité nucléaire) selon lequel ces réacteurs répondent à des standards qui sont les plus stricts du monde ne change pas », s’est borné à déclarer le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors de son point de presse régulier. La compagnie exploitante, Kansai Electric Power, va devoir se conformer à cette injonction qu’elle a qualifiée de « regrettable et inacceptable » et qui vient perturber son calendrier de relance progressive, du moins en attendant un éventuel retournement de jugement en appel. « Nous allons faire notre possible pour prouver la sûreté des réacteurs Takahama 3 et 4 », a insisté un porte-parole.

C’est la première fois qu’un ordre d’arrêt vise une installation nucléaire relancée. Au grand dam des organisations écologistes, Takahama 3 avait été remis en service en janvier et l’électricité qu’il produit est utilisée depuis fin février sur le réseau commercial. Takahama 4 a été réactivé fin février, mais a été victime d’un problème technique qui a entraîné un arrêt inopiné trois jours plus tard. De facto, il n’est pas opérationnel, mais la compagnie était en train de poursuivre les opérations pour le ranimer au plus vite. « Le redémarrage de Takahama témoigne de l’échec total de l’autorité de réglementation nucléaire du Japon à faire de la sécurité du public une priorité », avait réagi le groupe antinucléaire Greenpeace lors de la remise en service de ces unités.

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Un précédent en 2015

L’organisation s’est aussi inquiétée du fait qu’une partie du combustible des réacteurs 3 et 4 de Takahama soit un mélange d’oxydes (Mox) fabriqué par le groupe français Areva et en partie issu du recyclage. Le redémarrage de Takahama 3 et 4 avait déjà été retardé de plusieurs mois à cause d’une précédente bataille juridique devant un tribunal de Fukui, procédures dont la compagnie Kansai Electric était sortie gagnante en décembre en appel. L’Autorité de régulation avait confirmé en février 2015 que ces deux tranches répondaient aux critères plus sévères imposés aux centrales nucléaires pour faire face aux risques de catastrophes naturelles et d’accidents critiques.

japon nucléaire

Ce couple de deux unités de Takahama avait été le deuxième parmi les rares à avoir obtenu le certificat de sûreté après les deux unités Sendai 1 et 2 (Sud-Ouest), qui sont actuellement les seules autres à avoir été remises en exploitation au Japon où il ne reste que 43 unités potentiellement exploitables (contre 54 avant Fukushima).

Fervent partisan de l’atome pour des raisons économiques (l’industrie a besoin d’énergie et l’importer coûte cher), le gouvernement du Premier ministre conservateur Shinzo Abe plaide depuis trois ans pour que tous les réacteurs jugés sûrs par l’Autorité de régulation nucléaire soient relancés, en dépit d’une opinion publique majoritairement contre.

Le Point

La Cnil sanctionne Numericable, qui a livré 1531 fois à tort un abonné à Hadopi

Le pauvre, imaginons qu’il soit marié, ça peut mettre en l’air toute sa vie ce bug informatique ! ça ne devrait jamais arriver …

 

A cause d’un bug informatique, un abonné à Numericable a été pendant deux ans livré, à tort, à la justice et Hadopi, à la place de vrais pirates et pédophiles dont l’opérateur ne parvenait pas à identifier les adresses IP.

Pendant deux ans il a été victime de fausses accusations et harcelé par la justice… à cause d’un bug informatique chez Numericable. L’opérateur télécom vient d’être sanctionné par la Cnil pour avoir désigné à tort un abonné, à Hadopi et à la justice, qui l’ont ensuite mis en cause pour contrefaçon et dans plusieurs enquêtes pénales, notamment pour pédopornographie.

Mis en cause indûment plus de 1500 fois

A l’origine de ce dysfonctionnement figure une application informatique mise en place par Numericable pour traiter de manière automatisée les demandes d’identification d’un abonné par la Hadopi ou des services de police ou de gendarmerie. Problème, lorsque l’application ne parvenait pas à identifier l’utilisateur du matériel, elle ne générait pas un message d’erreur mais renvoyait sur une autre adresse, composée d’une suite de zéros, qui correspondait aux équipements d’autres abonnés.

