LE SILENCE DES VICTIMES

Ce silence des victimes, oui il est dur à comprendre, quand j’ai enfin pu le rompre ce silence j’ai vu face à moi des yeux incrédules, ironiques, voire des personnes qui en m’écoutant préparaient un discours moralisateur : mais tous les hommes sont ainsi, mon mari non plus parfois n’est pas facile à vivre…
On devine instinctivement que ce que l’on a de caché est l’incroyable, la chose dont on ne peut parler sans être mise en doute. Et oui on oublie pour tenter de survivre.

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RA : -Pourquoi est-ce si difficile de comprendre une victime, alors que c’est tellement expliqué dans les médias ?

ALB : – Parce que ce serait accepter d’entendre l’horreur. Parce que pour un proche, pour un père, pour une soeur, pour un ami, pour un enfant, pour une cousine, pour les voisins, c’est comprendre qu’ils ont été, eux aussi, bernés. Manipulés. Arnaqués et trahis. Parce que c’est également déchirer un voile, ou plus exactement un rideau extrêmement épais et opaque, derrière lequel on ne peut deviner ce qu’il se passer, et qu’on ne cherche même pas à soulever. Comme au théâtre tant que le rideau est baissé, le spectateur est impatient de savoir ce qu’il se passe derrière ce rideau. Mais quand il s’agit de violences conjugales, le spectateur souvent innocent va découvrir des coups, des cris, des injures, du mépris, du silence, des os brisés, du sang, des viols…

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