France vs Facebook : la guerre est déclarée !

La Cnil et la DGCCRF* somment le réseau social de se mettre en conformité avec notre vision de la protection des données. Un coup de tonnerre.

Ce n’est pas une simple affaire de malentendu où, d’un côté, Facebook assure respecter les droits de ses utilisateurs et, de l’autre, la Cnil et la DGCCRF lui démontrent le contraire. Cette fois, le géant californien peut légitimement redouter la mise à exécution des menaces de ces deux autorités françaises qui veillent au respect des règles sur la protection des consommateurs. En effet, le ton est monté d’un cran. En cause ? Les clauses abusives des contrats de Facebook et une politique n’ayant de « confidentialité » que le nom. Que traduit cette offensive soudaine des régulateurs français ? Le roi des réseaux sociaux, toujours sous le coup d’une assignation en justice de l’association UFC-Que Choisir, va-t-il (enfin) se conformer aux exigences de la loi informatique et libertés ? Le Point.fr a interrogé Daniel Kadar, avocat associé du cabinet Reed Smith.

Le Point.fr : Quels sont les griefs reprochés à Facebook par la DGCCRF ?

Daniel Kadar : La DGCCRF, qui a pour mission essentielle de faire respecter les règles ayant trait à la protection des consommateurs, a enjoint à Facebook de modifier plusieurs clauses considérées comme abusives de ses conditions d’utilisation, voire de les supprimer : la clause par laquelle Facebook s’autorise à retirer discrétionnairement des contenus ou informations publiés par les utilisateurs, celle qui l’autorise à modifier unilatéralement ses conditions d’utilisation sans en informer le consommateur ou encore celle qui l’autorise à modifier ou à résilier unilatéralement son service de paiement sans en informer au préalable le consommateur…

Que risque le réseau social s’il n’obtempère pas ?

Facebook a soixante jours pour se mettre en conformité. Il risque des poursuites par les utilisateurs qui peuvent réclamer des dommages et intérêts devant les juridictions civiles. Celles-ci considèrent en effet que les clauses abusives sont réputées non écrites. Sur ce point, la possibilité d’agir par le biais d’actions de groupe peut avoir un effet démultiplicateur. Par ailleurs, Facebook encourt également des sanctions pouvant aller jusqu’à 15 000 euros d’amende. Le montant reste peu dissuasif à ce stade : c’est avant tout une question d’image.

De son côté, la Cnil accuse Facebook de pister la navigation des internautes…

La Cnil a constaté plusieurs manquements de la part de ce réseau social, comme le fait de suivre la navigation des utilisateurs à travers des cookies, y compris celle des internautes ne disposant pas de compte Facebook. La Cnil constate également que Facebook ne recueille pas le consentement des utilisateurs avant de collecter des données considérées comme sensibles (données relatives aux opinions politiques, religieuses ou relatives à l’orientation sexuelle). Autre manquement reproché, le réseau social ne permet pas aux utilisateurs de s’opposer à l’utilisation de leurs données à des fins publicitaires. Autant de pratiques qui sont contraires aux principes et obligations résultant de la loi informatique et libertés.

Facebook est aussi accusé de ne pas se conformer aux règles sur le transfert des données vers les États-Unis…

