Barbara de Jacques Prévert

Je salue le printemps des poètes avec une très belle poésie :

Barbara

Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là

Et tu marchais souriante

Épanouie ravie ruisselante

Sous la pluie

Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest

Et je t’ai croisée rue de Siam

Tu souriais

Et moi je souriais de même

Rappelle-toi Barbara

Toi que je ne connaissais pas

Toi qui ne me connaissais pas

Rappelle-toi

Rappelle-toi quand même ce jour-là

N’oublie pas

Un homme sous un porche s’abritait

Et il a crié ton nom

Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie

Ruisselante ravie épanouie

Et tu t’es jetée dans ses bras

Rappelle-toi cela Barbara

Et ne m’en veux pas si je te tutoie

Je dis tu à tous ceux que j’aime

Même si je ne les ai vus qu’une seule fois

Je dis tu à tous ceux qui s’aiment

Même si je ne les connais pas

Rappelle-toi Barbara

N’oublie pas

Cette pluie sage et heureuse

Sur ton visage heureux

Sur cette ville heureuse

Cette pluie sur la mer

Sur l’arsenal

Sur le bateau d’Ouessant

Oh Barbara

Quelle connerie la guerre

Qu’es-tu devenue maintenant

Sous cette pluie de fer

De feu d’acier de sang

Et celui qui te serrait dans ses bras

Amoureusement

Est-il mort disparu ou bien encore vivant

Oh Barbara

Il pleut sans cesse sur Brest

Comme il pleuvait avant

Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé

C’est une pluie de deuil terrible et désolée

Ce n’est même plus l’orage

De fer d’acier de sang

Tout simplement des nuages

Qui crèvent commes des chiens

Des chiens qui disparaissent

Au fil de l’eau sur Brest

Et vont pourrir au loin

Au loin très loin de Brest

Dont il ne reste rien.

Jacques Prévert

Pétition contre Monsanto et le Round Up

Catastrophe ! La Commission européenne est sur le point de renouveler l’autorisation du glyphosate pour une durée de 15 ans.

Cette substance, que l’on retrouve dans l’herbicide RoundUp de Monsanto, a pourtant été classéecancérogène « probable » par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2015. Classement que réfute en bloque l’Autorité européenne de la sécurité des aliments (AESA), affirmant qu’au contraire la substance ne serait probablement pas cancérogène.

Malentendu ? Cafouillage administratif ? Pas du tout… loin de là ! Il s’agit ici tout simplement d’un cas flagrant de prise de pouvoir des multinationales aux dépens de notre santé. En effet, la ré-autorisation proposée les 7 et 8 mars à Bruxelles, se base sur des évaluations fournies par la Glyphosate Task Force (GTF – groupe de travail sur le glyphosate), un consortium d’entreprise de l’agrochimie auquel appartient — avec d’autres géant de l’agrochimie — Monsanto. Quelle bonne surprise !

Lien vers la pétition :

Pétition contre le glyphosate ou Round up

Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) avait classé le glyphosate comme cancérogène « probable » en mars 2015 suite à la réunion d’un comité de 17 experts scientifiques indépendants ayant étudié pendant plus d’un an 260 études menées aux États-Unis, en Suède et au Canada depuis 2001. En d’autres termes, une classification prise au sérieux et basée sur des données scientifiques solides.

Monsanto, qui accuse le CIRC d’avoir écarté de son évaluation les études commissionnées par les industriels de l’agrochimie, ne dit pas toute la vérité. Comme le rappel Kathryn Guyton, directrice de recherche au CIRC,les recherches menées par les industriels comme Monsanto n’ont jamais été publiées publiquement et n’ont donc pas pu être évaluées par les chercheurs indépendants.

Alors, aujourd’hui se pose une question très simple : pourquoi la Commission européenne et l’AESA refusent l’évaluation du CIRC concernant les dangers du glyphosate pour l’homme ? La réponse est simple : la Commission est à la botte du lobby du glyphosate et des industriels de l’agrochimie comme Monsanto.

