Journée soleil près des Pyrénées ….. des soins de la cure à la découverte de la cuisine aux plantes sauvages…

Bonsoir,

Cette journée à Capvern les Bains n’a pas laissé une chance à l’ennui de montrer le bout de son nez.

Le matin, chaque jour depuis lundi ce sont les soins, tout doucement je commence à me faire aux lieux à repérer les sourires des soignants qui attendent leurs clients. Ils sont super, passent d’un patient à l’autre avec un large sourire immuable. Pourtant leur journée est bien longue et ils doivent un peu en voir de toutes les couleurs.

Cet après midi, changement total de décor, j’avais prévu d’aller à un atelier alléchant « découverte des plantes culinaires ».

Après une arrivée un peu tardive, j’ai réussi à me fondre dans le groupe de curieux et curieuses. Dehors, l’animatrice montrait des plantes dans leur milieu naturel, le plantain notamment ses propriétés calmantes sur une piqûre d’insecte. Ce plantain que l’on considère souvent actuellement comme une mauvaise herbe n’a pas toujours été dénigré,

Considéré jusqu’au début du XXème siècle, comme une plante médicinale majeure, le plantain est aujourd’hui passée de mode. Pourtant, cette fleur très commune mériterait qu’on s’intéresse de nouveau à elle ! Car elle est aussi efficace pour calmer la toux ou stopper une grippe que pour lutter contre la constipation.

le plantain, une plante médicinale majeure pour la toux et la grippeCette modeste plante que l’on trouve dans les pelouses ou les prairies, guérit de nombreuses affections. Le plantain se caractérise par une hampe florale (de 10 à 50 cm) sortant d’un bouquet de feuilles épaisses, avec de grosses nervures qui partent de la base. Le grand plantain (Plantago major) a des feuilles larges et des fleurs allongées. Le plantain lancéolé (ou petit plantain ou herbe à cinq coutures) a des feuilles allongées (en forme de lance) et des petites fleurs au bout des tiges. Quant au plantain moyen (ou langue d’agneau), il possède des feuilles plutôt rondes et des fleurs crème à étamines violettes alors que leurs cousines sont verdâtres ou brunâtres et inodores.

Des études scientifiques convaincantes

Les constituants du plantain (pectine, aucubine, ampigénine, flavonoïdes, tanins, soufre, calcium, fer, phosphore, mucilage…) en font une plante aux très nombreuses indications, utilisable aussi bien en interne qu’en externe. Pour les amateurs de chimie pharmacologique, précisons que l’aucubine accélère l’élimination par les reins et possède des propriétés antimicrobiennes ; l’ampigénine est un anti-inflammatoire et les mucilages freinent l’appétit et activent le transit intestinal… Le plantain est aussi concentré en vitamines du groupe B (B1, B2 et PP) et en vitamine A. Plusieurs études scientifiques ont confirmé les bienfaits du plantain. Ainsi en 1980, des médecins allemands avaient administré pendant 10 jours une préparation à base de plantain à 593 personnes souffrant d’infections respiratoires aiguës : leurs symptômes — et notamment la toux — avaient significativement diminué.

Pas de contre-indication

Il n’existe pas d’effets secondaires liés au plantain qu’il soit pris seul ou avec un médicament. Toutefois, par prudence, on le déconseille aux femmes enceintes car il pourrait avoir un effet stimulant sur l’utérus. Seul effet indésirable, à haute dose, le plantain peut être un laxatif mal contrôlé.

De bronchite à ulcère en passant par surpoids !

La première indication du plantain concerne les inflammations des voies respiratoires, des muqueuses de la bouche et du pharynx. Mais, en interne, le plantain est aussi utile pour lutter contre l’eczéma, les infections des voies urinaires, les hémorroïdes et la constipation. En externe, on l’utilise pour stopper les saignements, cicatriser les blessures, soulager les piqûres et les rhumatismes. C’est un excellent collyre pour défatiguer les yeux et lutter contre l’inflammation des paupières et la conjonctivite.

… Et comme si tant d’indications ne suffisaient pas, le plantain est aussi prescrit pour lutter contre le saignement des voies urinaires, l’ulcère gastro-duodénal et la consolidation des fractures !
Enfin, il serait sans doute intéressant de voir comment le plantain agit dans le cadre d’un régime amincissant puisque, d’une part, il régule l’appétit et le transit intestinal et que, d’autre part, diurétique et circulatoire, il facilite toutes les fonctions éliminatrices de l’organisme.

Puis elle nous montre une pulmonaire à ne pas confondre avec un arum sauvage qui lui est toxique, le lierre que l’on peut utiliser en décoction pour redonner du peps à des vêtements noirs qui ont déteint.

Retour à la salle pour aborder les choses sérieuses, sur la table des sacs contiennent des plantes qu’elle a cueillies loin de toute pollution… Ici la nature est si belle autour. Je me dis qu’elle n’a pas du à aller bien loin pour trouver des plantes belles et bio.

