Dragon ladies ou les dames du lac d’Annecy

Sur le lac d’Annecy vous pouvez assister à un spectacle insolite : de drôles de bateaux fendent les eaux limpides du lac. Ces bateaux d’inspiration chinoise arborent à leur proue une tête de dragon, ce sont les dragon boats.

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deux dragon boats sur le lac d’Annecy

Parmi les embarcations, celle des dragon lady d’Annecy ne passe pas inaperçue. Sur celle ci les seize rameuses portent un maillot fuschia. Leur point commun est d’avoir eu un cancer du sein.

Une association « Drôles de rames » est à l’origine de cette équipe des dragon ladies d’Annecy. Geneviève la présidente de l’association en a eu l’idée grâce au reportage « nous irons à Venise » diffusé sur Thalassa, ce film racontait l’épopée du premier équipage français de dragon ladies de Reims.

Les dragon boat, regroupent des femmes qui ont galéré face au cancer du sein, c’est une rééducation collective. Une solidarité énorme naît entre les femmes. Le groupe comptait à l’origine 8 personnes en 2012, aujourd’hui il est fort de 55 membres c’est un succès.

dragon boat
Les dragon ladies à l’oeuvre

Ces femmes ont eu leur vies brisées par la maladie, mais oublient tout dès qu’elles sont sur le bateau. Une solidarité énorme existe entre elles.

« Une activité physique régulière réduit de 20 % le risque de cancer du sein et de 25 à 30 % le taux de récidive chez les femmes traitées » souligne le cancérologue Bruno Cutuli.

DE plus la pratique du Dragon boat est encore plus efficace, en effet le mouvement effectué en ramant du haut vers le bas réactive des voies de circulation lymphatique par un effet actif de la musculature.

L’esprit d’équipe additionné à une pratique physique commune procurent un bénéfice physique et psychologique indiscutable.

Alors, voilà mon coup de cœur du jour, chez les chinois le dragon est réputé éloigner les maladies !!!!

Face à un problème, à un accident de la vie l’union fait la force et aide à sortir la tête de l’eau. Loin de l’univers médicalisé où ces femmes ont été soignées et après de lourds traitements, elle revivent. Je mets en lumière cet exemple car je le trouve parlant.

Si vous voulez en savoir plus voici quelques liens

association drôles de rames Annecy

Association dragon boat de Toulouse

Association ensemble pour elles

Le cochon est sur la paille dans les Neste Baronnies

Cet après midi départ direction un producteur de Porc Noir de Bigorre à Bonnemazon, à nouveau tout près de Capvern.

porc noir panneau ferme
L’élevage qui nous a reçus.

Connaissez vous cet animal si différent du porc classique que l’on trouve un peu partout en France ?

J’ai voulu lors de cette visite voir la différence, en effet je suis bretonne et je connais majoritairement l’élevage du porc sur caillebotis :

  • Les animaux vivent dans des bâtiments dont le sol est ajouré. Appelé caillebotis, ce sol permet l’évacuation rapide des déjections animales et de l’eau de lavage du sol dans des fosses situées dans la partie basse des bâtiments. Le porc est un animal qui aime la propreté : l’élevage sur caillebotis répond à ce besoin en permettant de garder un espace de vie toujours propre pour les animaux. Le mélange de déjections et d’eau s’écoule ensuite vers des cuves de stockage : les fosses à lisier. Le lisier est stocké en attendant le moment propice à la fertilisation des cultures. En France, 95% des porcs sont élevés en bâtiment sur caillebotis. C’est aussi le mode d’élevage le plus répandu en Europe et dans le monde.
  • .porc caillebotis

Ce mode d’élevage laisse un support fertilsant le lisier, celui ci est épandu sur les champs et cause des problèmes écologiques. Il traverse la couche fertile, va jusqu’aux nappes phréatiques, arrive dans les cours d’eau, sur les plages. Sous l’action du soleil ce mélange d’excréments de porc va donner naissance à un fléau écologique les algues vertes.