C’est ainsi, écrit la Commission informatique et liberté (Cnil), qu’un abonné s’est vu attribuer à 1531 reprises en 2013 des adresses IP non identifiées par l’application informatique. Sur la base de cette fausse information, Hadopi a porté plainte contre lui pour « contrefaçon ». Numericable a également transmis par erreur en 2014 à sept reprises l’identité de cet abonné à des services de police et de gendarmerie en réponse à des réquisitions judiciaires.

L’abonné a ainsi été mis en cause « pendant près de deux ans » par différentes autorités de poursuite, notamment pour des faits de pédopornographie. Il a fait l’objet de nombreuses perquisitions à son domicile et de plusieurs saisies de ses équipements informatiques, constate la CNIL qui souligne le « préjudice important » subi.

Hadopi a porté plainte contre Numericable

« Au vu de ces éléments, le gendarme d’internet a prononcé un avertissement à l’encontre de NC Numericable » pour « ne pas avoir veillé à l’exactitude des données à caractère personnel de ses abonnés », écrit la commission dans sa délibération.

Dans sa réponse, l’opérateur a reconnu le dysfonctionnement mais contesté avoir manqué à la loi estimant avoir « une obligation de moyen et non de résultat ». Il souligne avoir « corrigé le dysfonctionnement dès qu’il a été porté à sa connaissance ».

Pour la Cnil en revanche, l’opérateur est bien astreint par les textes à une obligation de résultat. La commission rappelle que si l’opérateur a promptement réagi lorsque le dysfonctionnement lui a été signalé, l’erreur a persisté un an et 9 mois avant d’être identifiée.

C’est une enquête préliminaire du parquet qui avait révélé l’erreur d’identification. Hadopi avait alors porté plainte contre Numericable auprès de la Cnil.

Sécurité : Facebook colmate une faille qui permettait de pirater n’importe quel compte

Un chercheur en sécurité signale une faille de sécurité critique au sein de Facebook

Pour avoir signalé cette faille de sécurité critique, présente au sein de Facebook, le réseau social de Mark Zuckerberg, le chercheur en sécurité Indien Anand Prakash a perçu une récompense de 15 000 dollars. Cette vulnérabilité permettait de pirater et de prendre le contrôle sur n’importe quel compter du réseau social Facebook.

Un chercheur en sécurité signale une faille de sécurité critique au sein de Facebook

Pour avoir signalé cette faille de sécurité critique, présente au sein de Facebook, le réseau social de Mark Zuckerberg, le chercheur en sécurité Indien Anand Prakash a perçu une récompense de 15 000 dollars. Cette vulnérabilité permettait de pirater et de prendre le contrôle sur n’importe quel compter du réseau social Facebook.

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le chercheur Anand Prakash

Le chercheur en sécurité Anand Prakash a découvert une faille de sécurité critique permettant d’accéder à l’ensemble des comptes des utilisateurs du réseau social. Cette faille de sécurité se situait sur un serveur « bêta » qui gère les demandes de récupération de mots de passe pour pouvoir réactiver un compte Facebook. Le réseau social envoie un SMS ou un email avec un code à 6 chiffres pour activer la procédure de récupération d’un compte utilisateur. Une fois ce code obtenu, il est nécessaire de le rentrer sur les pages bêta dédiées « beta.facebook.comet mbasic.beta.facebook.com » pour pouvoir réactiver son compte Facebook. C’est au sein de cette page annexe que le chercheur indien a découvert une faille de sécurité critique.

Il teste la vulnérabilité de son propre compte et arrive à le pirater

Souhaitant tester la vulnérabilité et les failles de sécurité du réseau social de Mark Zuckerberg, le hacker Anand Pralash aurait pu pirater n’importe quel compte mais a préféré signaler la faille de sécurité critique découverte auprès des personnes responsables de la sécurité de Facebook. Il a été récompensé pour sa trouvaille et a perçu la somme de 15 000 dollars. Il a tenté de cracker le code reçu par Facebook pour récupérer un compte mais au bout d’une dizaine de tentatives, la procédure se bloque automatiquement. Il est ensuite passé par les pages bêta du réseau social permettant d’activer la procédure de récupération, des pages où les limites d’essais de codes ne sont pas présentes. Il a donc lancé son attaque et a réussi à récupérer un code. Il a ensuite changé le mot de passe et a pu accéder à son propre compte qu’il a piraté.