Sur la table je découvre un joyeux méli mélo de plantes, un festival pour les yeux. Là se mélangent des fleurs de capucine, du pulmonaire, une feuille de figuier, du chénopode blanc, de la verveine, du basilic. Dans des sacs je vois des orties, eh eh ça pique ça.. de l’épiaire des bois, du chénopode blanc, des pétales de rose des fleurs de bourrache, wow, je goute et je respire les parfums, avec beaucoup d’étonnement.. évidemment pas l’ortie 🙂

sac épiairesac herbesmeli melocapucine

Notre animatrice nous a remis une feuilles avec quelques recettes… c’est le moment de choisir ce que nous allons préparer.

Le choix est arrêté sur 3 préparations et une boisson.

Notre menu sera donc : Crêpes aux orties, petits toasts de mousse d’épiaire sur chénopode, et le dessert des bonbons de verveine, rose, capucine… notre boisson sera un sirop de basilic…. le tout fait de nos petites mains évidemment.

Les rôles sont répartis, je me retrouve dans le groupe des crêpières, logique pour une bretonne.

Nous faisons cuire les orties coupées en lamelles dans de l’eau salées, environ 6 poignées. Puis nous passons à la préparation de la pâte à crêpes, 250 grammes de farine dans laquelle on met deux oeufs, 20 cl de lait et originalité, 20 cl du jus de cuisson des orties. Le tout sera mixé pour être homogénéisé.

Nous avons une pâte à crêpes verte…wow !!!!

pate crepes

Les crêpes passent une à une à la poêle, là je laisse faire une spécialiste.

Voici des photos des préparations en cours d’exécution :

toastspréparations cuissonpreparations2

Pendant ce temps les autres participants font les bonbons de fleurs, les toasts, le sirop… tout est pétillant de couleurs, ça donne envie de déguster.

Alors hop, à 17 heures tout est prêt, nous avons bien bossé, notre animatrice est contente de nos résultats.

Nous nous asseyons autour des tables, l’ambiance est chaleureuse, vive ce moment de partage… le plateau des toasts fait le tour de la table, ça a un gout d’ail et de champignon, très original en plus pour un apéritif.

Les crêpes sont aussi super bonnes, je mets un peu de cannelle dedans, je me promets de refaire cette recette plus tard avec de la farine de sarrasin.

Le dessert est aussi délicieux, les bonbons sont croustillants à souhait et très parfumés.

Le sirop de basilic est à la hauteur du reste.

dégustationassiette

Oui il faut oser cuisiner avec les plantes sauvages. quelques précautions sont à prendre lors de la récolte :

  • attention à bien les identifier
  • ne pas les récolter dans des endroits pollués
  • ne pas mélanger lors d’une récolte les différentes plantes
  • Ne pas épuiser la ressource et varier les endroits de récolte
  • attention à ne pas récolter des plantes protégées.

Voici quelques livres qui sont bien faits… après vous pouvez aussi choisir selon votre envie dans une librairie, tant de saveurs s’offrent à nous dans la nature, un trésor est là à portée de notre main.

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Pierre Rabhi.. j’aime tant ce qu’il défend.. mon coup de cœur du jour. Je relaye un article de « happiness » de juillet que je trouve admirable.

Je crois en la nécessité d’en finir avec cet exaltation du masculin

La quête du féminin m’a toujours accompagné. Je ne parle pas seulement du désir charnel, mais du besoin de l’amitié, de l’affection des femmes.

Je crois à la nécessité d’en finir avec cette exaltation du masculin, entendu comme la volonté de puissance, l’agressivité, la domination. Je me sens profondément blessé par la subordination universelle de la femme. Combien d’hommes sont capables de s’assumer sans celles qu’ils jugent inférieures? Combien de filles n’ont pas accès à l’éducation? Combien d’épouses sont encore opprimées ou battues? Je suis déconcerté que tant de vies puissent naître de cette rencontre violente entre le masculin et le féminin. Les familles, les sociétés qui en résultent, ne peuvent que connaître un profond déséquilibre. Dans la nature, les deux sexes sont indispensables à la création. Le féminin l’est peut-être même davantage.

Lorsque j’étais éleveur, il y avait dans mon troupeau un bouc pour trente bêtes. Une fois qu’il avait fait son office, il pouvait disparaître sans que cela affecte nullement la vie des petits qui, en revanche, n’auraient pas survécu sans leur mère. J’ai toujours été un peu jaloux de cet état de fait. Comment, devant le miracle de la procréation, ne pas se sentir… un peu surnuméraire ? J’aurais tellement aimé vivre cette expérience fantastique de porter un enfant. C’est sans doute cette jalousie fondamentale qui engendre la violence chez tant d’hommes. Leur peur, fantasmée, de ne pas être indispensables. Même dans les pays les plus égalitaires, il nous faut corriger l’injustice et l’arbitraire, rééquilibrer le désir de conquête par l’instinct de protection de la vie. Je ne dis pas que l’un est masculin et l’autre féminin. Je crois à la présence de ces deux forces en chacun de nous. Je suis tout aussi révolté par ces discours qui mutilent les hommes en leur interdisant de pleurer, que par ceux qui prétendent réduire la féminité à la seule maternité. Il nous faut retrouver le sens de notre complémentarité. Entre nous, et en chacun de nous.
~ Pierre Rabhi

(article extrait du magazine Happinez de juillet)