 

Le pape attaque Donald Trump lors de sa visite au Mexique

Pour le pape François, l’attitude de Donald Trump prouve qu’il n’est « pas chrétien ». Face à ces accusations, le milliardaire est furieux

Le pape François s’est immiscé jeudi avec fracas dans la campagne présidentielle américaine en jugeant que le favori du camp républicain, Donald Trump, n’était « pas chrétien », ce qui a aussitôt provoqué la fureur du milliardaire américain.

Vidéo du Pape sur youtube

« Une personne qui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne« , a lancé le pape François, dans l’avion qui le ramenait du Mexique, en réponse à la question d’un journaliste sur les positions anti-immigrés du candidat à la primaire républicaine.

Donald Trump scandalisé

Jorge Bergoglio a certes affirmé qu’il n’était évidemment pas question pour lui de s’ingérer dans la campagne présidentielle, mais la réaction du milliardaire américain a été immédiate.

« Qu’un leader religieux mette en doute la foi d’une personne est honteux », a indiqué Donald Trump dans un communiqué.

« Ce n’est pas dans l’Evangile. Voter, ne pas voter, je nem’immisce pas. Mais je dis seulement: ce n’est pas chrétien« , a affirmé le pontife argentin.

« Il ne comprend pas les problèmes de notre pays »

Le favori de la primaire républicaine, très critique du pape François, avait annoncé en juin qu’il ferait construire un mur à la place de l’actuel grillage entre le Mexique et les Etats-Unis s’il était élu président.

« Je pense que le pape est quelqu’un de très politique », a déclaré la semaine dernière Donald Trump sur la chaîne Fox Business.

« Je pense qu’il ne comprend pas les problèmes de notre pays. Je ne suis pas sûr qu’il mesure le danger que représente (pour nous) cette frontière ouverte avec le Mexique »

Le vote des chrétiens – catholiques et protestants – pèse lourd aux Etats-Unis, et s’étend des ultra-conservateurs, membres du Tea Party, aux progressistes.

Le programme de Donald Trump, au fait c’est quoi ?

Donald Trump, en tête dans la course à l’investiture républicaine, affiche un programme qui mêle isolationnisme, propositions radicales et objectifs lancés sans mesures d’application

Donald Trump et ses remarques sexistes. Donald Trump et ses insultes lancées à ses adversaires. Donald Trump et ses grimaces. Le milliardaire, toujours plus proche de l’investiture républicaine pour les élections présidentielles de novembre prochain aux États-Unis, est surtout connu pour ses excès en tous genre et ses phrases choc.

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Mais Donald Trump, c’est aussi un programme, en partie évoqué sur son site officiel. Dont certaines propositions sont franchement radicales, d’autres beaucoup plus conventionnelles.

Immigration

Il veut faire construire un mure entre les Etats-Unis et le Mexique et faire payer la construction au gouvernement mexicain. « Le Mexique nous envoie des gens qui ont beaucoup de problèmes. Ils ramènent de la drogue, du crime, ils envoient leurs violeurs », justifie-t-il.

Mais Donald Trump aurait dit au New York Times, lors d’une rencontre « off », qu’il serait flexible sur le sort des clandestins. Pressé de toutes parts, il a refusé à plusieurs reprises d’autoriser le quotidien à diffuser l’enregistrement.

© PHOTO AFP GASTON DE CARDENAS

Il appelle aussi à « l’arrêt total et complet de l’entrée des musulmans aux États-Unis ». Une mesure qui vaudrait aussi bien pour les immigrés, les visiteurs et les touristes. Seuls les soldats américains de confession musulmane seront autorisés à pénétrer sur le territoire mais ils seront surveillés.

