Israël : le livre censuré Geder Haya devient un best-seller

La semaine dernière, on apprenait qu’en Israël, le ministère de l’Éducation nationale censurait un livre mettant en scène une histoire d’amour judéopalestinienne. Ce qui ne manquait pas d’indigner une partie du milieu culturel, déjà braqué contre un des gouvernements les plus à droite de l’histoire d’Israël. Le livre était sorti il y a 18 mois, et, depuis cette mise à l’index, en une semaine il est devenu un best-seller. 

 

Geder Haya, le roman de 344 pages de l’Israëlienne Dorit Rabinyan qui avait reçu le prix Berstein en 2015, avait été écarté des listes de lectures des lycées, malgré la forte demande des enseignants de pouvoir le conserver dans les programmes. Motif : il ne fallait pas que le livre soit perçu comme encourageant les relations intimes entre Israéliens et Palestiniens.

dorit livre

 

Quasiment le même jour que cette mise à l’index, plus de 5000 exemplaires du livre avaient été vendus, ce qui est énorme pour les standards israéliens. Les droits de traduction avaient déjà été achetés en anglais, allemand et français, mais les éditeurs en question presseraient maintenant le pas pour faire paraître le livre plus tôt. De nouveaux contrats ont été discutés depuis ce succès pour publier au Brésil, en Espagne ou en Hongrie.

 

Dorit Rabinyan, l’auteure de 43 ans, s’est confiée à l’AFP : « Cette marche vers les libraires est comme un ralliement, ce ne sont pas seulement ceux qui aiment mes livres qui achètent Borderlife (titre anglais de Geder Haya, ndlr), ce sont ceux qui aiment la démocratie. En achetant mon roman, ils expriment une nouvelle fois leur confiance et leur foi dans le libéralisme en Israël, dans la liberté de choix et de parole. »

 

En réponse à cette censure du ministère, le TimeOut Israëlien avait publié cette vidéo, montrant des couples israélo-palestiniens, homos et hétéros, en train de s’embrasser. La vidéo a très vite été supprimée de Facebook, mais elle est toujours visible sur YouTube. Son lien est en fin d’article.

 

La possibilité de relations judéo-palestiennes est perçue comme une menace nationale en Israël. Bien qu’aucune loi n’interdise spécifiquement les mariages mixtes, il est rendu virtuellement impossible par l’absence d’institutions permettant le mariage civil. Le Grand-rabbin a donc le contrôle sur toutes les affaires matrimoniales.

 

Mais ces relations mixtes sont en réalité très rares, comme le confie l’auteure elle-même : les Israéliens « voient les Palestiniens comme une masse, et eux aussi nous voient comme une masse. Se regarder dans les yeux, comme cela s’est produit entre mes personnages, est une expérience très rare pour un Israélien. »

la vidéo censurée sur Facebook encore visible sur you tube

Actualités.com

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