C’est en effet l’un des points qui ont été retenus par la Cnil contre Facebook. Les Cnil européennes, et notamment notre Cnil française, ont développé depuis quelques années une réglementation qui complète la législation existante en ce qu’elle interdit tout transfert régulier et massif de données vers les pays dits « n’offrant pas de protection des données adéquate » au nombre desquels figurent les États-Unis. Les « données » visées sont aussi bien des données relatives aux ressources humaines pour les entreprises internationales que des données publiées par les utilisateurs sur les réseaux sociaux, par exemple. La Cnil a donc été à la tête d’un mouvement qui a imposé progressivement l’obligation pour un responsable de données de ne pouvoir envoyer des données personnelles régulièrement aux États-Unis que dans un cadre légal adapté. Parmi les véhicules juridiques acceptés par les Cnil européennes se trouvait le Safe Harbor, un mécanisme d’auto-certification auprès du département du Commerce américain. Pour faire simple, un « importateur » de données » qui reçoit ces données aux États-Unis pouvait, en s’y enregistrant et après avoir déclaré se conformer aux exigences réglementaires européennes, recevoir ces données. Le problème soulevé par les Cnil européennes était que personne ne contrôlait cette déclaration. Par ailleurs, le scandale de la NSA a mis en lumière des lacunes réglementaires puisque le transfert de données par ces « importateurs » de données aux services de renseignement locaux passait littéralement sous le radar du Safe Harbor. Cet accord passé avec le secrétariat d’État américain du commerce il y a 15 ans était décrié par les régulateurs européens depuis des années. Il a finalement été annulé en octobre 2015 par la Cour de justice de l’Union européenne.

LIRE aussi Safe Harbor : « La CJUE affirme que la protection des données est un droit fondamental »

Facebook légitimait les transferts de données sur la base de cet accord annulé, le Safe Harbour : encourt-il donc des sanctions aussi sur ce terrain?

Oui, s’il apparaît qu’il opère ces transferts hors cadre légal. Les Cnil européennes, dont la nôtre, exigent aujourd’hui que les responsables de données qui s’appuyaient sur le Safe Harbor cherchent des cadres juridiques alternatifs plus contraignants car contractualisés a minima. Le Privacy Shield, le bouclier de la vie privée négocié par l’Union européenne avec les autorités américaines il y a quelques jours, vise à offrir ce contrôle qui manquait aux États-Unis et aussi à limiter et réglementer l’accès aux données par les services de renseignement. Mais il n’est pas encore adopté, et les Cnil européennes ont décidé d’imposer d’ores et déjà des cadres plus contraignants.

Comment interpréter ce ferme rappel à l’ordre de Facebook ? Et que risque le réseau social ?

C’est une véritable injonction ! La Cnil reproche à Facebook de ne pas avoir trouvé de cadre légal alternatif alors qu’elle avait donné aux responsables de données actifs en France jusqu’au 31 janvier 2016 pour le faire. C’est peu dire que la Cnil n’a pas tardé à passer des paroles aux actes puisqu’elle épingle Facebook sur ce point aussi 8 jours après l’arrivée à échéance de cette date butoir ! Facebook dispose de trois mois pour s’exécuter, et encourt des sanctions pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et 300 000 euros d’amende.

La réglementation française va-t-elle finir par s’imposer au géant californien à l’égard duquel la justice française s’est déclarée compétente ?

Il s’agit d’une action conjointe à la fois de deux autorités de régulation françaises et par ailleurs d’une action européenne, puisque la Cnil agit de concert avec d’autres régulateurs européens, comme elle l’avait fait d’ailleurs avec Google. Je vois ici un signal fort lancé aux acteurs du monde digital dont il ne faut pas se méprendre sur la portée, car aujourd’hui, en raison du développement des réseaux sociaux précisément, presque chaque entreprise est une entreprise média.

N’est-il pas trop tard pour soumettre Facebook aux exigences du droit français ?

Je ne le crois pas, je crois même le contraire : l’exemple récent d’UberPOP nous montre que les régulateurs français ont compris qu’ils pouvaient peser sur les choix stratégiques et imposer leurs vues. Le fait qu’ils joignent leurs forces pour faire davantage pression sur les opérateurs me laisse penser que les temps du « one size fits all » (« modèle universel ») sont révolus et qu’il va falloir, pour les acteurs internationaux, se résoudre à adapter leurs conditions générales aux particularités réglementaires des pays dans lesquels ils interviennent.

Laurence Neuer

*Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

Une direction du ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique

Article précédent :

Facebook vous espionne à votre insu

A quoi ressemblait votre ville au XVIIIe siècle?..A voir..