Politique étrangère

Donald Trump montre les muscles : « l’armée américaine sera si puissante que je ne pense pas que nous aurons besoin de l’utiliser. Personne ne viendra nous chercher. » Il garantit être capable de « résoudre le conflit israélo-palestinien en deux semaines » mais a d’abord dit sa « neutralité » avant de soutenir l’État juif.

Le candidat républicain veut entrer dans une guerre commerciale avec la Chine et rétablir de bonnes relations avec Vladimir Poutine. Il prévoit de cibler les installations pétrolières de Daesh en Irak et compte laisser le gouvernement syrien se débattre face à l’organisation terroriste, avec l’aide de la Russie.

Économie

Trump promet qu’il sera « le meilleur président pour l’emploi que Dieu ait jamais créé »… sans avancer de propositions concrète pour réduire le chômage, dont le taux réel selon lui est en fait de 42% (il compte les étudiants, les retraités et les parents au foyer).

© PHOTO AFP LAURA BUCKMAN

Il veut mener une grande réforme fiscale en supprimant l’impôt sur le revenu pour les Américains gagnant moins de 25 000 dollars (50 000 dollars pour les couples) et faire passer le plus fort taux d’imposition de 39,6% à 25%. L’impôt sur les sociétés, lui, passerait de 35% à 15%.

Il se fait aussi le chantre du protectionnisme. Il entend contraindre Apple à relocaliser la production de « leurs foutus ordinateurs et autres bidules » et a déjà menacé Ford de taxer de 35% toutes ses voitures assemblées au Mexique.

Santé

Le milliardaire veut abroger la loi dite Obamacare, qui garantit une couverture médicale abordable à tous les Américains. Il propose un mécanisme de comptes épargne santé et veut remplacer Medicaid, qui propose une assurance maladie aux plus démunis, par des subventions versées aux États qui ensuite les répartiront.

Il est aussi favorable à l’importation des médicaments délivrés sur ordonnance, veut forcer l’industrie pharmaceutique à baisser ses prix et compte réformer les programmes et établissements de soins psychiatriques… sans détailler comment il s’y prendra.

Armes et avortement

Donald Trump est un fervent défenseur du port d’armes. Après les attentats du 13 novembre, il avait publié une série de tweets sur le sujet : « Si les personnes si violemment abattues à Paris avaient eu des fusils, au moins elles auraient eu une chance de se défendre », avant de poursuivre : « N’est-ce pas intéressant que la tragédie de Paris ait eu lieu dans l’un des pays les plus fermes au monde concernant le contrôle des armes à feu ? ».

© PHOTO AFP GEOFF ROBINS

Lors du dernier débat républicain, il a affirmé qu’il ne souhaitait désormais plus interdire la vente des fusils d’assaut. Il est par ailleurs membre à vie de la National riffle association (NRA).

Longtemps favorable à l’avortement, il a progressivement durci sa position et se dit maintenant « pro-vie ». Il souhaite couper les subventions aux établissements de santé qui pratiquent l’IVG.

Environnement

Une phrase résume sa position : « le concept du changement climatique a été créé par et pour les Chinois pour rendre l’industrie américaine non compétitive ». Il parle du réchauffement climatique comme d’une « très coûteuse connerie » et estime que « notre planète gèle ».

Il souhaite couper les vivre à l’EPA, l’agence de protection de l’environnement qu’il considère comme « un obstacle à la croissance et à l’emploi ».

 

Règles douloureuses : une société propose un « congé menstruel »

Depuis peu, la société britannique Coexist propose à ses employées la possibilité de s’absenter en raison de menstruations douloureuses.

C’est peut-être le rêve de certaines femmes qui vivent très mal cette période. L’entreprise britannique Coexist, installée à Bristol (Angleterre), a décidé de mettre en place des temps de pause et de congés supplémentaires pour ses employées pendant leurs règles menstruelles douloureuses..