Précisions toutefois que le hacker Anand Prakash tient davantage du chercheur en sécurité IT que du pirate malveillant. Il a piraté son propre compte Facebook pour pouvoir trouver cette faille. Après être arrivé à cracker le code de récupération de compte, il a contacté le groupe Facebook, le 22 février dernier pour annoncer sa découverte. La faille a été corrigée par Facebook le lendemain et Anand Prakash a été récompensé d’un joli chèque de 15 000 dollars.

 

Facebook a colmaté cette faille de sécurité critique qui permettait à une personne malveillante de pirater l’ensemble des comptes existants. Cette vulnérabilité se situait au sein de la procédure de récupération d’un compte Facebook. De nombreux hackers tentent de prendre le contrôle de certains comptes du réseau social de Mark Zuckerberg et Facebook compte une équipe spécialement dédiée à la protection de Facebook contre les tentatives de piratage.

Le chercheur en sécurité Anand Prakash a découvert une faille de sécurité critique permettant d’accéder à l’ensemble des comptes des utilisateurs du réseau social. Cette faille de sécurité se situait sur un serveur « bêta » qui gère les demandes de récupération de mots de passe pour pouvoir réactiver un compte Facebook. Le réseau social envoie un SMS ou un email avec un code à 6 chiffres pour activer la procédure de récupération d’un compte utilisateur. Une fois ce code obtenu, il est nécessaire de le rentrer sur les pages bêta dédiées « beta.facebook.comet mbasic.beta.facebook.com » pour pouvoir réactiver son compte Facebook. C’est au sein de cette page annexe que le chercheur indien a découvert une faille de sécurité critique.

Il teste la vulnérabilité de son propre compte et arrive à le pirater

Souhaitant tester la vulnérabilité et les failles de sécurité du réseau social de Mark Zuckerberg, le hacker Anand Pralash aurait pu pirater n’importe quel compte mais a préféré signaler la faille de sécurité critique découverte auprès des personnes responsables de la sécurité de Facebook. Il a été récompensé pour sa trouvaille et a perçu la somme de 15 000 dollars. Il a tenté de cracker le code reçu par Facebook pour récupérer un compte mais au bout d’une dizaine de tentatives, la procédure se bloque automatiquement. Il est ensuite passé par les pages bêta du réseau social permettant d’activer la procédure de récupération, des pages où les limites d’essais de codes ne sont pas présentes. Il a donc lancé son attaque et a réussi à récupérer un code. Il a ensuite changé le mot de passe et a pu accéder à son propre compte qu’il a piraté.

Précisions toutefois que le hacker Anand Prakash tient davantage du chercheur en sécurité IT que du pirate malveillant. Il a piraté son propre compte Facebook pour pouvoir trouver cette faille. Après être arrivé à cracker le code de récupération de compte, il a contacté le groupe Facebook, le 22 février dernier pour annoncer sa découverte. La faille a été corrigée par Facebook le lendemain et Anand Prakash a été récompensé d’un joli chèque de 15 000 dollars.

Edito du 9 Mars : Merci amis lecteurs

Hier j’ai eu une super surprise, le soutien de mes lecteurs, Blograinbowdreamer a accueilli son record de lecteurs en cette journée du 8 mars, et oh surprise c’est l’article que j’avais rédigé avec mon cœur qui est sorti avec le ruban bleu.

Ce blog, je le fais avec beaucoup de cœur et d’émotions, mon inspiration vient de là, je lis l’actualité et ce qui résonne en moi je le publie. Je désire offrir des repères, des informations qui ne seront pas les têtes d’affiches des journaux, pas des informations futiles mais utiles. Elles pourront être dures à lire ou au contraire très douces et vous faire sourire, leur point commun, elles m’ont fait réagir. Ensuite chacun réagit selon sa propre sensibilité !

Je construit ce blog avec beaucoup de passion et de plaisir, mais il ne serait rien sans vous mes lecteurs, alors je vous remercie de me soutenir.

Ce jour j’ai remonté la pétition à signer pour la névralgie pudendale, en effet ce ne sont pas toujours les maladies les plus visibles et médiatisées qui sont les plus invalidantes, et une reconnaissance sociale si elle ne guérit pas peut tout de même adoucir les douleurs du corps en apaisant l’âme.

Je vous souhaite une bonne journée à tous.

Je vais continuer à écrire avec cette passion qui est en moi, merci encore du soutien que je sens : voir que je touche d’autres personnes me donne envie d’aller de l’avant !

A bientôt sur ce blog

merci 2