L’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) vient de mettre en ligne un puissant outil permettant de comparer la cartographie actuelle à celle de différentes époques du passé.

Curieuse comme je suis je vais aller vite voir ça

A quoi ressemblait votre région quand Cassini a dessiné les cartes de la France au XVIIIe siècle ? Comment était Paris d’après les cartes de l’Etat Major du XIXe siècle ?

« Remonter le temps », un outil mis en ligne par le portail IGN permet de comparer des cartes de la France entière à différentes époques de son histoire.

Cartes de différentes époques juxtaposées

Un système de justaxposition de cartes permet de glisser très facilement de manière horizontale ou verticale de l’une à l’autre et ainsi de se rendre compte des évolutions d’un quartier, d’une ville.

Quand votre ville n’était encore qu’une bourgade entourée de campagne, jusqu’à l’urbanisation du XXe siècle.

Quatre filtres de cartes et deux jeux de photos sont disponibles.

Dépression, addictions, troubles du métabolisme: la faute à Neandertal?

Une petite part de nos gènes héritée des néandertaliens serait responsable d’une douzaine de maladies dont nous, homo sapiens sapiens, pâtissons encore.

 

Autre héritage l’allergie, lien vers l’article

Allergies un héritage de l’homme de néanderthal

Lamentable : OPHTALMOS: OBTENIR UN RENDEZ-VOUS PREND EN MOYENNE 3 MOIS ET JUSQU’À PLUS DE 9

La vue c’est essentiel et pourtant…….

De moins en moins nombreux, les ophtalmologistes sont parmi les spécialistes les plus demandés et il en résulte donc des délais d’attente qui s’allongent. Selon une étude, il faut en moyenne trois mois avant d’avoir un rendez-vous et parfois même beaucoup plus.

Cela saute aux yeux de tous les patients, ou presque: avoir un rendez-vous chez l’ophtalmologiste est une vraie gageure. Les patients ayant la vue qui baissent doivent ainsi attendre près de trois mois en moyenne avant de passer entre les mains de ce spécialiste très demandé à l’heure où les trois quarts des Français présentent une anomalie de la vue. Un délai en hausse de huit jours entre 2014  et 2015 et derrière lequel se cachent également de fortes disparités puisqu’il peut dépasser les neuf mois dans certains départements, selon une étude réalisée par Yssup Research (Publicis) pour le groupe Point Vision.

Pour les besoins de cette enquête nationale, la deuxième du genre, les cabinets de 3.239 ophtalmologistes (environ deux tiers des praticiens français) ont été appelés entre le 30 novembre et le 23 décembre 2015 et les délais d’attente avant le rendez-vous proposé, ou les refus, compulsés. En moyenne, il fallait 85 jours en 2015 avant de voir un ophtalmo, soit une hausse de huit jours par rapport à l’année précédente due au faible renouvellement de la profession et à une explosion de la demande.

Ces délais déjà importants ne sont toutefois rien en comparaison de la situation que connaissent les habitants de la dizaine de départements où les délais sont les plus longs. Ainsi, dans la Marne, l’Ain ou encore la Creuse, les délais sont compris entre six et neuf mois d’attente et ils culminent à plus de neuf mois dans trois autres: le Cantal, la Corrèze et la Haute-Loire. Les territoires les plus favorisés sont à chercher du côté des Alpes-Maritimes, du Tarn et du Tarn-et-Garonne, où il faut à l’inverse attendre moins d’un mois avant un rendez-vous. Les habitants des grandes villes apparaissent également comme privilégiés avec des délais dépassant rarement la barre des deux mois comme à Nice (21 jours) ou Paris (48), sauf à Lyon (78), Nantes (89) et surtout Rennes (123).

L’enquête souligne toutefois que la part de refus purs et simples de prise de rendez-vous est pour sa part en baisse. Ainsi, si 15% des nouveaux patients étaient refusés en 2014, ils n’étaient plus que 11% l’an dernier.