Voici un lien vers un article de Libération qui en parle

En Bretagne le lisier coupable des marées vertes

Alors j’ai voulu voir un modèle différent d’élevage des animaux, je vous propose de visiter à mes côtés cet élevage.

Au préalable petite présentation du pourquoi de cet élevage et son histoire.

Les éleveurs qui ont fait le choix de ce type d’élevage sont des passionnés, ils aiment leurs animaux qui sont soignés, bichonnés, ceux ci vivent en plein air, ont une alimentation choisie en plus de paître dans les prés. En saison par exemple le porc noir se nourrit de glands, de châtaigne et d’herbe cette alimentation est complétée par du seigle et de l’orge.

Le porc Noir : Présentation

De l’extinction ….. à aujourd’hui… une viande d’exception

De tous temps le porc noir a peuplé les paysages de la Bigorre… mais il faillit disparaître..

Ce porc de race autochtone, pure et très ancienne a toujours existé dans les Pyrénées centrales et l’espèce en fut toujours noire. Sa présence est prouvée depuis l’époque romaine.

Sa population est encore importante dans les années 30, là on comptait encore 28.000 truies, mais ces animaux ne supportèrent pas le changement de mode de vie à cause de l’industrialisation de l’agriculture après la seconde guerre mondiale, le cheptel diminua très rapidement.

Précédemment, dans les fermes, le Porc Noir  vivait avec les autres animaux de la basse cour et était quotidiennement conduit à la pâture. De ce fait, en étant en contact régulier avec les éleveurs, il a développé un caractère paisible et familier qu’il manifeste par sa docilité et sa curiosité.

Les années 1980 : vers la sauvegarde de l’espèce

En 1981, le programme de sauvegarde du patrimoine génétique mis en place, afin de sauvegarder les différentes variétés végétales ou races animales menacées de disparition, a permis de sauver le porc noir qui était alors en voie d’extinction.

Il ne restait à ce moment là que 2 verrats et une trentaine de truies conservés dans quelques fermes des Hautes-Pyrénées. Le repeuplement fut aussi possible grâce à de la semence congelée par l’INRA, afin d’éviter la consanguinité.
A la fin des années 80, le patrimoine génétique fut ainsi techniquement sauvé.

de 1990 à 2000 – La structuration de la filière

Le défi de ces éleveurs passionnés était de produire et réussir à mettre sur le marché des produits de très haute qualité.
L’adhésion de l’ensemble des partenaires au projet de produire, transformer et promouvoir des produits de très grande qualité gustative, fut déterminante. Mais l’enjeu était également stratégique pour réussir le pari de positionner les produits issus du porc Noir de Bigorre et notamment le jambon, parmi les plus grands produits européens.

A partir des années 2000 vers la reconnaissance en AOC

Du Porc noir de Bigorre d’un coté et du jambon noir de Bigorre.

La notoriété du Noir de Bigorre a grandi au cours des années. grâce à l’action du consortium du Noir de Bigorre, qui en lien avec les éleveurs et les partenaires de la filière, a fait découvrir ou redécouvrir l’excellence des produits frais et secs ou transformés. Les gastronomes, séduits, en sont ainsi devenus les meilleurs ambassadeurs.

Petit portrait de l’animal

Le porc noir de bigorre est un porc de pure race gasconne issu de reproducteurs inscrits au livre généalogique, élevé dans son aire géographique historique au pied des Pyrénées, dans son milieu naturel de prairies et de sous-bois selon un mode d’élevage ancestral.

Il appartient à la famille des porcs méditerranéens. C’est un cochon « Marcheur » habitué depuis toujours à se déplacer pour se nourrir. J’ai trouvé amusant de le voir fouiner de son groin dans le sol à la recherche de sa nourriture. Il est rustique et vigoureux.

Il vit en liberté sur son territoire d’origine, la Bigorre, aux confins des Hautes Pyrénées, du Gers et de la Haute Garonne, dans un paysage doux et paisible au pied des montagnes.