Pour comprendre cette décision, Bex Baxter, une des dirigeantes de Coexist, a expliqué auBristol Post : « J’ai managé de nombreuses employées féminines ces dernières années et j’ai déjà vu des femmes pliées en deux à cause de la douleur provoquée par leurs règles. Bien qu’elles souffrent profondément, elles se sentent coupables à l’idée de rentrer chez elles car elles n’osent pas se définir comme souffrantes uniquement en raison de leurs règles. Et cela est injuste (…) Si une personne souffre, peu importe la raison, il est important de l’encourager à rentrer chez elle », pense-t-elle.

Favoriser aussi la productivité

Les objectifs sont clairs : la société veut augmenter le bien-être de ses employées, favoriser leur productivité et surtout « briser un tabou ». Une stratégie à vérifier car la majorité du personnel de cette entreprise est féminin (17 femmes sur un effectif de 24 personnes).
« Nous nous sommes dits qu’il fallait faire quelque chose (…) Rien de tel n’a jamais été fait en Angleterre avant, ou, si cela a déjà été fait, c’était à toute petite échelle », précise Bex Baxter.
Concrètement, elle propose désormais à ses salariées de travailler à domicile ou de prendre un ou deux jours de congés payés.
Enfin, l’entreprise indique qu’elle n’a pas encore mis en place de véritable politique « spéciale règles ». Avant, elle souhaite ouvrir un débat sur le sujet prévu le 15 mars prochain, lors d’un séminaire intitulé « S’engager pour une politique des règles : valoriser les cycles naturels au travail », auquel 50 entreprises se sont déjà inscrites.

Selon une étude citée par  le site d’actualité Mashable, 40 % des femmes interrogées disent être « gênées » dans leur travail au moment de leurs règles.
Pour rappel, le congé menstruel existe déjà dans plusieurs pays d’Asie comme le Japon, Taïwan, la Corée du Sud ou l’Indonésie. D’autres ont engagé le débat, sans succès, comme la Russie ou les Etats-Unis.

Le graffeur Banksy, « profilé » et identifié par des scientifiques

Une équipe britannique de chercheurs affirme avoir découvert l’identité du célèbre graffeur connu sous le pseudonyme de Banksy. Pour cela, elle a utilisé les méthodes de profilage destinées à localiser les criminels en série.

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Banksy aurait-il été démasqué par des « profilers »? Une équipe de chercheurs de l’université Queen Mary de Londres affirme avoir découvert l’identité du pape du street art, dont les graffitis sont aussi célèbres que leur auteur est discret.

Autant que la nouvelle, la méthode utilisée étonne. Les détectives/scientifiques à l’origine de cette révélation ont en effet basé leur raisonnement sur les techniques utilisées pour identifier et localiser les criminels.

Dans cette étude publiée cette semaine, les chercheurs ont ainsi voulu démontrer l’efficacité du « profilage géographique », la technique qui consiste à découvrir le lieu de résidence d’un criminel en série en fonction des lieux de ses méfaits.

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L’équipe universitaire a appliqué cette méthodologie à Banksy, en remplaçant les lieux des crimes par ceux de 140 de ses œuvres. Cela leur aurait permis d’identifier certains « points névralgiques » que fréquenterait régulièrement l’artiste (bars, terrains de sports, résidences). Des endroits également fréquentés par un certain Robin Gunningham, une des identités supposées de Banksy depuis 2008, sans qu’aucune preuve absolue ou confirmation officielle n’ait été apportée.

L’équipe de l’université Queen Mary entendait ainsi promouvoir les possibilités de sa méthode. Elle estime que ce modèle pourrait par exemple trouver la source d’une épidémie, ou prévoir des actes terroristes en observant les lieux de dégradations, vandalisme ou distribution de tracts.

Mais ce parallèle entre des prémices d’actes terroristes et les graffitis de Banksy a suscité quelques critiques. De même que la méthodologie employée puisque les œuvres de Banksy, estimées à plusieurs centaines de milliers d’euros chacune, ne sont jamais signées et peuvent donc parfois lui être attribué à tord.