Source France Soir.

Justice : recours contre Apple à cause de l’erreur

Comme prévu, la cabinet d’avocats PCVA a lancé un recours collectif contre Apple concernant la fameuse erreur 53. (lien en fin d’article sur mon post sur cette erreur)

Pour Darrell Cochran, responsable de l’affaire, l’argument de la sécurité ne tient pas puisque le téléphone continue de fonctionner pendant des mois après la réparation. De plus, Apple devrait prévenir ses clients des conséquences de la mise à jour de leur iPhone avant qu’il ne se transforme en brique. Enfin, PCVA pointe également du doigt la réaction de la firme qui consiste à dire qu’il n’y a d’autre solution que d’acheter un nouveau téléphone. Le cabinet demande de nouveaux téléphones pour toutes les victimes de l’erreur 53, ainsi que 5 millions de dollars de dommages et intérêts. Affaire à suivre.

pour savoir le début de l’histoire

Qu’est ce que l’erreur 53

 

France : Le gouvernement guère favorable à l’instauration d’un revenu de base

ors que des élus de tous bords réclament l’introduction d’un revenu de base à l’heure du numérique, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a clairement laissé entendre que le gouvernement n’envisageait pas de procéder à des expérimentations en France. L’exécutif préfère que la « réflexion »se poursuive.

À un peu plus d’un an de la présidentielle, l’instauration d’un revenu de base (auquel aurait droit chaque citoyen tout au long de sa vie) continue de faire l’objet de tentations. Hier, c’est la députée écologiste Isabelle Attard qui a porté cette « autre solution contre le chômage » dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale. D’après l’élue, cela permettrait de lutter contre l’injustice de notre système de protection sociale – personnes qui ne réclament pas les aides auxquelles elles ont droit, individus qui ne touchent rien faute de dépasser un seuil de quelques euros… – tout en simplifiant la gestion administrative des prestations sociales. RSA ou allocations retraites auraient en effet vocation à disparaître, au profit de cette nouvelle prestation universelle.

« Les effets bénéfiques du revenu de base sont connus : meilleure scolarisation, diminution du nombre d’arrêts maladie et, surtout, développement de l’entrepreneuriat » a soutenu Isabelle Attard, le revenu de base pouvant effectivement être cumulable avec les revenus issus d’une activité professionnelle. Si la parlementaire s’est bien gardée d’évoquer un quelconque montant mensuel, elle a en revanche défini le revenu de base comme « un droit inconditionnel, cumulable et distribué par une communauté à tous ses membres, sans contrôle des ressources ni contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement ».

attard
Crédits : Assemblée nationale

Loin d’être nouvelle, cette idée a été remise sur le devant de la scène par le Conseil national du numérique. L’institution, prenant acte des évolutions récentes du marché du travail – impulsées tout particulièrement par le développement de l’économie numérique – en appelait le mois dernier à expertiser les différentes propositions autour du revenu de base, et allait même jusqu’à envisager des expérimentations locales. « Que compte faire le gouvernement pour mettre en place rapidement des expérimentations ? » a dès lors demandé Isabelle Attard à la ministre du Travail.

Le gouvernement préfère les adaptations à une réforme d’ampleur

« L’idée est séduisante, mais la création d’un tel revenu comporte des enjeux très lourds » a répondu Myriam El Khomri, sur le banc du gouvernement. « Si nous prenons ce projet et son financement au sérieux, alors, nous devons veiller à son articulation avec notre système de protection sociale, nos mécanismes de solidarité sociale et notre fiscalité et à l’impact qu’il aurait sur eux. Il nous faut en effet être vigilants pour que cette idée n’ouvre pas la voie à une protection sociale à deux vitesses, avec un filet de sécurité minimal pour les uns et des fonds de pension et des assurances privées pour les autres. »

Le gouvernement préfère surtout adapter les dispositifs actuels (par exemple avec la récente mise en place de la prime d’activité). Façon d’éluder le débat, la ministre du Travail a déclaré que la « réflexion » devait « se poursuivre » sur le sujet, ce qui devrait notamment être le cas avec les travaux menés par le député Christophe Sirugue à propos des minima sociaux – et dont les conclusions sont attendues pour fin mars.