Ce porc comme son nom l’indique a une robe de couleur  entièrement noire, le groin et les onglons sont noirs également, adulte sa taille avoisine 0.75 m. Le corps est cylindrique, le jambon est fort bien fait, épais et rond. Les os des membres sont plutot fins, mais très denses durs comme de l’ivoire,  il est plus gras que le cochon classique, mais le mode d’alimentation fait de ce gras une substance qui n’augmente pas le mauvais cholestérol.

Les muscles apparaissent très développés aux épaules et à la croupe. La tête mince, très longue surtout dans sa partie faciale est droite et pointue, terminée par un adorable petit groin solide et très mobile qui lui permet de fouiller le sol pour y chercher sa nourriture.

Les oreilles sont de longueur moyenne, peu charnues, plutôt étroites, puis faiblement divergentes vers leurs pointes, elles sont portées horizontalement ou légèrement inclinées.

porc noir beauté porc noir gros plan

  • La Visite elle même :

A notre arrivée un des troupeaux de l’éleveur nous attend dans un enclos, encore dans la cour de la ferme. Le cheptel est divisé en petits groupes, en nous attendant l’éleveur les a gardé dans la cour. Là j’assiste à la douche des cochons, c’est inouï, à tour de rôle les cochons vont quand ils en ont envie sous une douchette, ils en sortent les soies trempées et tout proprets ! Ils remuent beaucoup, j’ai du mal à prendre une photo tant ils sont vifs. Dans cet élévage, le cheptel est ainsi divisé par 20 animaux, après la douche ils sont libérés sur un hectare de prés. Leur alimentation est celle que leur offre la nature, les glands, les pommes, les noix, l’herbe. L’éleveur lui rajoute des céréales du seigle et de l’orge.

Le porc est un animal propre de nature, il ne mange pas là où il fait ses besoins.

porc noir douche
Les porcs sous la douche, là c’est un peu la bousculade 🙂
porc noir éleveur chien
L’éleveur et son auxiliaire le chien, il va conduire les porcs au champ.
porc noir pré
Voilà, ils sont dans leur pré, ils peuvent se dégourdir les jambes.

Nous sortons de la cour de la ferme, un autre petit troupeau nous est présenté dans un champ dont une partie est boueuse. Les cochons se prélassent dans la boue. J’adore les voir ainsi, il se roulent, se couvrent de boue, ou fouinent de leur museau dans celle ci à la recherche de nourriture. Ils sont dans un champ face à des forêts, sur la crête nous domine le château de Mauvezin.

porc bain boue face mauvezin
Leur bain de boue au soleil face à la colline couronnée par le chateau de Mauvezin.
porc bain boue
Les porcs se roulent de plus belle dans la boue.

Nous sommes des curistes et le parallèle avec ces cochons est vite fait en effet le matin nous avons et des douches et des bains de boue.

  • Retour à la ferme, là il vendent directement les produits issus de leur cheptel, jambons, pâtés; saucissons…. une généreuse dégustation nous attend.

Un jambon sec est tranché en fine lamelles, la terrine maison circule sur des assiettes tout comme de fines tranches de saucisson.

porc noir jambon porc jambon porc noir saucisson porc noir toast

J’ai aimé dans cette visite l’amour du métier de ce couple d’éleveurs, la chaleur de leur accueil. Les animaux sont beaux et superbement traités. Quelque part j’ai fait un bond en arrière dans le temps, cet élevage d’animaux en plein champ, c’est celui de l’animal tel qu’il vivait antérieurement dans son milieu naturel. Au fil de mes promenades ici dans les baronnies j’ai vu bien des troupeaux de vaches, moutons, chèvres, tous ainsi en pleine nature.

porc noir salue après douche
Porc noir qui vous salue après sa douche

Voici le lien vers leur site

EURL traditions des Baronnies, élevage de porcs noirs

 Office du tourisme de Capvern les bains