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Le printemps des poètes est là : Liberté, les poètes écrivent ton nom !

La poésie du XXe siècle vit et revit partout en France pour la 18e édition du Printemps des poètes, du 5 au 20 mars 2016.

Programme des réjouissances :

« La poésie sauvera le monde », ose le poète Jean-Pierre Siméon en titrant ainsi son dernier essai manifeste (réédité au Passeur). Il suffit de lire Éluard, Liberté, j’écris ton nom, pour se souvenir de son importance au XXe siècle. Et c’est ce poème que le Centre Pompidou a affiché sur ses murs après les attentats de Parisdu 13 novembre. Ce lien évident entre le besoin de poésie et la violence du monde, la programmation de la 18e édition du Printemps des poètes, que son directeur, le même Siméon, a placée sous le signe du « Grand vingtième », le rend visible et vivant partout en France. En voici quelques repères à retrouver sur le site.

Soutien au poète palestinien Ashraf Fayad

Cette édition est dédiée au poète Ashraf Fayad condamné par l’Arabie saoudite, où ce natif de Gaza réside, à 8 ans de prison et 800 coups de fouet pour ses propos et ses écrits poétiques considérés comme « athées ». Une traduction de ses poèmes vient de paraître aux éditions le Temps des cerises, présentés et traduit de l’arabe par le grand poète Abdellatif Laâbi.

La galaxie poétique du XXe siècle

Dès ce week-end, la poésie déambule sous toutes ses formes, s’affiche plus que jamais dans le métro parisien où, de longue date, la RATP – qui remet son grand prix de poésie le 14 – a entamé un compagnonnage avec les poètes pour le plus grand bonheur de ses voyageurs. Elle court sur les ondes de France Culture pour un week-end intensément poétique, balisant le XXe siècle. Celui-ci s’explore sur la Toile comme une constellation, remarquable voyage multimédia de Ponge à Char, de Ginsberg à Cendrars.

Poésie Gallimard a 50 ans

Grâce à un catalogue de plus de 500 titres, Poésie Gallimard glisse la poésie du monde entier et de tous les temps dans la poche des lecteurs, et s’enrichit de dix poètes contemporains, de Vénus Khoury Gata à Alain Duault : ceux qui se souviennent du passeur de musique classique ont tout intérêt à découvrir son univers de poète. Il faudrait en citer tant d’autres, de l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) à Oscar Milosz, de François Cheng jusqu’à Michel Houellebecq, dans cette part moins visible de son oeuvre.

Pléaide d’éditeurs

Combien sont-ils, toute l’année, à défendre ce genre ? La Poéthèque, site ressource, donne une idée de la variété des éditeurs qui publient de la poésie et particulièrement en ce printemps. Les éditions Bruno Doucey y consacrent tout leur catalogue, La Différence n’a jamais cessé d’en publier, mais encore Le Cheyne éditeur, Rougerie, Dumerchez, Obsidianne, dès l’enfance les éditions Rue du Monde parmi d’autres offrent leurs premiers poèmes aux lecteurs qui le sont naturellement… On le sait peut-être moins, mais des maisons généralistes comme POL, qui accompagne Bernard Noël, ou le Mercure de France qui édite Adonis (et son tout nouveau recueil Jérusalem), en attendant le mois de mai qui verra la parution du nouveau recueil d’Yves Bonnefoy, ou encore Flammarion, ne lâchent pas leur département poésie. Le romancier Frédéric Brun (auteur de Perla) a décidé de tout miser sur elle en créant sa maison d’édition Poésis, qui vient de publier une anthologie invitant, avec Holderlin, à « habiter poétiquement le monde ». La formule vient du poème En bleu adorable. « L’état de poésie, le seul, selon le poète haïtien René Depestre, qui permet de marcher pieds nus sur des kilomètres de braise et de tessons », n’est pas réservé à un petit monde de nostalgiques. La poésie se porte beaucoup mieux dans bien des coins du monde, ne serait-ce justement qu’en Haïti, il n’y a qu’à ouvrir l‘Anthologie de poésie haïtienne que publie Points, à l’honneur sur la scène de la Maison de la poésie le 18 mars, pour en savoir quelque chose.