Finlande, Pays-Bas, Suisse… Le revenu universel va-t-il conquérir l’Europe ?

Ce qu’il en est ailleurs

Officiellement attribué aux citoyens finlandais dès 2017, le revenu de base est actuellement en cours de discussion dans différents pays. « We Demain » fait le point sur les dernières avancées de cette solution possible à la crise de nos modèles économiques et sociaux.


Image d'illustration (Crédit : TaxRebate.org.uk/FlickR)

Image d’illustration (Crédit : TaxRebate.org.uk/FlickR)
C’est officiel : la Finlande sera le premier pays européen à distribuer un revenu universel à l’ensemble de ses habitants. Une allocation mensuelle qui sera versée par les pouvoirs publics dès 2017 à tout résidant du pays, de manière inconditionnelle, quels que soient son âge et son revenu.

La démarche d’Helsinki n’est pas une première. Ailleurs dans le monde, certains pays ont déjà expérimenté plusieurs types de revenus de base : la Namibie,l’Alaska, et plus récemment l’Inde et le Brésil.

Le premier à l’avoir mis en place sur l’intégralité de son territoire, c’est l’Alaska. Les premiers essais du 49e État des États-Unis remontent à 1976, avec la création de « l’Alaska Permanent Fund « , un fonds souverain financé grâce aux revenus issus du pétrole. En 2014, chaque habitant de l’État nord-américain a ainsi perçu 1 884 dollars par an, soit environ 1 700 euros.

À terme, quels sont les objectifs d’un tel revenu inconditionnel, théorisé par grand nombre d’auteurs et économistes depuis Thomas More dans L’Utopie et initié par le militant britannique Thomas Paine au XVIIe siècle ? Rien de moins qu’éradiquer la pauvreté, réduire les inégalités, les injustices sociales et émanciper l’individu.

Plus concrètement, le revenu de base pourrait contribuer à remédier à la crise que traversent nos modèles économiques et sociaux. Il permettait aux salariés d’accepter des postes peu rémunérateurs, en renonçant au passage à toutes prestations sociales. Ce qui, selon ses défenseurs, contribuerait à faire baisser le chômage.

Depuis plusieurs années (lire We Demain numéro 5), l’idée fait son chemin au sein des exécutifs européens. We Demain fait le point sur ses dernières avancées en Finlande, aux Pays-Bas et en Suisse.


En Finlande, 550 euros par mois pour commencer, 800 euros ensuite

Le lancement du revenu universel finlandais est prévu début 2017. Mais le gouvernement a décidé de l’expérimenter avant cela sur un groupe limité de citoyens. Dès janvier 2016, ces derniers vont percevoir 550 euros par mois. La proposition finale sera présentée par le gouvernement en novembre 2016, après avoir analysé les résultats de l’étude et envisagé les réformes de la fiscalité et de la protection sociale à mettre en place.

À terme, l’objectif est de remplacer l’ensemble des allocations versées par l’État par un revenu de base de 800 euros. Défendue par un gouvernement de centre droit, la mise en place de cette mesure serait une première en Europe, dans un pays miné par un taux de chômage de 10 % de la population active et quatre années de récession. « La situation de la Finlande est si grave que nous avons besoin [de courage pour] expérimenter des solutions nouvelles », expliquait en 2014 le premier ministre finlandais, Juha Sipilä.


