Balade autour de Capvern : le château de Mauvezin…. fière forteresse face aux Pyrénées

Départ de Capvern les bains en covoiturage, en direction ce jour du superbe château médiéval de Mauvezin.

Il se situe très près de Capvern, on y arrive en traversant le village en crête de Mauvezin, de ce château d’origine médiévale on profite d’une vue imprenable sur les Pyrénées. Il est bâti dans le prolongement du village au bout du promontoire, il domine vraiment de façon écrasante les alentours.

Ce château n’a pas toujours été en son état actuel, il revient de loin, ce fut une ruine, voici son histoire telle que relatée par le Wikipédia

Histoire

Le site, occupé dès la protohistoire, s’est transformé en castrum au Haut Moyen Âge. Un château fort a été bâti au xie siècle par les Comtes de Bigorre. Il a été reconstruit par Gaston Fébus vers 1380. Il reste dans la famille des Béarn-Foix qui deviennent plus tard rois de Navarre, et ainsi passe à Henri IV.

Il tombe en désuétude après le rattachement de la Bigorre au royaume de France en 1607 ; c’est la fin des châteaux forts à vocation défensive. Il fut démantelé petit à petit, ses pierres servant alors pour d’autres constructions.

Aujourd’hui, le château est en cours de restauration et abrite un musée historique et folklorique du Béarn et de la Bigorre. Le château et le donjon de Gaston Fébus ont été inscrits monument historique par arrêté du 22 décembre 19411.

Description

Le château de Mauvezin avec son enceinte et son donjon quadrangulaire est un exemple caractéristique de l’architecture militaire méridionale.

Le donjon de trente-sept mètres de hauteur possède des murs de trois mètres cinquante d’épaisseur à la base et de deux mètres au sommet. Ils sont construits, en grande partie, avec des cailloux roulés de l’Arros, mêlés par endroits à des assises de briques3. La chaux utilisée provenait des carrières voisines, situées au nord-ouest du château. Les murailles de la forteresse forment un quadrilatère rectangle de trente-cinq mètres de côté sur quinze mètres de haut, consolidées par sept épais contreforts et couronnées par un chemin de ronde de deux mètres de largeur4. Les remparts sont surmontés de mâchicoulis.

Restauration et visites

Le château est entièrement restauré. Deux salles vidéos présentent l’histoire du château et des restaurations. Dans le donjon, six salles aménagées reprennent des scènes de la vie quotidienne au Moyen Âge. Le château est ouvert à la visite libre tous les jours et toute l’année. Des visites guidées sont proposées tous les jours en juillet et août, et toute l’année sur réservation pour les groupes. Des journées à thèmes et visites scolaires sont également possibles. Des spectacles sont organisés tous les dimanches en Juillet et Août.

Revenons à notre groupe. Nous sommes arrivés au pied de cette superbe forteresse, un regard vers les Pyrénées nous révèle déjà que ce jour on ne les verra guère, elles sont coiffées de nuages qui les drapent, parfois joliment, mais en photo ça ne rendra pas.

Nous rentrons dans le château, certaines personnes ont des soucis de santé, aie les escaliers !!!

Le ticket acheté, nous suivons notre hôtesse pour la visite guidée. Nous commencerons par le bas de la forteresse, la cour est un musée de reproductions à échelle réduite de machines de guerre médiévales.

Un Trébuchet qui servait à lancer des pierres sur les ennemis, arme redoutable mais peu facile à déplacer car sans roues. C’est une énorme fronde. Le levier est par un treuil. La fronde contient un boulet de pierre (jusqu’à 100 kg). En libérant le levier, le contrepoids s’abaisse brusquement et lance le levier qui projette le boulet. Les tirs sont lents (1 à 2 coups par heure) mais redoutables. Portée jusqu’à 200 m

trébuchet
Un trébuchet

Un scorpion(aussi connu sous le nom de baliste quand il lançait des boulets) était une catapulte à flèches, inventée probablement par les grecs puis adoptée et utilisée à grande échelle par les légions romaines. A la différence d’un arc qui fonctionne grâce à la torsion de ses bras, le scorpion utilisait un système de ressort à torsion permettant d’obtenir une très grande puissance pour les bras et donc une grande vitesse d’éjection pour les flèches. On pouvait régler cette torsion en quatre point de l’arme grâce à une clé spéciale pour augmenter la portée, la puissance ou la précision.

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maquette du scorpion

Un bélier, une arme classique du Moyen Âge. Grâce au bélier, les lourdes portes des forteresses sont défoncées. Il sert également à ébranler des murs d’enceinte soit peu épais, soit mal entretenus, et à y provoquer des brèches plus rapidement que par la sape qui consistait à creuser pour construire une galerie sous le mur d’enceinte.

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Reconstitution du bélier, il est en bois, au moyen âge on le couvrait de peaux que l’on mouillait pour éviter qu’il ne prenne feu lors des combats.

La bricole est une pièce d’artillerie médiévale. Constituée d’un balancier appelé verge au bout duquel est attaché une poche contenant des projectiles, elle était actionnée en tirant sur l’autre extrémité du balancier, la traction étant facilité par l’ajout d’un contre-poids. Ce redoutable engin pouvait ainsi projeter un boulet de 10 à 30 kg par minute. C’est cet engin qui est à l’origine de l’expression s’attirer des bricoles. Les bricoles étaient parfois maniées par des femmes, les assiégés y mettaient parfois des morceaux de corps de leurs ennemis pour démoraliser l’adversaire.