Poésie sur scènes

Le New morning ouvre ses portes le 6 mars aux poètes, en relation avec le festival Voix vives de Sète l’un des grands rendez-vous en province, où, bien des poètes en témoignent, les salles sont remplies lorsqu’ils s’y présentent. Le 8 mars au soir, la Comédie-Française honore les cinquante bougies de Poésie Gallimard avec un plateau de rois. Toute l’année, dans la capitale, la poésie revit dans un havre qui fait le choix de la mêler à d’autres genres et d’en multiplier, par la musique, les performances, la vidéo, les formes : la Maison de la poésie-Scène littéraire ouvre le bal dans « l’ivresse poétique » le 5 mars et poursuit une programmation qui va du Belge Jean-Pierre Verreghen à la poétesse syrienne Maram Al-Maasri. Et dans cette salle qui ne désemplit pas, le public venu entendre l’écrivain Ta–Nehisi Coates, au moment où ce dernier lut en anglais le poème de Robert Hayden The Middle Passage, fut habité, on en témoigne, par un silence de pure poésie.

Valérie Marin La Meslée pour Le Point

 

Un ponte britannique viré pour cause de « Brexitphilie »

Brexitphilie : être en faveur de la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne.

Le directeur général de la puissante Chambre de commerce britannique aurait été suspendu de ses fonctions pour avoir exprimé sa position personnelle en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Indice de la tension des milieux d’affaires britanniques face à la perspective d’une sortie du Royaume-uni de l’union européenne, le directeur général de la Chambre de commerce britannique (BCC) a été suspendu de ses fonctions après ses récents propos en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Une sanction révélée ce samedi par  le Financial Times, mais qui n’a pas été confirmée par la BCC.

Selon quotidien économique, John Longworth, patron de la BCC depuis 2011, a été suspendu pour avoir violé la position officielle de l’institution qui se veut neutre dans ce débat, à l’approche du référendum du 23 juin.

Or John Longworth a manifesté sa préférence « personnelle » pour un Brexit jeudi lors de la visite du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, venu s’exprimer devant un parterre d’hommes d’affaires réuni par la BCC.

Lors d’un discours prononcé à cette occasion, John Longworth a comparé le choix du référendum à un dilemme entre « le diable » du maintien dans une UE jugée irréformable et « l’océan insondable » des incertitudes qu’entraînerait un Brexit.

En porte-à-faux avec la majorité des entreprises

Il a ensuite enfoncé le clou au micro de la chaîne Sky News en déclarant: « mon analyse personnelle de la situation c’est que, avec les réformes qu’on a obtenues jusque-là, le Royaume-Uni serait mieux loti s’il décidait de quitter l’Union européenne. »

Le patron de la BCC s’est ainsi placé en porte-à-faux avec la majorité des entreprises pour lesquelles un Brexit représente un saut dans l’inconnu, face aux énormes avantages de la libre-circulation des biens et de la main-d’oeuvre du continent jusqu’aux îles du Royaume-Uni.

Selon un sondage conduit en septembre dernier, 60% des 2000 membres de la BCC sont en faveur d’un maintien dans l’UE, 30% pour une sortie et 10% sont indécis.

Ses commentaires ont aussitôt fait l’objet, vendredi, d’un sec communiqué de presse de la BCC, rappelant les règles du jeu que l’institution tente de respecter: « La Chambre de commerce britannique (BCC) ne fera pas campagne pour l’un ou l’autre camp du référendum sur l’Union européenne ». Et de préciser qu’elle se contentera d’analyser les points de vue des entreprises membres et d’alimenter le débat. 

(Avec AFP)