À Utrecht, 900 euros par mois pour un adulte seul et 1 300 euros pour un foyer

Aux Pays-Bas, une trentaine de municipalités vont mener, dès janvier 2016, des projets pilotes sur le revenu minimum. Tilburg, Wageningen et Groningen sont les villes les plus avancées. Mais c’est Utrecht qui joue le rôle d’éclaireur. Dans cette ville de 300 000 habitants, la quatrième du pays, 300 citoyens participeront à l’expérience.

Comment ? Avec six groupes d’au moins 50 personnes, toutes bénéficiaires du chômage ou des minima sociaux. L’un de ces groupes demeure sous le régime de sécurité sociale actuel et sert comme groupe de comparaison. Sur les cinq autres, un seul recevra un revenu de base, inconditionnel et fixe estimé à 900 euros par mois pour un adulte seul et 1 300 euros pour un foyer. Les trois autres groupes vont expérimenter des règles différentes, non définies à ce jour, tandis qu’un dernier permettra d’étudier le droit en vigueur sur la protection sociale.

« Les gens disent que les bénéficiaires ne vont pas chercher à retrouver un job, nous allons le vérifier », a expliqué la chargée de ce projet, Nienke Horst, au site américain Quartz. Selon elle, ils seront au contraire plus « heureux » et « finiront quand même par trouver un travail ».


En Suisse, 2 300 euros par adulte et 600 euros par enfant, chaque mois

Dans le pays le plus heureux du monde, les citoyens ont créé un comité « d’initiative populaire fédérale pour un revenu de base inconditionnel ». Ses principaux protagonistes, Oswald Sigg, Götz Werner, Daniel Straub et Christian Müller revendiquent depuis avril 2012 l’instauration d’un tel revenu. Selon eux, les Suisses goûteraient à une « existence [plus] digne » tout en disposant de plus de possibilités pour « [participer] à la vie publique ».

Chaque adulte obtiendrait 2 500 Francs suisses (environ 2 300 euros) par mois, chaque enfant 650 (602 euros). Une allocation qui remplacerait, ici aussi, les aides sociales existantes actuellement, dans un pays où 7 % à 8 % des citoyens vivent sous le seuil de pauvreté. Le projet a récolté 125 000 signatures.

Fin septembre, le Conseil national, la chambre basse de l’Assemblée fédérale suisse, a voté une recommandation contre l’initiative populaire pour un revenu de base inconditionnel. Ses principaux arguments ? Elle ne serait pas finançable et favoriserait, justement, le chômage. Des arguments contre lesquels s’élèvent 49 % des Suisses, selon un récent sondage. Ils se prononceront début 2016 lors d’un référendum.


En France, une étude de faisabilité en cours en Aquitaine

En France, différents collectifs soutiennent l’idée du revenu de base, rassemblés au sein du Mouvement Français pour un Revenu de Base . Mais à ce jour, l’idée n’a pas retenu l’attention du gouvernement, même si certains de ses anciens membres sont pour son instauration, selon différentes modalités. Parmi eux, on compte l’ex-ministre et député PS Arnaud Montebourg, l’ancien ministre des Affaires étrangères et de l’intérieur Dominique de Villepin (UMP), l’ex-présidente du PCD Christine Boutin. Du côté des Verts, des personnalités comme José Bové, Eva Joly, Yves Cochet ou Daniel Cohn-Bendit défendent également l’idée.

Pour l’heure, seul Europe Écologie les Verts a inscrit le « revenu inconditionnel » dans son programme national. Ce dernier entend modifier les règles d’attribution du RSA. En juillet 2015, il est parvenu à faire voter une motion permettant le financement d’une étude de faisabilité lors de la séance plénière du Conseil régional d’Aquitaine.

Selon Rue89, elle permettrait de tester ce revenu de base sur le “croissant de la pauvreté aquitain” allant de la Gironde à la Dordogne et au Lot-et-Garonne. Si cette initiative est une première en France, ses conditions d’attribution, le montant du revenu qui lui serait associé et sa durée n’ont pas encore été précisés.