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Une bricole, elle était souvent actionnée par des femmes ou des enfants car elle demandait moins de force que le trébuchet.

Les condamnés à mort étaient enfermés dans une cage comme ici on les y laissait sans nourriture et sans eau, la cage était pendue à l’entrée du château pour suggérer à des criminels potentiels de passer leur chemin ; d’autres supplices existaient, l’écartèlement, la décapitation la pendaison… Brrr ça donne froid dans le dos.

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Le condamné était enfermé dans la cage, sans eau ni nourriture, bien en vue de préférence pour servir de modèle.

Les condamnés à des broutilles étaient attachés au pilori, tête et mains prisonniers il étaient laissés aux maltraitance de la populace, on peut imaginer que le temps devait leur paraitre long, ils étaient laissés sans manger, on leur donnait à boire dans des seaux, pour les rabaisser encore plus.

Après cette visite de la cour, nous entrons dans le donjon. Il nous sera impossible de le gravir jusqu’à son sommet. Le toit est en cours de restauration. La charpente est à sa finition, elle a été montée déjà assemblée grâce à une grue. Cette charpente est chevillée à l’ancienne, massive. Un superbe travail de menuiserie.

Dans la salle basse du donjon une scène de corps de garde est reconstituée. On voit les paillasses des gardes, ils dormaient par tour.

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Reconstitution de la salle des gardes, les paillasses sont isolée du sol pour éviter à l’humidité de monter dans la paille qui servait de matelas.

Nous sortons de cette pièces pour monter sur les remparts,  seule la partie qui fait face aux montagnes est ouverte au public. Nous longeons les rempart et admirons les paysages des montagnes ornées de coton ce jour, c’est super graphique à l’œil nu mais en photo, ça ne rendra rien.

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Montagnes au loin dans la brume par une meutrière

Nous pénétrons à nouveau dans le donjon par son entrée sur le chemin de garde, sa caractéristique est d’être ouverte en biais pour être inattaquable par les béliers. Les murailles sont d’une impressionnante épaisseur.

Au premier étage, une superbe reconstitution de l’époque féodale.

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La chatelaine trône au centre entre l’enfant, un garçon qui apprend à lire et la servante qui est une personne de haute naissance. La table est mise sur la photo, après les repas elle est remisée contre un mur, la nuit la pièce sert de chambre et les paillasses sont posées à même le sol, tout le monde dort ensemble pour avoir chaud, en effet les énormes murailles n’empêchent pas le froid de rentrer.

Cette pièce est la pièce chauffée du château, une énorme cheminée y trône.

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Le Seigneur, maître des lieux.

Le seigneur, celui qui a tous les pouvoirs. A coté de lui un enfant un garçon, ceux ci étaient éduqués apprenaient à lire sous la houlette des moines qui étaient des professeurs très exigeants, les fessées ou autres châtiments étaient la règle. Les filles elles étaient juste préparées à devenir des épouses de seigneur, ou des servantes, voire des religieuses. A cause des dots, les pères tentaient de les placer à moindre coût.

La Femme du seigneur, elle devait faire des enfants, si le seigneur était absent elle avait ses pouvoirs en son absence.

La Servante du seigneur, une personne de haute naissance, parfois la nourrice des enfants de chatelaine. Elle était souvent engrossée par un chevalier sinon le seigneur se dévouait … 🙂

Les chateaux n’étaient pas meublés, les affaires étaient rangées dans des coffres afin de pouvoir partir rapidement en cas de danger. tout ce beau monde dormait, mangeait, se lavait dans la même pièce. Une petite pièce était aménagée en douche, la pente de la pierre permettait à l’eau de s’évacuer vers l’extérieur des murailles, les latrines étaient des trous au dessus de la muraille.

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Un soldat au petit coin …

Le jour on « mettait la table », avec une cuillère pour deux, des tranchoirs pour mettre les mets, une cruche, des gobelets, le verre était rare car cher. La nuit la table était remisée contre un mur, on posait sur le sol des matelas de paille recouverte de jute. Ils dormaient tous ensemble pour se tenir chaud, malgré l’épaisseur des murs les châteaux étaient bien froids la nuit. Les nobles ne faisaient que passer dans ces châteaux forts ils avaient d’autres demeures plus confortables.

A l’étage supérieur nous admirons une superbe exposition d’armes et d’oriflammes ainsi que de blasons. Des reconstitutions d’armure des chevaliers sont impressionnantes. Si lourde que le chevalier ne pouvait monter seul sur son cheval quand il en était habillé.

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Reconstitution d’un chevalier en armure.
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Collection d’armes médiévales diverses.
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Une belle présentation d’épée, la grande épée est une épée d’apparat, trop lourde elle ne peut pas servir pour combattre.
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Deux blasons dont celui du haut porte les armes de Gaston Phoebus.
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La collection d’oriflammes.

Et voilà, notre visite se termine, ce château est un superbe travail de restauration, un précieux vestige témoin de l’architecture médiévale.

Nous ressortons, en passant j’admire le blason qui orne l’entrée, la devise du Seigneur est en français car il avait séjourné à la cour du Roi : j’ai belle dame.

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Le blason et la devise.

Pour en savoir plus voici le lien vers le site officiel du château, si vous passez dans la région allez y, visitez le, vous ne regretterez pas, j’ai passé un moment fort instructif et agréable.

Site officiel du château de Mauvezin

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