Joli : Coulommiers : un bébé sauvé in extremis par un policier

Elle s’appelle Shayana, elle a un mois et elle va bien. Mercredi, un policier l’a ramenée à la vie, alors qu’elle ne respirait plus. « Les policiers ont sauvé mon bébé », n’hésite pas à dire Nicolas, âgé de 33 ans, habitant d’Amillis.

Sa fille, Shayana, est née le 5 janvier dernier.

Six policiers menaient un contrôle routier sur le rond-point des Anciens Combattants à Coulommiers, ce mercredi, vers 14 h 45. La brigadière Carole Bouhier raconte avoir vu « une Bmw arriver assez vite. Les warnings étaient allumés. La conductrice a eu du mal à s’arrêter, d’ailleurs. » Au volant, c’est la mère de Shayana, âgée de 31 ans. « Elle hurlait dans sa voiture : « Au secours ! Aidez-moi ! Mon bébé ne respire plus », poursuit la policière. « Le fait de nous voir était presque un salut pour elle. »

Coulommiers, ce jeudi. Nicolas, le père du nourrisson entouré de Carole, celle qui a conduit sa femme à l’hôpital et de Laurent, qui a fait un massage cardiaque au nouveau-né. (LP/Sébastien Roselé.)Le brigadier-chef Laurent Chavanne, 50 ans, a été sapeur-pompier professionnel pendant vingt-cinq ans à Paris, avant d’intégrer la police en 2002. Il en a gardé des réflexes. « J’ai pris l’enfant dans son siège. Le bébé était tout mou et ne respirait plus. La maman nous a dit que la petite était sujette à des reflux gastriques fréquents. Je n’ai pas fait de bouche-à-bouche parce qu’il y avait un risque que le liquide aille dans les poumons. » L’ancien militaire prend donc le nouveau-né « sur (s) on avant-bras et commence un massage cardiaque. »

Tout en menant cette opération, il monte dans une voiture de police accompagné de deux collègues, dont l’un conduit. Ils se rendent à la caserne des pompiers, à quelques centaines de mètres de là. « Arrivés sur place, et alors que j’ai passé le bébé aux pompiers, l’enfant a rouvert les yeux et a retrouvé sa tonicité. »

Pendant ce temps, la brigadière Carole Brouhier prend le volant de la voiture de la mère de Shayana avec ses deux autres enfants, de 4 et 9 ans, à l’arrière. Elle conduit la famille à l’hôpital. La maman passe alors un appel à Nicolas, son mari.

« J’étais au travail quand j’ai reçu un coup de fil de ma femme en panique. Je ne comprenais pas ce qu’elle me disait. Elle pleurait et criait. La policière a pris le téléphone et m’a expliqué. » Nicolas a quitté son travail de soudeur à Meaux.

Entre-temps la petite est admise en pédiatrie et les deux plus grands enfants sont placés chez leurs grands-parents. Nicolas rejoint son épouse « effondrée » à l’hôpital. « Les médecins m’ont dit que c’était un reflux gastrique, poursuit Nicolas. Ils la gardent en observation pendant deux jours. Elle est tirée d’affaire. Il faudra juste changer de lait. »

Ce jeudi, la maman était avec la petite tandis qu’une fois encore, comme il l’a fait la veille, Nicolas remerciait les policiers. Laurent, le policier qui a sauvé la petite, reste modeste. « Non, je ne suis pas un héros. C’est vrai que ça ne se produit pas tous les jours. Mais mon métier c’est d’assister, de protéger et de servir. »

Quelques chiffres : l’intensité de l’élevage français

Vegepeople

The-Egg-Machine_bis

Les chiffres de l’élevage peuvent être très variables. Afin de garder des nombres les plus officiels possible, voici ceux du Ministère de l’agriculture, éclairés par des statistiques de Compassion In World Farming France.

Voici quelques chiffres qui permettent de prendre du recul sur les quantités d’animaux en élevage intensif.

Voir l’article original 483 mots de plus

%d blogueurs aiment cette page :